V. Acta Aima UmvcrsitoUis, foL
souhaitait que Ton conservât le nombre de dix ou douxe élèves externes. Que si quelqu'un de ces Messieurs voulait laccompagner à Anvers, là on pourrait arranger l'affaire de gré à gré et il y ferait délivrer un acte de non-préjudice \
Les députés remercièrent le Prince de cette faveur qui leur était offerte et prièrent S. A. de daigner les dispenser du voyage. Il alléguaient que le recteur du collège ne pouvait rien, mais seulement le provincial, alors de résidence à Louvain ; au besoin, ils traiteraient avec ce Père. En attendant, ils espéraient que l'université ne refuserait pas quelques compagnons d'armes à son fils, en nombre modique mais suffisant, et accepterait un acte de non-préjudice dressé par elle-même.
Si les députés de Louvain avaient mieux connu leur Condé, ils auraient su qu'il portait dans les négociations comme à la guerre son tenace génie, aussi prêt à profiter de la retraite de l'adversaire qu'incapable de reculer d'une ligne. Ils eurent une seconde entrevue avec le président Viole, qui leur rapporta une seconde réponse du Prince ; mais cette fois Condé, au lieu de dix ou douze, demandait quatorze ; à cette condition il s'occuperait de faire signer l'acte tel quel. Le chiffre de quatorze provient des Jésuites d'Anvers, ripostèrent les députés. Le Prince désire, répliqua Viole, et même il y met des instances. Les députés n'eurent rien à répondre, sinon que cela dépassant leurs pouvoirs, ils devaient en référer à leurs commettants. Viole leur réitéra sa demande avec une égale insistance, mais sans rien obtenir.
Le syndic Renson reprit la plume et le lundi, 8 janvier 1657, il envoya un exprès porteur de son rapport au doyen de la Faculté des Arts à Louvain. Ces deux ou trois élèves ajoutés au nombre étaient, à l'en croire, de peu d'importance ; mais il craignait que, forts de cette concession, les Jésuites n'en vinssent à disputer sur l'acte de nonpréjudice.
Le mardi, 9 janvier, se tenait à l'université la quatrième réunion extraordinaire. Pour toute conclusion, les membres, en nombre plus considérable, répondirent aux députés de travailler de leur mieux et de s'employer à faire souscrire l'acte rédigé par eux.
Mais avant d'être couvert des signatures des deux parties, ce fameux acte de non-préjudice devait faire couler encore beaucoup d'encre.
Le 13 janvier 1657, Viole rapporte à Renson que l'acte voyage. On expédie la pièce d'Anvers à Louvain, chez le P. provincial Dekens. Le 16, Renson, toujours à Bruxelles et fatigué de ces lenteurs, soupire, dans une lettre au doyen de sa Faculté, la plainte désespérée de Job : Tadet animant nuam vitct mea. Il va rester seul ; le pensionnaire de la ville, Jean l'Hoste, veut absolument repartir pour Louvain. Bientôt la question du non-préjudice se complique de celle des privilèges de la Compagnie de Jésus, et la question de Louvain de celle de Liège. Renson n'hésite