‹ Trois drames en versChapitre 37 sur 176 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

JACQUES, rêveur.

Prêtre ! . . .

LE CURÉ

Oui, prêtre du bon Dieu!

JACQUES, vivement.

J'aurais mieux fait, peut-être...

// entre précipitamment dans la sacristie. Le curé va le suivre, quand il aperçoit le marquis, debout sur les roclters, au fond, et regardant la mer.

SCÈO^E III

LE MARqUIS, LE CURÉ.

LE CURÉ

Tiens! lui! déjà levé... Que fait-il donc ainsi A regarder la mer ?

Pris d*une peur subite.

Ah! Louis!

LE MARQUIS, 5^ détournant .

Vous ici!

LE CURÉ

Oui, si matin, que fais-tu là?

LE MARQUIS

Je me promène...

Je ne me savais pas si près de ce domaine,

yO KERUZEL

Pourtant.

Entrant dans le cimetière.

Je n'aime pas faire visite aux morts.

Ce sont gens peu polis, qui parlent de remords; Mais là,

// montre Véglise,

le Dieu vivant parlerait d'espérance.

LE MARQUIS, s' animant.

Espérance et remords ! Que Votre Révérence

M'excuse, mais ce sont de jolis ballons creux!

Les malins et les sots se les jettent entre eux

Et s'amusent à leurs belles couleurs de rêve.

Mais voilà qu'un beau soir, un coup d'ongle les crève!

Espérance de quoi?... Je n'espère plus rien...

J'ai vu le fond de tout!... Désormais, je sais bien

Que je serai toujours dupe de ces chimères

Dont le rcve me fait des bonheurs éphémères.

Qui m'échappent sitôt que je les veux saisir.

La science, la foi, l'amour, l'art, le plaisir,

Vaines illusions par mon souffle animées!

Mirages, tout cela, fantômes et fumées!...

L'art aux mains des marchands, réduit au vil emploi

D'amuser une foule et de subir sa loi!

La science, sapant toutes les certitudes,

Arrachant notre cœur aux douces habitudes

Et jetant notre esprit dans l'abîme béant

Du doute, tout d'abord, et bientôt du néant!

Le plaisir! Qu'il vous prenne, et vous êtes la proie

De tout ce qui torture et de tout ce qui broie.

Et vous sentez bientôt, dans son spasme enjôleur,

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