DON A CUARLBS, Q0I1T£ DB VALOIS^ DB LA TBRBB DB
GAIUBrONTAlNB*
Juiu tdl5.
À lous ceus, etc...
Sachent toit que nous l*an de grâce mil trois cens vinc et sis, le marcredi après la sainct Martin dyver, vetsmes unes lettres scellées du seel noslre seigneur le roy Loya, jadis rois de France et de Navarre, contenant la forme qui s'ensuit.
Loys... faisons savoir... que comme nostre cbier sires et pères de bonne mémoire ou temps quil vivoit, pour certaiune rente aa-
ENGUERRAND DE MARIGNY
nuelle et perpétuelle en quoy il estoii tenu à nostre très chier oncle et féal Charles conte de Valois, li eust oclroié et fait assigner et asseoir par li et par ses hoirs la terre de Gaillefontaine, Saint-Saein et Rosoy avecques louz leurs droiz et leurs appartenances, pour le pris de deuamile livres de terre par an. Etiœlt Charles, nostre onde, deœuz par les cautelles de Engerran de Marrigny, chevalier, si comme il dît, les choses dessusdites cou* tenues avecques leurs apparteDanecs, ait baillié par escbangeau dit Ëugerniii pour la terre que le dit Fngerran avoit et tenoit A Cbampront, ou Perche, avec touz ses droiz et ses appartenances, et li ait encore avec tout ce baillié et paié, et pour cause du dit eschan^ vini et deus miles livres de tournois, et pour la raison de ce dit escbange le dit Engerran ou temps que il fu mis en prison pour les forfaits pour les quiez il fu jugiez à mort fust en saisine de la dite terre de GaiUafontaine et des choses et appartenances dessusdites.
Et 11 dix Charles nostre oncles de la terre de Champront, et en œt escbange li dis Charles nostre ondes ait esté, si comme il dit, grossement deoeux et laidement par les deoevances et par les cautelles du dit Engerran.
Nous qui pour la considéradon de nostre dit oncles, et des biens et des honneurs qui en li sont et des profitables services que nous avons trouviet trovons de jour en Jour en li, li voulons grâce et faveur faire et à Mabaut de SaintpPol, sa compaigne, nostre diiere tante, tout soit il ainsi que sélonc Tus et la coustume de nostre royaume quant aucuns est jugiez et par jugement mis à mort et par son meffait, si comme fu li diz Engerran si bien et ses possessions toutes que il tenoil au jour de sa mort viennent à nous en forfaiture et pour cause de foriailure nous appartiennent si entièrement et du tout que nuls par quelconques cause que ce soit ne ponrroil ou devroit riens réclamer ou demander; toutes voie, toute la dite terre de Gaillefonlaine, avecques toutes ses apparienances, liez, arrereliez appartenant à la chastellerie de Gaillefonlaine et toute la haute justice de la dite chastellerie l'estanc, et le moulin de Menclounet et la maison au pescheur du dit es-
tnoM «nviroD doim arpanz de bois et aoiianto arpanz de tirre qui furent !• idgneur de Hauseri al la nyuioir tfûi fii Raoul- Mortin et toutei ses appartenanoei.
Laa quiex estani, maiaoo, moulin, bois, terre et manoir, ta dit Eagwrin de Manigny arolt aoquia aa la dita ebastellerie et toute la terre rente et aaigneurie que le dit Bngerran avoit à Saint-Saein, i Roaoy, à Qneinoy et à la Qoeaoe et aux apperteiHOM» dee dites villae qui 11 forent bailliée et adjoaatées A GalUalpntaine pour parfaire le pria pour lequel la terre de Gaillefontaine U aatolt beilHé et tous les aquaa que le dit Bbgerran fiât ces dites villes de Saint-Saein, de Roaoy, de Qoesnoy et de la Quesne.
Item. Les avenages de Bray cest SBsavoir oeus qui soloient astre randu i Gaillefontaine et oenx qui loloittit ostre rendu aux graviers de Ooumoy.
Las qoiaravaneiges li dis Bngarran^ tenoit quant il ta mi&èn nostre prison en la forme et en la manière quUÎ lea lenoit joisaoit et asploitoit au jour qui fo mis en nostre prison pour see meffaix •vsoques toux droix et honneurs quiex que il soient.
Ottroions et donnons de graoe espeoial au dit Charles nostre chier oncle et à la dite Mahaut, sa compaigne nostre chiere tante à tenir perpétuelment et héritablement pour eus el pour leurs liuii s néz ot à naistro...
El poui que ces choses soient fermes et estables nous avons fait mettre nostre soel en ces lettres données et faites à PariS| au moys de juing l'an de graco mil trois conz et quinze.
Et nous en cest transcript avons mis le seel de la prévoaté de Paris, l'an et le mercredi dessus diz.
(AraUm de nteviM, J. «5, |i* IS.t
SBUUim Dl MMUQIIY. 367
DOIC A LA AiilNB GLÉMEM F DE DiE!ys AYANT APPAATEKtl A miJKRRANU DB MAftlQlif .
Novembre
ioys» etc., nous faisons savoir à tous préssns •! à venir que Mot oonsidérans la joimise et agréable compa^ÛA que Clémence, par fa gràoa éè Dion, rallie de Fram el de Navarre, noatre krèa cbère compaigne, noai porta hombleiBent et amiablementt par^ quoy ^ deasert bien que noos H en doiens faire gaerredon MuHolaaiiMiil. A la dite raine, et à ses hoira, et à ceua qui de H aroBt oanae donnoit pwpétuetteinaiitï, à tona Joura, aana aap4n»ee de rappel, les ehoaea qui a'enaut? enl i
C'est aaaaw^p lea villes, lea maiaoïia et manoirs de Ueinneville^ de Hebeeourt, de Salnt-Deels» de Femon et de Wardea et toutes antres Tilles, maiaens, terrea, rentea et posaeaatow ajeintes on appartenaaa au fié ou membre de haubert de Maieiiêville » ei« eeplée la mtisoii de tono champ que noua avons donnée i nostre amé variât, Henriel de lieudoa, nostre veeneur, à sa vie, aveoquea aolsaante livres de rente, eu de terre» à héritage : de reohief lea maisons et manoirs de Marregny et de Dnmpierre, et toutes antres villes, maisons, terres, rentes et possessions ajoinlea ou appartenans au fié ou monbre de haubert de Marreigny.
De rechief les villes, maisons et manoirs des Escoies et de Warclive, et tontes autres villes, maisons, terres , rentes et possessions ajointes ou appartenans au fié ou membre de haubert da Flesseys, excepté ce que nous en avons baillié par nos lettres à nostre amé et féal le conte do Savoie, avecques tous les drois de toutes les choses dessu» uiles en quoi qu'ils soient, en terres gaaingnables, forets, bois, eaues, eslans, viviers, prez, garennes, avecques le droit et le pooir de donner congié, de vendre bois qui doivent tiers et dangier, sauf son droit et autrement, fief, arrière-fief, hommages, paages, travers, coustumos, foages, pasnageè, herbages, gardes, reliez, coUacion des prouvendes de Escoyesi patronnages et presentacions de églises parroehiais et de
PÎÉCES JUSTIFICATIVES.
chapeleries et connaissance toute des causes des diz patronnâmes, hautes et basses justices, cens, routes, ezplois et émoiumens» et ' toute» autres choses qui furent de Eng^rran , jadis seigneur de Marragay, chevallier, les queles nous sont venues en commise par la forfolture du ditEngerrand.
Eneores donnons nous à nosire dite compaigne la royne, à ses hoirs^ et i cens qui de li amt cause, toutes les avainnes de la foteet de Lyons et de Biay que le dit Bngerrran aoquist de la dame de Cbambly, les queles nous sont aussi venues par la forfiiiture du dit Eugerran, transportant, par le bail de ces lettres, en la dite royne, en ses hoirs, et en oeus qui de li aront cause toute seigpieurie et toute action de propHété de saisine que nous avions ou poions avoir en choses dessus dites, sans riens retenir en iceUes, fors tant seulement la souveraineté et le ressort.
Et volons encore et octroions expressément que la dite nosire chère compaigne, ses hoirs, et cens qui de li aront cause, les choses dessus dites aient et tiengoent paisiblement sans ce que aucun améunisement soit fait, pour ce, à nostre dicte compaigne de son doaire, que nous li avons assigné ailleurs en cet lams lieus et en certaines choses^ et que, des choses dessus dites, elle puisse, dès maintenant, ordcneret faire sa volenté, et donner ou aumônier tout ou partie {lour le salut de l'ame à éi^lises ou à lieus piloiables, ou à personnes li ( l^Iiso, ainsi comme illi plaira, acordant adcortes et aiircauL ([uc ios églises, les personnes d'églises, ou les lieus pitoiabios en qui seroîent transportées les dites choses, en tout ou en partie, les puissent tenir perpétuelment et franchement , sans ce que Ton les puisse contraindre de vendre les ou de mettre hors de leur main, ne de faire ou psier finance pjour ce.
Et se, par aventure, il estoit aucun droit ou aucune coustume de lieu ou de pais qui feussent contraires à nostre don d-dessus expresse en aucune chose, nous, de certaine science, de nostre auctorité roisl, et de nostre plein pooir, les estons, cassons, anuUons et volons estre de nulle force et de nulle value'*enGon< tre cas présentes lettres.
ENGIERRANU DE MARIGNY. 369
Et pour ce que ce soit ferme chose et durable à toux jours, nous avons Tait garnir ces lettres de l'impressioa de nostre aeel.
Ce fut fait et donné à Vaumain, Tan de grâce mil trois eem et quinze ou mois de novembre.
Sur le reply, per dominum regem.
Z. Maiu«au)US.
Est scellé.
(ArohÎTei de ^Empire, J, 423, 94.)
TBSTAMBNT DB LOUIS HOTIN EN PAVBUft DB LOUIS DB VABIGNY,
SOM flLLBUL*
Jain 131S,
In oominepatris et filii spiritus sancti, amen«
L'an de grâce mil trois oenz et seze cinq mois de juing ;
Nous, Loyspar la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, en sain et en ferme propos de nous ordmr â nostre sauvement pour le remède de nostre ame, à grant délibéradon, faison cest présent nostre testament.
Et quant à toutes les choses qui nous touchent de tant comme nous nous povons remembrer, ordenons en la manière qui s'ensieut.
Preniierenienl quant ù acomplir lu testament nostre très ehior père nous volon et ordenou que selonc rordenance que nous avou faite aveuques les exécuteurs dudit nostre chier père, le testament soit aconipli quant â toutes choses contenues ou teslamont et ne voulonquenul y mette aucun empêchement...
Nous, considérans le bon servisc que lisl à nostre très cliière mère, Jehanne, môre Loys de Marreigni, et la grant amour que nostre dite chierc uieie a voit à êle, et comme éle la maria à Kngerran de Marreij^ny, dos quiex en loial mariage fu né l>oys de Marreigny nostre (illeul, considérans ensement la grant infortune qui est avenue au dit Loys et as autres enfanZi en cas de pitié,
leur donnons diz mil livrés des quiex noas voulon et ordenon que le dit Loys qui fus nostre chambellent ait crnc mile, et les autres ei^ms amt les autres dnc ni)», et leur Berontdietnbaéz égao» ment par la main de nez exécutean ea d'aican dépvté par euz
Et de eee pieseia testament, ordenanoe et volenté derronîère, nous avon lait et ordenénos exécuteurs nostre ami et fiai Raoul eresque deSaint-Maton, nostre èhier encle Charles contede Valoys, nostre cbier frère Pheltppe conte de Poictiers, nostre obier oncle Loys conle d'Bvreues, nostre cbier frère Charles conte de La Marche, nostre chier oncle G. conte de Saint^Pol. Item, nos amez et t&m Gaucbier covfnestable de France, miles se^nenr de Noyers, Hugues d'Augeron et frère Vybert nostre arai canfes-
SLHir
En tc'smoings de la quele chose nous avon fait sceler et clorre cest présent testament de nostre seei donné Tan et moiz dessus dit.
(Archives de TEmpire, J. 404, n<* 22.)
BÉRABIUTATION.
Philippus, etc. Notum facîmus quod nos libëros defuncti Enguerranni, quondam domini de Marrigniaoo, laicos, si quam notam infamie îpsos, ob morfem Inguerranni, patris sui, vel alias contîgerit incurreisse, ad famam ceterosque actus légitimes, ex oerta scienda, restltuimusi de nostre régie plenitudine potestatîs. lucujus m testimonium presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum.
Datum apud cantumUipe, die venenis, in fesloNatîyitatis beati lohannis Baptiste, anno Domini M» CGC* XW.
(Archives de TEmpire} registre du Trésor ^s Chartes, 53; 226.}
BËÂUNË DË SËMBLANÇAY
LETTRES DE FEANgOIS A SSMBUNÇAY K
a Monsieur de Scmblançay, j'ay présentement eu nouvelles de mon frère le duc d*Alonc '^^ d'ailleurs, par lequel on me fait sçavoîf que le siè^p di'\ ant Mouzon, et qu'on l'assiège de deux cotéz, c'est à sçavoir l'un du roté du royaume et l'autre du coté de Yvois. A celte cause, j'ay envoyé haster les Suisses qui viennent, le plus qu'il est possible, espérant que s'ils arrivent à temps^ la ditte ville sera secourue et aydée; et pour ce que le Maitre des Beaux m'en a encore écrit, qu'il est requis envoyer quelqu'un eh Lorraine et à Genève potir recueillir et payer ceux qui sont derrière qui doivent venir, qui pourront être environ douze oa quinze cents, je toub prie sçavoir dtf thresorier Meigret s'il y a pourvu, car s'il ne l'a fait, il le fout faire promptement et en toute diligence, car ce seroit très mauvaise chose, si foute de payement ils s'en retoumoient. Par quoy, je vous prie y faire donner l'ordre et qu'il n'y ait point de foute. Pareillement vous prie, monsieur de Semblançay, à ce besoin et affaire que j'ay qui est tel et si grand que vous voyez, m'ayder et servir comme j'ay en vous fiance, et mettiez la plu> grando et grosse summe que vous pourrez. Car je suis seur que si vous n'y mettez la main et employez
I Bibliothè<]ue impériale ;^Mm. Supplément françait« n* 3S0-13. — Prœii eriminel de Jacquet de Bemm de SenMançaift in-folio, p. 102 à 113.
votre crédit et vos amis^ le tout demourra au grand dommage et diminulion de mes affaires et de tout le royaume. Et pour ce, je vous prie y fkire plus que le poesible^ et ne vous soucies de rien, car je vous satisferay et garantiray de toutes clioees comme vous connoistreK par effet Priant Dieu, monsieur de Samblançay, qu'il vous ait en sa sainte garde. Montbard, le 27« jour d'aoost.
« Signé ; Fbançois.
< dmtfirigné : RoBBainr. »
t Monsieur de Samblançay, mon oncle le Grand Maître m*a dît que par le thr^sorier Meigret^ vous aves été par plusieurs fois averty des trois parties quMl faut promptement fournir pour Teztraordinaire de par de cà, à sçavoir environ vingt^deux milles livres qu'il iaut fournir aux marchands pour les vivres, quatorze mille cinq cent livres pour le parfait payement de la bande de mim cousin de Vendôme qui ne peut marcher sans cela» et environ mille livres pour te payement des Suisses. Vous pouvez penser de quelle imporlanco est l'affaire pour lequel je suis par deçà, et quel inconvénient ce seioit, s'il y avoit faute és dilles parties; par quoy je vous prie que veuilliez y pourvoir, à sça\ mr presenlemeni aux dilles parties, des vivres, et de mondii cousin de Vendosme, car saii*» cela mon camp ne peut tirer avant; et quant è la ditte partie des Suisses, regardez d'y pourvoir entre cy et le premier jour d'octobre que eschet leur payemeiU, on manière qu'il n'y ait faute, et ne faut point faire de fonds sur les parties qui doiM-'nt venir en 1 ;m;'i,!efjoc, Provence et Dauphiné, car elles ne sçauroientde rien servir pour la ditte alTaire, ny pareillement celle des amortissements de Bourgongne. Elle n'est pas encore reçue, et d'ailleuis ils ont déclare qu'ils ne baillent rien que leurs lettres ne soient scellées. Toutes fois j'ay écrit qu'ils passent outre, et crois qu'ils le feront, mais encore la ditte partie ne sçauroit venir à temps, ainsy que m'a dit mon cousin de la Trémouille. J'écris présentement aux thrésoriers des guerres qu'ils diligentent de recouvrer leurs assignations le plus promptement
BEAUNB DE SEMBLANÇAY. 373
que possible sera, afin de mellre és mains du<iit lliré-orier Meigret ia somme de cent mille livres des premiers et plus clairs deniers; vous leur en direz un mot et solliciterez la dilte affaire. Je vous recomnaende de recbef les parties cy dessus» a ce que diligence y soit faite la plus grande que possible sera, car je m'en repose sur vous et suis certain que sans votre diligence et secours mon affaire est demonrée; et ne faut point que vous soyez recreu, mais que vous vous montriez serviteur à ce besoin, comme vous avez accoûtumé, tous disant à Dieu, monsieur de Samblançay, qui TOUS ait en sa sainte garde. Saint-Thierry* le Si* de septembre.
« François. »
« Monsieur de Sandblançay, j'ay entendu parce que Madame m'a écrit la pane que aTez prise et prenez^ et la diligence qne continuellement vous faites pour le recouvrement de Targent qui est nécessaire pour le payement de mon armée, dont je vous re^
mercie que je puis, cl vous prie de continuer, car j'entends bien
que si vous vous en lassez le tout demourra, qui me seroit la
honte, perte et fasrherie, que vous pouvez penser. Considérez le lieu où je suis qui est procli un de faire effet, par quoy je vous prie encore y faire plus que le possible, comme vous avez fait jusqu'iry dont je ne me tiens seulement content de vous, mais tant tenu qu'il îr<>t possible de plus; el au demeurant advertissez moy, comme les commissaires des admorlissements et emprunts s'acquittent, et vous me ferez plaisir, et à Dieu, monsieur de Samblançay, qui vous ait m L'ardo. Savarques, le 13* jour d'octobre. « tiiANçois.
a ROBKRTET. »
tVoir, pages 153 , 159 de ce volwM, tfoil Ultffeft UMtu de Frenfoi* l*'^ écriUsa en entier de sa main.]
« Monsieur de Samblanç^iy, vous m'avez tant de fois et en toutes mes afiaires, mesmement aux plus nécessaires, si bien se-
m PIfiCES lUSTIFICÀTIVES.
couru et aydé do vous et do vos amis et crédit, que ne sera jamaiS) que no vous aye en estime et rcpiilation de meilleur serviteur de mon état que j'aye, ny que ^îraurois avoir en aion Royaumu, et scM'ois in;j; <jt ne le recounoissois envers vous et les vôtres, luesineineut le grand service que m'avez dernièrement fait i)()ur le payement dos Suisses et avanturiers qui sont à moa service, lequel sans vous et votre créait et conduite éloil demeuré, dont moy Bi mondit Royaume et subjets éUoDS en danger de tomber en gros inconvénient, qui est iin service que je ne meltray jamais en oubly, car ça été CQUp au grand heam, et pour oe que, comme voms sçavez, je suis outragé de mes ennemis, qui sans cause et occasion se sont mis en effort d*entrer dans mon Royaume, et le piller et détmire, et l'ont fait où ils Tont pu, à quoy, moyennant l'aide de Dieu et la gr<)sse force de gons que j'ay mis sus, tant étrangers, que de ipondit Royaume, j'ay résisté, et s'en vont honteusement devant moy et mon armée; mais s'il m'est possible, et le temps le peut porter, je leur donneray a connoitre qu'ils ont malfait de me venir assaillir, et suis délibéré par ce moyen d'employer ma dilte armée à les grever et cndommnjyr en ce tiiu- je pourra) pour vangcr mes pauvres aubjotâ des maux, tyi auiiicset inhumanités qu'ils leur ont fait, et considéré (pie aussy bien fiiudroil-il luiyer mes gens du mois de novembre pour les renvoyer en leurs païs et maisons, et qu'il vaut trop mieux que je les euiploye pour ee dit mois. Parquoy vous prie, mais c'est autant «pie un bon Miiîtropeut faire à un bon c^ loyal serviteur, que vous m'aydiez encore pour cette fois à recouvrer ie payement de mes dits gens de pied et armée, et y employez tous mes bons serviteurs^ officiers et subjots, et j^)is yuf amis et crédit, sans craindre de vous obliger à eux en votre nom, comme vous avez plusieurs fois (ait, car je vous projn^ par ces présentes signées de ma propre main, et l'assuré bardiment à ceux qui vous ont fait et feront plaisir, que incontinent mon affaire vuidée, ce seront les premières partiespayéeset acquittées et n'y «uri lauie nulle i car j'eniands bien à cette beure mieux que jamais de quoy m'a ami et aert votre crédit, que je
BBAUNE DB SBMBUNÇàY. m
veux garder rommo un Ihrésor ea mes affaires. Et pour ce, Monsieur de Samblanray, je vous prie derechef, faites en sorte que j'en sois du tout tenu à vous, et qu'on puisse dire que vous seul avc} été cause d'un si grand bien et honneur pour moy et mondit Royaume, et sur ce je prie Dieu qu'il vous tienne en sa sainte garde. Mont Saint>Marin^ le 4 6* jour d'octobre.
« Fbançoib.
« De NBurviLLB. »
« Monsieur do Samblançay, jo me veux addresser à vous seulement pour cette fois, et non à antre. Je vous envoyé les nouvelUis qui me sont cullIUle^ pi i ntcmenl touchant l'avittailiement de Fonlarabic, H par l'état (jue m'a envoyé Larlii^iie, verrez qu'il est besoin envoyer encore quoique argent pour y satisfaire, et si l'affaire a été retardée jusqu'à cette heure j'en a y bien peu d'espérance, car vous sçavez de quoy importent ces allées et ces venues. A cette heure, je vous prie tant qu'il m'est possible que incontinent vous veuillez dépescher ce porteur avec l'argent qu'il est requis et contenu audit état, afin qu'il s'en puisse incontinent « retourner devers ledit Lartigue, vous avisant que si ledit Fontarabie se sauve, j*estimeray et réputeray cela estre foit par votre moyen et non d'autre. £t a tant, prie Dieu, Monsieur de Samblançay, qu'il vous ait en sa sainte g^rde. Saint-Germain en Laye, le 27* jour de novembre. « Fbançois*
C SaBTON. »
Monsieur de Samblançay, je vous prie aussy que s'il n'a été pourveu au lait de l'argent pour ceux qui sont à Fontarabie que vous en parliez aux Généraux de mes fmances, et que vous fassiez en cet endroit qu'il y soit promptement pourveu.
« Monsieur de Samblançay, pour ce que je vois et connois bien que sans faire un effort par la terre est impossible de sau* ver cette maison de Fontarabie, je me suis résolu et arresié de
mander à Monsieur le Maréchal de Chabannes d'assembler jusqu îi douze ou ((uinz-e mille hommes, et aller prendre logis â Andayo, pour de là essayer d'y faire un secours. Parqnoy, je vous prie, Monsieur de Samblançay, surtout le service que|lésirez à jamais me faire, aviser et penser tous les moyens possibles pour recouvrer argent pour cet etfet, et m'ayder à ce besoin de tout votre crédit, car sans cela, j'ay une très mauvaise espérance du dii FoDtarabie. Et à Dieu qui vous soit garde. Yilleneufve, ce 20* jour de décembre. « FRikNco».
« Bbetoiv. »
« Monsieur de Sumblanray, combien tjue je vous aye écrit et lait écrire par cy devant plusieurs affaires touchant le fait de ma ville de Fontarabie, pour tenir la main et donner la provision requise et nécessaire pour la seureté d'icelle, à quoy je suis sur que vous avez fait et faites toute diligence possible, néant* moins sçacbant Timportance de quoy la ditte ville m'est, comme vous sçavez, je ne veux laisser pour cela de vous en écrire encore derechef, vous priant sur tout le service que vous me désirez jamais faire valoir de votre part faire user de telle diligence en cet endroit que Je puisse entendre do bref à la vérité, que la dilte ville soit pourviie entièrement de tout ce qui lui est requis et nécessaire selon et ensuivant Tétat qui me fust dernièrement envoyé, vous avisant que je ne seray jamais à mon aise, satis* fait, ni content en mon entendement, que je ne sçache véritablement qu'il ait élé pourveu à tout ce que dessus. Car entendez que l'un des plus grands ennuis et regrets que je seau rois avoir en ce monde, ce seroit de voir retomber la diUe ville au hazard et inconvénient où je l'ay vue il n'y pas longtemps. Par(pioy encoro une fois je vous recommende cette affaire, ainsi (pie j'ay eu vous ma parfaite confiance, priant Dieu, Samblaneay, qu'd vous ait en sa garde. Le 20* jour de fcuvrier.
« Samblançay , j*entends aussy qu*à toute diligence Ton donne ordre d'envoyer argent pour satisfieiire au payement des
gens (le guerre qui sont sortis du dii Foniarabie, selon la promesse à eux faite par Monsieur de Lude, car j'estime et réputé cela mon honneur mému , vl aussy qui soit autrement vous entendez bien que ce scroit d'un très mauvais exemple pour Tadvenir à ceux qui sont dernièrement entrés daufi le dit FoQtarabie. a François.
a Baeton* »
« Monsieur do Samblançay, vous avez vu co que je vous ay dernièrement écrit touchant le fait de ravitaillement de Foniarabie, laquelle je suis seur que vous avez desja par le passé secouriic par quatre fois, je vous prie, sur tout le service que vous me désires fiiire^ que vous veuillez être cause qu'elle soit secourue pour la cinqiëme, et trouver moyen d'en envoyer argent au comptable pour satisfaire tant à cela qu'au payement des gens de guerre qui sont dernièrement sortis avec Monsieur de Lude, en quoy faisant, vous me ferez un service si très grand qui seroit ' possible; de plus^ vous sçavez l'importance de quoy m'est le dît avitaillement, et aussy la conséquence du payement des dits gens de guerre, et n'est besoin que je vous en dise autre chose. Par quoy encore une fois je vous recommende cette affaire, priant Dieu, Samblançay, qu'il vous ait en sa sainte garde. Rouen ^ le 23* jour de feuvrier.
« Samblançay * je vous prie aussi trouver moyen d'envoyer argent au dit comptable pour le payement des lansquenets , qui sont au service de mes ennemis t car qui les pourra retirer au moyen comme j'espère que l'on pourra faire en les payant, ce ne sera pas peu d'œuvre faite, et eux retirés par deçà, Je donneray ordre de faire casser autant d'autres gens de pied de ceux qui sont en mon service, pour vous décharger et lever de dépense. « Fiançois.
« BasiON. »
PIËCËS lUSTlFICATiVËS.
LETTRES DE LOUI^ Iffi SAVOIE,
MÊME M PBAirCO» 1*% aéGBNTB DE FBANCB, A eEMBhàHÇkJ ^
(INÉDITIS. j
« Uonsieur de Samblançay, depais voire partement j'ay eu nouvelles du Roy, et combien que je sçache aaies que vous estes si avant en l'alfaire qu'il n'est possible de plus ou tant, toutes fois
connoissant le travail en quoy est le dit seigneur pour ne pouvoir
exécuter son intention et les provisions qu'il a délibérées pour le bien de ses afTaires, s'il n'est secouru, continuez jusqu'au bout je vous prie que sans y épargner chose qui soit au monde vouh vous y employiez plus que le possible et scion ce que vous êtes ass^^urc que le dit s<^i:;ncur et moy avons en vous baiice, qui est-ce (jue je vous puis dire, la plus grande, cL telle que vous la connoisseï de présent. A tant, vous dis à Dieu, Monsieur de Sainblançay, lequel je prie vous avoir en sa sainte garde. Blois, le 40« jour d'avril. « Signé : Louise.
a Contresigné ; BjkBOu. »
« Monsieur de Samblanç^y , vous sçavez mieux que personne en quelle extrémité est l'affaire du Maître, et combien que je sçache assez et par expérience et autrement l'atTection que vous y avez, toutes fuis ai ne me j)uis tenir de vous advertir du regard que l'on doit avoir à la persomie du Roy qui souffre, et je le sens bien, connoissant la diificulté en quoy est son dit affaire. Pour ce, je vous prie, Monsieur de Samblançay, (jub sans épargner . chose quelle que œ soit en ce monde, vous travailliez pour le relever et luy doaner quelque ei^pédient, car, sans vous je suis
' BibM«lhèquc impériale ; Hss. Supplément français, aiO-1). — Ffoeâf erimmel de Jaequtt i$ B$Mm$ de S«mHtmt''if> p* iS3 à 16^ kU.
QËAUNE m SËÀIBUNÇAY. 379
aeure que tout tirera dt aura à souffHr, chose qui me dmm do la peine el continuel travail plus que Je ne voua puis dire. A cette cause» je vous prie derechefi foites y comme oeluy en qui est pour une telle extrémité ma dernière espérance, et à Dieu, Monsieur de Samblancay, auquel je prie vous avoir en sa sainte garde. Le 4 1 * jour de may . « Louisit.
« Babou. »
« Monsieur de Samblançay, j'ai reçu à ce soir une lettre du Roy par laquelle il m'écrit que jo vous commende poun oir au payement des gens do Monsieur de Vendosme» qui est chose plus que nécessaire, car le dit seigneur me mande nommément, que sans le faire promptement tenir, les bandes se ^ m l i* nt, quiseroit la totale rupture de raffaire et entreprise du dit seigneur. Et pour ce que vous même pouvez assez considérer de quelle importance est cette affaire pour le privilège de sa personne qui y est, je ne vous en feray plus long propos, fors que je vous prie qu'en diligence et sans y faire faute vous y pourvoyiez. Le reste des a^ &ires du dit seigneur, et mesmement de Mézières se portant tant bien que mieux ne pourroît^ car les ennemis ont abandonné le . côté du Royaume de deçà la rivière, se sont retirés de là la lieuse, commençant i rompre les ponU, prêts à délogier dès qu'ils sentiront que le Roy marchera. Ces bomies nouvelles et autres que vous ay fait Bavoir peuvent servir au profit de votre commission, laquelle je ne vous recommende point pour l'affection que je sçay que vous y avez. Priant notre Seigneur, Monsieur de Samblançay, quMl vous ait en sa garde. Nogent-sur- Soine, ce 20' jour de septembre. u Louise.
tt Baboij. 1»
« Monsieur de Samblançay, j*ai tout à cette heure reçu une lettre et incontinent pour diminuer la peine en quoy vous avez veu que le Roy est par celle qu'il m'a écrite, j'ay dépesché vers luy pour Tjii^rer du payement des Suisses et des aveotufiers
380 PIECES JUSTltlCATlVES.
françois, selon ce que voas me mandez^ toutes fois sans luy faire mention de la difficulté qoe vous me faites pour le surplus, car je suis certaine que cela le tiendrait en suspens et travail ^d'esprit, dont il n*a pas besoin, mais seulement comme aasez entendez de pourvoir et commander au fait de Teitraordioaire de la guerre; vous priant, Monsieur de Samblançay, que ayant regard à la fiance que luy et moy avons en vous, et à ce que sa propre personne s'expose à ralTairc, que vous y faites, non pas ce qu'il vous sera possible, car je sçais assez la perplexité et peine en quoy vous êtes, mais que vous y faites plus que le possible, et ainsy que l'on doit faire pour sauver la personne, riionncn!- et l'état de son Maitrc, qui sont choses qui doivouL miiMix toucher que les remontrances que l'on ne sçatirait fniro, qui me gardera de plus vous en dire. Priant notre ^ciLjnf ur, .Monsieur de Samblançay, qu'il vous ait en sa garde. Meaux, lo 25^ jour de sep* tembre. « Louise.
« Babou. »
« Monsieur de Samblançay, je vous ferois plus long propos que par le double de la lettre que le Roy m'a ecrilto que je vous envoyé, vous verrez la peine en quoy il est, qui vous /loit plus solliciter et (juniiei cœur de faire ce qu'il demandeque ne feroient toutes 1rs lettres du monde; et notez, voyant que ledit seigneur souffre, je ne pourrois eslre sinon en grande peine jusqu'à ce que je le voye satisfait et à son ayse; pour colle cause, je vous prie que pour mettre service icy à haut bout de tous ceux que vous m'avez jà faits, vous me renvoyiez incontinent ce porteur» lequel j'envoye exprès devers vous, avec réponse par laquelle je puisse ce soir envoyer deversle Roy pour l'assurer de son affaire, priant Notre Seigneur, monsieur de Samblançay, qu'il vous ait en sa g^rde. Heaux, le 20* jour de seotembre. « Louisb.
«Babou.»
« Monsieur de Samblançay j'ay reçu des lettres du Hoy que je
BEAUNË DE SEMBUNÇAY. 381
vous envoyé, avec une du thr^rier Robertel, par lesquelles vous verrez la nécessité en quoy est Taffaire du Roy, où luy même veat exposer sa personne, qui est, comme je suis seure, le plus grand exhortement quu je vous sçaurois faire. Et pour ce, et afin que demain au matin je puisse avoir nouvelles de vous pour répondre audit seigneur^ je vous prie que vous m*écriviez une lettre que je luy puisse envoyer, afin que moy et vous nous parlions un mémo langage, et s'il y a quelque remontrance qu'il soit besoin me faire, ïddes la moy par autre lettre à paiL Quant est de votre venue par deçà dont lia I tou ai a parlé , aussi votre allée devers le Koy dunt il escrit coiiune verrez, ou demeurer selon que vous connoitrez que l'affaire dudit seigneur le requerera, et aussi l'endroit où il vuus semblera que luy pouvez faire service. Toutesfois que s'il se pouvoil faire, je voudrois avoir parlé à vous. A tout vous dis à Dieu, lequel je prie, Monsieur de Samblançay, vous avoir en sa sainte garde. Meaux, le jour de septembre. « Louise.
a BiiBOu. »
« Monsieur de Samblançay, je vous envoyé le double de la lettre que le Roy m'a escrite; avec oeluy est venu de Toumay et Monsieur de Vendosme, et Mareschal de Cbabannes; par là vous entendrez que nous ne sommes pas à bout des affaires^ et vois bien qu'en votre endroit vous aurez à soutenir un grand faix , mais si ne faut-il pas que le cœur vous faille à si grand besoin. Pour ce je vous prie que vous pensiez dès celle heure pour le mois qui vient, et m'escriviez ce qu'il faudra que je fasse de ma part pour vous secourir, à quoy vous ne trouverez jamais faute. A tant vous dis à Dieu, Monsieur de Samblanç^iy, qu'il vous ait en sa sainte garde. Meaux le 4" jour d'octobre.
a Louise.
« Babou. »
« Monsieur de Samblançay, j'ay vu la lettre que vous m'avez cy devant écrite et ne doutez point que je sçay et connois voàlro
m PIÈGES JUSTIFiCATiVES.
I>eineet travail comme vous-mèine. le dMedeTOUSVOîf etytms
prie que si tost qu'il se pourra faire, sans faire faute, que vous fassiez icy un tour. Au demoiirant, je trouve votre avis fort bon touchant les petits écoliers dont vous m'avez escrit; j'en ay averty le Roy, et n'y aura que bien que cependant vous les mettiez an collège de Navarre avec bonnes et scures gardes, ou s'il vous semble qu'Us n'y fussent assez seurement, les mettrez au Louvre. Je vous envoyé une lettre que m'a escrit te le thrésorier Robertet, par laquelle vous verrez Tayso qu'a eu le iioy de voir la seuretë de ses payements ; vous n'aurez autre chose pour|cette heure. Priant notre Seigneur, monsieur de Samblançay, qu'il vous garde, jour d'octobre.
« LOTSB.
«Babdit. »
« Monsieur de Samblancay, je vous envoyé une lettre que le
Koy m'escril par laquelle vous verrez la peine en quoy il est de faire secourir d'argent monsieur de Lautrec. Et pour ce, je vous
prie que vous avisiez à y pourvoir, et de nie în-imicr expédient et moyen de le jetter iiors de celte peine, car il n"<i mestier d'autre charge que de celle là où il est de présent en personne qui est telle que vous entendrez, parce que j'ay commandé à Babou vous escrire et faire sçavoir, avoc tout ce qui est venu dudit seigneur. Et d'ailleurs, priant notre SuiL^neur, monsieur de Samblancay, qu'il vous ait en sa sainte garde. Â l'abbaye de Chailiy, le 42« jour d'octobre.
€ LODISB.
« Babov. »
« Monsieur do Samblancay, j'ay reçu la lettr f que vous m'avez escritte du jour d'hier avec l'état que Babou m'a montré, qui vous a été envoyé de là où est le Roy pour le mois de novembre, et ne trouve pas seulement qu'il soii diflicile d'y pouvoir satisfaire, mais le trouve impossible, ce qui a été fait par cy devant;
BEAUiNE DE SEMBLANÇAT. 383
à celte cause je vous prie que votis esr riviez bien au long à filon frère le Bastsrd, afin qu'il entende du Roy les parties dont il ^Ous ponrra supporter pour le dit mois, afin qa*n ne yoos en donne point de charg9^ car je suis seure ({ne tous n'en avez pas de mestier. «lomsK. »
r « Monsieur de Samblançay, vous voyez maintenant lo fort de l'affaire du Roy et qu'il est moins requis que jamais que pour cette heure le dit seigneur cassoit de ses gens, et qu'il alToibiist la force, qui est la chose du monde qui peut le plus contraindre ses ennemis à venir à paix, trêve, composition honorable et avantageuse pour le dit seigneur. Toutes fois que je pon^r pour le dil mois de novembre^ il ne sera point de besoi» que le dit seigneur paye tout le contenu au dit estât qui vous a été envoyé , qui est la cause pour laquelle je vous mande que vous en écrirez à mon dit frère le Bastard; et croyez, Monsieur de Samblançay, que je trouve merveilleusement bon que vous lassiez un voyage devers le Roy, mais non pas plustotque vous ayez fait tout ce que vous verrez qui est nécessaire pour les afllnres du dit seipeor, et qui vous semble ce que vous pouvez mieux faire étant là où vous estes, que avec le dit seigneur. Sur cela et autres ooourences, vous me ferez sçavoir de vos nouvelles, et s'il faut que je fasse ou die quelque chose pour vous soulager. Et à Dieu, Monsieur de Samblançay, lequel je prie vous avoir en sa sainte garde. Compiègile, ce 46* jour d'octobre. « Louise.
<( Babou. »
t M6n»ear de Seroblançay, Babou m*a fait entendre ce ffofi vous luy avez escrit du fait des payemens pour le mois de vembre. Je sçay que Textremité y est, et entends bien ta peine en quoy vous en estes, qui n'est pas sans que j*en porte ma part, tant pour avoir bien pensé et considéré ce que vous avez fait jusques icy. La faute de fonds qui est aux finances du Roy,
FItCES JI STIFICATIVES.
et que ce que voue y pouvez (aire est sans espérance et bourse d*autruy; que aussy parce que j'ay entendu par une lettre que le Roy m'a oe jourd'titti escrite, par laquelle il in'advertil et fait un long diecoura de son chemin pour ravitaiUemeut deToumay, pour lequel exécuter il ne luy faut pas moins le temps que de trois sepmaines avant que à son retour être hors des pays de ses ennemis; à cette cause, il n*est possible que le dit seigneur soeust diminua sa force, ne retrancher aucune chose à la dépense de son armée, pour tout le mois de novembre ; car U vrayo gloire et grandeur se oonnoistra plus en luy voyant ramener toute sa ^tte force entité du dit Tournay, que de chose qui M peut advenir.
« Monsieur de Samblançay, je connois bien par la lettre du dit seigneur qu'il est en \mne considérant la difficullé des dits payements qui iiio rend celle que je porte double; car voussçavez au lieu où il est, qu'il n'a raesUer fors do penser à Texecution de son affaire, et que d'être contraint à celte heure à s'arresterou diminuer sa dilte force, luy scroil chos^^ si griève qu'il ne la sçauroit supporter et de ma part, j'amjerois mieux autant mourir, que le voir en telle nécessité. Pour cotte cause , je vous prie, Monsieur de Samblançay qu'à ce tant extrême besoin votre vertu et force double. S'il est possible que nous puissions porter ce Caix, soyez assuré que toutes choses seront après faciles et se conduiront à l'honneur et avantage du dit seigneur, soit pour traiter paiï, trêve ou autre affaire.
« Monsieur de Samblançay, la peine que j'en porto ne sera diminuée jusqu'à ce que vous m'ayez sur ce fait fçavoir une bonne nouvelle ; et notez que j'y ay bien pensé et considéré toutes les charges et empesc^ments que vous avez à supporter pour y satisfaire oommeja pension générale des Suisses, celle des Ângloîs, l'excessive somme à quoy se montera la dépense du dit mois de novembre, et que encore faudra-il pour le mois de décembre, le renvoy des Suisses, ainsy que je sçais bien que vous l'entendrez. Toutefois, je vous le redis volontiers, afin que vous oonnoissiez que j'entends bien le bon office que vous avez fait et
BRAUNË D£ SËMBUNÇAY. 38»
faites. Combien que j'aye assez ooonu par cy devant <iae tous n'avez besoin de sollîdtatioii pour tes lÀiiires, si fant-il que je
vous prie que vous pensiez le lieu où est la personne du Mattre,
le fruit et grand lionucur qui luy est à advenir si son voyage de Tournay, duquel il ne so peut excuser, se conduit tie l'aller et du retour sans rompture, et, sur ce point, je vous diray à Dieu, Monsieur de Samblançay, lequel je prie de vous avoir en sa garde. Compiègoe^ le 48* jour d'octobre. Lo\àE.
fiABOU,