‹ Trois drames en versChapitre 22 sur 176 · ACTE II, SCÈNE IV 4I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV 4I

J*ai quelque droit de lui faire entendre raison; Je remplace sa mère, après tout!

LE CURÉ

Le poison A fait de grands progrès; voudra-t-on du- remède?

LA CHANOINESSE

La voici qui revient... Allons, il faut qu'on m'aide. Aidez-moi. Vous étiez opposé, vous aussi, A cette union-là.

LE CURÉ

Madec a réussi A me persuader qu'elle était nécessaire.

On est vite gagné par un amour sincère.

Enfin, je veux donner à Jeanne un protecteur Qui saura se dresser de toute sa hauteur Entre elle et le péril menaçant de ses rêves : Un mari!... Le devoir!...

scè:p^e IV

Les Mêmes, JEANNE

JEANNE

La coulée et les grèves Des deux côtés, j'ai tout exploré, mais en vain. En vain, non; car là-bas le coup d'oeil est divin. La mer remonte; il est six heures et demie.

42 KERUZEL

LA CHANOINESSE

Mes serins attendront... En attendant, m'amie. Viens-t'en ça. Nous avons à causer tous les trois.

JEANNE

A causer?

LA CHANOINESSE

Entre nous. Nous sommes seuls; je crois L'occasion très bonne à saisir.

JEANNE

Quel mystère!

Vous allez m'effrayer.

LA CHANOINESSE

Bah ! veux-tu bien te taire!

T'effrayer? Que nenni! mon mystère n'ayant Pour une belle fille, oh ! mais rien d'effrayant. Je veux te marier.

JEANNE

Moi, madame?

LA CHANOINESSE

Toi-même.

JEANNE, avec une joie qui se méprend.

Mais qui donc peut songer?

Quelqu'un.

JEANNE

Et qui donc m'aime?

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