‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 118 sur 181 · I . Mss, de Lenet ^ t. XX, fol · texte numérisé non relu

I . Mss, de Lenet ^ t. XX, fol

popularité. Dans presque toutes les villes ou villages, il existait une société de tireurs à Tare {handboge) dont il était patron. Saint Sébastien, malgré les flèches de son martyre, ne le fut que plus tard et resta au second rang.

La confrérie ou gilde des Archers de Bruxelles se distinguait entre toutes ces associations par la qualité de ses membres. Les plus grands seigneurs, avec cette familiarité noble qui plaisait tant au peuple flamand, y coudoyaient les bourgeois et les artisans \ Archiducs et archiduchesses s'étaient fait souvent une gloire d'abattre l'oiseau. Condé, qui avait daigné l'année précédente se laisser nommer prévôt, semblait n'avoir relevé de maladie que pour venir déposer sa dignité temporaire au milieu de solennités religieuses et de plantureux banquets. Les Relations véritables consignèrent ce fait, plus important sans doute aux yeux des masses qu'un combat gagné ou perdu à la frontière.

Jeudi, jour de saint Antoine, S. A. de Condé, qui avoit accepté il y aun an le bâton

de la ( "onfrérie des principaux Cavaliers de cette Cour, en l'Église des PP. Augustios, nonobstant la foiblesse qui lui reste encore de sa maladie, fît l'honneur à ces Cavaliers de se trouver avec eux à la Messe solennelle, qui fut chantée en ladite Eglise suivant la coutume. Après quoi ce Grand Prince leur fît un festin Roial, dont la magnificence et les merveilles niériteroient un récit particulier. Hier le Duc d'Anguien, fîls de Sadite A, assista à la Messe célébrée dans la même Eglise pour les Trépassez de la Confrérie'.

M. le Duc n'avait pas assisté seulement à la messe de Requiem ; il est probable qu'il prit une part active aux concours et aux exercices. Ces jeux populaires le charmèrent tellement que, vingt ans plus tard, rentré dès longtemps en France et depuis dix ans gouverneur de Bourgogne» à la grande admiration du P. Bergier et sans doute à la grande joie des arbalétriers de Dijon, <L il alla (les) voir tirer Toyseau (et) tira luy-mesme un coup ^ > D'abord il va nous apprendre qu'à Gand il s'assit à la table de la gilde ; mais il dut se trouver un peu égaré parmi ces convives d'une autre gaîté que la sienne ; les vers de Marigny le charmaient plus que les chansons à boire. Rentré au collège, il répondit enfin aux fameuses Estreines.

D* Anvers, le 3* février 1658.

Les vers que vous m*avés envoyés m*ont esté si aggréables et je les ay trouvés si bien faicts, que je ne me suis peu lasser de les lire, et j'ai souhaitté plus de veint fois que la muse qui les a composés soit auprès de moy. Je vous asseure que si je la tenois, je ne la laisserois pas aller à si bon .marché, et je luy en ferois faire bien d'autres pour sa rançon. Comme j'ai esté à Bruxelles au festin de la Sainct-Antoine, je les ay montrés à Monsieur

1. Notice histortque sur les anciens sermens ou gildes d^ arbalétriers^ d^ archers, d^arquebusiers et d^escnmeurs de Bruxelles^ par A. Wauters. Bruxelles, 1849, p. 21 et 22, note 11. — UOmmeganck de Bruxelles en \t)\r^, d\iprh les tableaux de Denis Van Alsloot^ par V^. Baesten, S.J., p. 9 et 81.

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