‹ Trois drames en versChapitre 146 sur 176 · ACTE m, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VI

Oui, c'est toi que j'entends, et c'est toi que je vois! Les étoiles, ce sont tes regards; et ta voix Me parle dans la voix des mers et de la brise... C'est ton cœur que je sens sur mon cœur qui se brise !

Avec un cri douloureux.

Non! ce n'est pas cela! Ce n'est pas toi!

Se levant.

Divin Jésus, puissant Seigneur, mon Dieu, c'est donc en vain Qu'on t'implore? Réponds! C'est en vain qu'on te prie? Tu ne peux rien? Tu ne peux donc rien?

Se tournant vers la chapelle.

Ah! Marie!

Reine du ciel. Mère de Dieu! C'est ton secours Que j'ai toujours trouvé dans le péril. J'accours A toi, ma Sainte! à toi, ma Mère! à toi, ma Reine!

// s'approclx timidement de la clxipelle.

Toi, tu peux tout! Je sais la vertu souveraine

De la prière faite à tes pieds adorés.

Tu chasseras les mauvais rêves! Vous fuirez,

Fantômes! Visions, détestables images.

Vous fuirez loin de moi, comme font les nuages

Aussitôt que paraît le radieux soleil !

// tombe à genoux.

Mère, je vais dormir à tes pieds... Mon sommeil

Sera calme, bercé dans les bras de ma Mère!

Dans tes bras ! oh ! prends-moi dans tes bras et me serre

Contre ton cœur! C'est toi que je vois dans le ciel;

C'est ta voix que j'entends, et ces parfums de miel

Et de rose, c'est toi qui les mets sur mes lèvres !

17$ te Cl LICE

Rs^itend aux puis de la Vierge.

Abl Divine! c'est toi qui calaieras mes fièvres... Oui, je vois que tu me souris! Tes yeux sont beaux. .^. Oh) laisse-moi» veux-tu? c'est un si bon.repos, A tes pieds I... Oui, c'est toi que f adore, que fàime Erqlièjèveuxi... ^ -

Jl-^esâ r^nàsi vm la Vkrge comme pour la saisir. SeâàommaMi.

Non! non! Qu'aie dil? Je biaqphème...

Pardon! ce n'^t pas toi! Non! C'est l'aun^^ toujours! C'est l'autre que je voîs^ la Vieiige des Amours, C'est la Vîei^ du Mal, c'est la Vierge de Joie!..* C'est eUe!cdle-tt, que le Démon m'envoie Pour ma perdition; qui, le jour et la nUit, Me hafite d'un mauvais désir qui me poursuit!... Le peintrç te fit, tor, m>p ressemblante à celle <^e faime! Tu n'es plus la Pure; tu es Elle, L'Impure! Tu n'es pas mon Salut; toi, tu es Ma Chute; toi, tu es mon Péché que je hais!

Si je ne t'avais plus là devant moi, peut-être Je Toublierais; enfin, je redeviendrais maître De ce qu'elle me prend, de mes bras, de mes yeux, De mes lèvres et de mon cœur, je pourrais mieux Défendre ma raison contre toi, Vierge infâme î

Avec un geste de menace.

Ah ! je veux te tuer dans mon corps et mon âme,

Dans tout moi... te tuer, toute, en toi-même aussi.

Afin qu'à tout jamais tu restes morte ici!

Tu ne me suivras plus alors, toi qu'on m'apporte

Avec elle, et j'aurai, quand tu seras bien morte.

Tué l'obsession de la nuit et du jour!

En tuant sa Beauté, je tuerai mon amour!

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