‹ Trois drames en versChapitre 45 sur 176 · ACTE III, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VII

LE MARQUIS, Courant à elle.

Un baiser! un baiser!

JEANNE, r écartant doucement.

Sous les feuilles d'automne, Au triste bercement de la mer monotone.

J'ai reçu mon premier et mon dernier baiser.

LE MARQUIS, éclatant.

Ah! fausse, c'est un jeu pour te faire épouser!

JEANNE. '

Oh! non! non! je n'ai pas mérité cette honte... Moi! moi!...

LE MARQUIS

Tu pensais donc avoir bien fait ton compte?

Tu te croyais aimée... Eh bien! non, je te hais!

JEANNE

Ne soyez pas méchant, Louis, quand je m'en vais.

LE MARQUIS

Oui, toi que j'entourais de respect et de crainte. Que j'estimais trop pure et trop fière et trop sainte Pour oser te souiller à peine d'un désir, Je te hais pour m'avoir permis de te saisir!

JEANNE

Oh ! Louis !

LE MARQUIS

Je te hais, tombée aux mêmes fanges. Toi que j'allais aimer comme une sœur des anges!

84 KERUZEL

JEANNE

Louis !

LE MARQUIS

Et maintenant, perds cette vanité De marier mon réve à ta réalité.

Jeanne a pris une de ses mains, il la repousse; elle tombe. Le marquis bondit vers la clxjpelle.

Et vous, les Keruzci, les aïeux, la famille.

Dites! la voulez-vous? la voulez-vous pour fille ?

// entre dans la clxtpellc.

SCÈD^E VIII

JEANNE, puis JACqUES.

Jeanne est évanouie. Peu â peu la vie revient m elle; elle se redresse, se relève comme inconsciente; enjin elle est debout, le corps immobile, h regard fixe; soudain elle se caclye la tête dans ses mains.

JEANNE

Calomniée ainsi! Mon Dieu! quel châtiment!

Apercevant Jacques sur le seuil de la sacristie. Jacques!

JACQUES, allant à elle.

Jeanne, est-ce vrai?... Vous partez donc vraiment?

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