LBTTBB DE LOUISE DE SAVOIE
A M. LE TBÉSOBIEA llOfiKaTET.
c Ifensteor le Trésorier, yéyant le lieu où esl la personne du Roy; le danger inestimable qui porroit advenir 8*il y avoltiaulle aux paiemens de son armée, dont je faisois et fais encore grant double, pour l'exlrémité en quoy j*ay veu les finances dudit Seigneur et la grande difficulté qui a esté d'y pouvoir jusques à présent satisfaire, j'ay envoyé veoir et visiter M. de Samblançay, par Babou pour le rarraichiret conseller en Texcessive payne et travail où il a esté depuys trois moys en ça, et est encores; et aussi pour savoir quels moiens il avoit et a eus de fournir à la grande et quasi insupportable despence qui s'est faicte et esl encore nécessaire de faire. Et après avoir entendu par ledit Babou , ainsi qu'il a esté adverly par ledit sieur de Samblançay, et accrit iié par TArcevcsque d'Aix et a ul 1res bons personnaiges, commis sur le faict des ernpruuls et autres expéditions, pour recouvrer argent en la ville de Paris, que le principal secours de ladite despence est venu par le moien dudit sieur de Samblançay , et par les emprunts particuliers qu'il a faits en son propre et privé nom^ et dont il a fait ses cédulles et promesses, en divers lîeus, et corne bon loyal et affectionné serviteur, n'a jamais regardé à sa aeureté pour Tadvenir, mais il y a mis le tout pour le tout, et pour dix fois plus qu'il n'a vaillant. Â ceste cause et qu'il n'est f as raisonnable de le laisser» luy et tout son bien, crédit et
PlfiCES JUSTIFICATIVES.
ceMuy de tous ses amys, fondre et on voye de lotî^Ie ruyne et perdition, et aussi que du présent il e^L autant de besoin que jamais do trouver moiens par emprunts d'or, d'argent, vaisîielle, engagements et autres oxpudu ns jujnr fournir à la d< spinre de Tarmée dudit seigneur, j'ay commandi; audit Babou dresser une commission, laquelle j'ay veue et bien entendue adressante à l'Arcevesque d'Aix et audit sieur de Samblançay, pour foire ]es> dits empruntai engngemens et contrats, de faire rendre compte à plusieurs comptables et Caire prandre les restes d'ioeubt; avec pouvoir audict sieur de Samblançay pour assearer ceulx de qui il a emprunté, affio de garder son crédit pour toujours et au besoin en foire service au Roy; aussi pour dédommager cit garder de perte, comme la raison te veult, cenlx qui en tels affaires ont secouru ledit Sieun Laquelle provision je vous envoyé, vous priant, monsieur le Trésorier, que, incontinent, et sans y foire aucune difficulté, tous la foictes dépescber et sodler, aifin que je la puisse envoyer audit sieur de Samblançay, pour lui faire cognoistre que le Roy ne venlt point sa ruyne ou dômaige, mais, par kl runiie, l'entend remercier de ses services, ainsi que cbascun co2;noisl qu il mérite, et qu'il appartient rci'oi;noistre à ung si i^ryud maislre que ledit Seigneur. Et à tant, vous dis à Dieu, monsieur le Trésorier, lequel je prie vous avoir en sa garde. Escrîpt de Côpiègne, le xxiu' jour d'octobre. Loyse.
Contresignée j Babou ^