Relations véritables^ 12 mai
2. i Eminuit potissimum profectus ipsius ADgruiani,(iui,mense Maio,complurese Lo^à thèses propuf^navit, eâ promptitudine et scientiae demonstratione, ut expectationem omnium superaverit et non exiguo gaudio serenissimum suum parentem afTecerit, qui disputationi intererat, cum Marchione de Caracena, Duce Arschotano, principibus Arenbergico, Nassavio, Mamminio et tota nobilitate hispanica, gallica, belgica. > Litt, ann. 1657. — Le Mamminius ou Masminius n'est autre que Balthazar- Philippe de Gand, dit Vilain, comte d'Isenghien, baron de Rassenghien, qui venait d'être créé en 1652 prince de Masmines ; il mourut en 1680, doyen des chevaliers de la Toison d'or. M. Tabbé Moncharop, dans sa remarquable Histoire du cartésianisme en Bdgiquey p. 277, n'est point parvenu à identifier ce nom en usy qu'il traduit par < de Masmint (0 > .
3. Tous les détails qui suivent sont empruntés aux Acta aima Universitaiis Lovaniensis^ ms, in-folio déposé aux Archives du Royaume, n^iS, fol. 97 et sqq. Nous ne faisons que résumer ces procès- verbaux officiels.
PHILOSOPHIE A ANVERS. ISS
théologie ; enfin il y avait un commissaire unique, Guillaume Macs. J. U. D. ■
Tous ces docteurs, licenciés, professeurs, se recommandaient par une série de titres et par des qualifications à la mode du temps ; ces qualifications n'étaient point d'ailleurs particulières aux Pays-Bas Espagnols. Le prince de Condé se souvint sans doute que dans son enfance, à Bourges, il avait entendu employer de semblables formules oratoires : Recior amplissime, Cancellarie nobitissime , Regiorum privilegiomm cOHHrvator (rçuissimc, Conservaloris apostolici vices-gerens religiosissime, Sacrarum paginarum interprcs fidclissinie, Juris uiriusque aniecessores
)ii4ùsimi, Medicina proceres experienthsimi, Artium dociores Uùsimi, Prœsidialis curis pmses senaloresque integerrmi, AidUei vîgilaniiisimi, Auditores ornalissimi. Le style des Louvanistes nous semble moins pompeux et plus sobre que celui des Berruyers. Leur personnel enseignant et administratif dépassaït-il en nombre \ Ordre tenu par Messieurs de l ' Université et Officiers d'Icelle en la réceplion de Mgr U duc d'Aiiguicn en celte ville de Bourges, qui fut U 2^ may 1626 ? Nous le croirions volontiers; mais nous n'aurons affaire dans notre récit qu'à un petit groupe de personnages, heureux si, même dans ce cercle restreint, nous pouvons éviter toute confusion.
Dans la réunion du 1 9 novembre, connaissance fut donnée aux députés
I. Sur l'organtsuiion de l'universii Aeadcmïa Liyi'anUHsts, lypogr. de Pien t. Il, Appendices de Mgr De Kam,
186 HENHYJULES DE BOURBON.
que. aux environs de la fête de saint Bavon ', les Jésuites d'Anvers avaient ouvert une classe dans laquelle, à en croire les bruits courants, ils enseignaient la philosophie au fils du prince de Condé et à vingt autres écoliers. Se prévalant, disait-on. d'une autorisation accordée par le gouverneur Don Juan d'Autriche, ils allaient Jusqu'à admettre indistinctement à ce cours public tous autres enfants de la noblesse ou du peuple. De là grave et irréparable préjudice pour l'université de Louvain, menacée par ce coup de ruine complète et perte assurée. En conséquence, Messieurs de la Faculté des Arts réclamaient contre cette tentative l'emploi d'un prompt et énergique remède, même le recours au Magistrat de Louvain et des autres villes du Brabant. Comme conclusion de la délibération, le soin d'attacher le grelot fut confié à l'avocat fiscal Henri Van Houwelant et au syndic de la Faculté des Arts Jacques Renson. ?. eux d'examiner mûrement l'affaire et de solliciter, au besoin, le concour de Messieurs du Magistrat.
Ils y apportèrent peu d'empressement. Près de trois semaines après, le Jeudi 7 décembre, le Recteur magnifique mettait à l'ordre du jour d'une nouvelle réunion : 1° un projet de lettre au Magistrat d'Anvers pour lui rappeler les édits d'Albert et Isabelle, d'heureuse mémoire, ei lui demander de quelle manière on pourrait les appliquer ; — 2" ui plan de mise à exécution des sentences du conservateur des privilèges universitaires à propos des affaires de Liège. Louvain avait dans cette dernière ville un procès analogue avec les Jésuites att sujet de l'induit Paulinien et de la collation des bénéfices '. Ces deuj affaires se grefferont souvent l'une sur l'autre, la seconde faisant tort i la première.
Cette fois l'affaire de Liège fut la préoccupation principale. On décidî d'envoyer des députés aux Etats de Brabant à Bruxelles pour agir contre les Liégeois ; mais on n'oublia point de décider qu'ils agiraient ensuite, de concert avec le Magistrat de Louvain, auprès du chancelier, conti les Anversois.
Evidemment c'est de la Magistrature qu'allait dépendre le succès des démarches entreprises : elle était le bras séculier, et le monde académique en appelait à sa vigueur. Dans cette réunion du 7 décembre, on adjoignir deux antres délégués, un ancien bourgmestre de Louvain, noble e1 généreuse personne, Fusco Malaloni, et le clarissime Jean L'Hoste, pensionnaire de la ville, aux deux représentants déjà nommés di l'université : Van Houwelant et Jacques Renson. Le corps officiel di la députation qui devait se rendre à Bruxelles et à Anvers, se trouva ainsi composé de quatre membres. Ils se sentaient soutenus nod seulement par la vénérable Faculté des Ans, mais par toutes les Facultés
I. La ftle de saint Bavon, patron de la ville et du diocise de Gand, avail lieu le 1" octobre » coïncidai! avec la Saint- Reini, époque ordinaîie de l'ouverture des classes dans les collèges de Pays-Bas.
2 Cf. Vernulfcus, ouv. cit^, lîb. III, cap. V, Privilegium CoUationum in palrîa Leodiensi Paulo V roniitice Facuhali Artium
FHI£X)SOPHlE A ANVKRS. 187
réunies : recommandation leur était faite d'agir d un commun accord, au mieux des intérêts lésés '.
Sans tarder, nos quatre députés partent pour Bruxelles. Là, ils consultent des amis prudents, et, sur leur avis, ils conviennent de repartir aussitôt pour Anvers, afin d'y faire en personne une enquête sérieuse. Il faut qu'à leurs yeux il conste d'abord avec une entière certitude de la vérité des faits dénoncés.
Le mercredi 1 3 décembre, sur le soir, les députés prirent la barque qui faisait régulièrement le service entre Bruxelles et Anvers, par le canal de Willebroeck, le Ruppel et l'Escaut. La nuit fut extrêmement froide et ils eurent fort à souffrir de la température.
Le lendemain, vers onze heures et demie du matin, ils débarquaient à Anvers. Bientôt ils apprennent de façon positive que des écoliers fréquentent la classe du duc d'Enghien ; on leur livre même les noms de plusieurs condisciples du jeune Prince. Les personnes qui les renseignent si exactement vont jusqu'à prétendre qu'en plein Hôtelde-Villé les Pères du collège se sont vantés d'avoir fait agréer l'ouverture du cours par l'université de Louvain.
Ces premières informations recueillies, la députation se présentait, vers deux heures de l'après-midi, chez le R. P. André Losson, Recteur de la Maison des Anglais^ et lui exposait le but de sa démarche. Les députés lui rapportent ce qu'ils tiennent de bonne source : les portes de son établissement sont ouvertes à des élèves externes de philosophie ; ils demandent en vertu de quel pouvoir le Recteur a laissé faire. Le P. Losson avoue simplement n'avoir reçu aucune autorisation ni du pape, ni du roi d'Espagne, ni de l'archiduc ; que si la Société de Jésus avait répondu au désir du Sérénissime Prince de Condé, c'est qu'elle croyait et supposait que l'université ne prendrait point la chose en mal.
Les Députés. — Une telle créance n'a pour fondement ni une raison, ni même une vraisemblance. La Société sait bien ce qu'il lui en a coûté autrefois en un pareil cas.
Le Recteur. — Nous ne l'ignorons point ; mais nous n'avions point l'intention de nuire aux privilèges académiques ; nous avons même voulu éviter de leur porter dommage.
Les Députés. — Comment pouvez-vous tenir ce langage, quand ipso facto vous lui faisiez tort }
Le Recteur. — Encore une fois, nous ne pouvions pas rejeter la demande du prince de Condé, qui avait pris sur lui tous les risques et toutes les conséquences.
Les Députés. — Cela ne se tient guère. Nous savons en effet pertinemment que vous avez dit publiquement à la Maison de la ville avoir le consentement de l'université.