ACTE III, SCÈNE VMI
Ah ! cruelle pour moi, qui tremble à chaque instant De sentir, à cette heure où Tètre se révèle, Ma faute vivre en moi d'une honte nouvelle...
JACQUES
Oui, Jeanne, il faut partir, et vous avez raison.
JEANNE
Je me reprocherais de troubler la maison
Dont l'hospitalité me prit toute petite...
Qu'ils ignorent comment l'orpheline s'acquitte.
Que lui, surtout, cela le peinerait trop fort.
Ne sache pas combien il m'accusait à tort.
Je m'en vais pour les morts aussi. Leur renommée
Était bonne et ne doit pas être diffamée.
Jacques, vous soignerez la tombe, n'est-ce pas?
La honte me sera moins pénible là-bas.
Pensez donc ! envoyer l'enfant à cette église !
Le bon Dieu ne veut pas, Jacques, qu'on scandalise
Le village où l'on a vécu pieusement.
Je fais bien de partir; c'est votre sentiment,
Mon ami? Pour vous-même aussi quelle amertume
Si j'étais près de vous! De loin, on s'accoutume
Plus aisément; le mal n'est pas là, sous les yeux.
Ici vous rougiriez trop de moi... Non! c'est mieux
Que je m'en aille, loin, bien loin ! Que vous en semble,
Mon ami... mon frère?
JACQUES, suffoquant.
Oui.
Reprenant possession de lui.
Nous partirons ensemble!
11 le faut maintenant. Songez bien à ceci,
ÇO KERUZEL
Que, seule, vous seriez trop malheureuse aussi. Et puis, Jeanne, il s'agit de faire une famille A Tenfant qui viendra.
Lui ouvrant svs bras.
Je t*épouse, ma fille.
JEANNE, tombant dans ses bras en pleurant.
Ah ! Jacques !
JACQUES
Tu n'as pas le droit de dire non.
Mère de ce bâtard à qui j'offre mon nom !
SCÈt^E IX
Les Mêmes, LE MARQUIS.
LE MARQUIS, accourant il un hmi.
Un bâtard! c'est mon nom à moi que je lui donne.
JACQU FS, /)/v;m;// Je marquis à la gorge.
Ah î lâche!...
JEANNE, s' interposant.
Jacques! Non!
JACQUES
Ah! vous êtes trop bonne!
Laissez-moi l'ccrascr sous mes pieds, ce serpent!