‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 110 sur 181 · I. /M(/., fol · texte numérisé non relu

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Le grand Coudé. 13

194 HHNRYJUJLES D£ BOURBON.

pas à reprendre le chemin d'Anvers pour voir les choses de plus près. Il s est fait munir de la lettre suivante de Condé, écrite au P. delà Falluère :.

Mon Révétend Père,

Ayant attendu jusques à ceste heure la response de V^' Provincial et ces Messieurs les députés de TUniv'*^ qui sont ici voyant qu'elle ne vient pas se sont impatientés et ont résolu que l'un d'eux irait en Anvers pour la solliciter auprès de vous. Il est vrai que les Provinces d'ici m sont pas sy éloignées pour estre si longtemps à sçavoir la résolution du dict Père Provincial. Je vous prie de presser sa response autant que vous pourrés. £n cas qu'elle soit conforme à la demande de l'Université, il n'y aura qu'à donner la déclaration que je vous ai envoyée. Sinon faicte en sçavoir promptement le refus aflfin que ces Messieurs se pourvoient comme bon leur semblera. Je demeure,

Mon Révérend Père,

V"^« très affectionné

Louis de Bourbon ".

De Bruxelles, le iq**^ de janvier 1657

Adresse :

Au Révérend Père de la Falluère, de la Compagnie de Jésus, Précepteur de mon filz Monsg' le Duc d'Anguien, à Anvers.

Sur ces entrefaites un page est dépêché à Renson par le Prince qui l'avertit de ne pas se rendre à Anvers ; on vient en effet de recevoir l'acte. Mais quel acte ! Renson y voit un acte de préjudice plutôt que de non-préj'udice et il amène la députation de Louvain à partager son avis.

L'affaire entre alors dans une nouvelle phase.

Les Jésuites l'évoquent devant la plus haute autorité administrative des Pays-Bas, le Conseil privé, un peu comme leurs confrères de France interjetaient appel des arrêts du Parlement devant le Conseil du roi. Ils adressent une supplique à Don Juan d'Autriche *.

Au bas figurait la pièce incriminée : cet arrêt de l'université signifié aux Pères d'Anvers par exploit d'huissier. Plus bas encore se lisait une demande indiquant nettement le plan que s'étaient tracé- les Jésuites. Au cas où la communication de leur supplique serait faite à leurs adversaires, ce qu'ils ne pensaient pas, les parties étant d'accord sur le principe, ils suppliaient qu'il fût permis aux écoliers, par provision^ de continuer à fréquenter le collège « sans être importunés >.

Le Conseil privé leur donna à la fois tort et raison. Par son décret, il n'admit point que la procédure fût secrète et il ordonna que tout le dossier serait communiqué «tant à ceux de l'Université que du Magistrat de Louvain, pour dire ce qu'ils trouveront convenir. >

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