‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 119 sur 181 · Relations véritables^ 13 jan\ier · texte numérisé non relu

Relations véritables^ 13 jan\ier

3. Bergier à M. le Piince, Dijon, 17 août 1679. — Papiers de Condê^ série P, t. 74, fol. 103.

mon Père, et je vous puis asseurer qu'il a esté bien aise de les voir, et qu'il les a trouvés les plus jolis du monde, et les plus spirituels ; je vous suis bien obligé d'avoir voulu prendre la peyne de me donner un si aggréable divertissement. Je vous en remercie de tout mon cœur, et vous asseure que je suis tout à vous.

Henry- Louis de BouRBpN \

Marigny n'avait garde de quitter Francfort. La diète qui avait à élire Léopold I^r en remplacement de Ferdinand III, s'éternisait à l'habitude ; mais elle rentrait dans sa période active. Les électeurs y étaient arrivés du 19 mars au i®^ mai. Achetés par l'or de la France, ils se préparèrent à imposer au futur empereur une capitulation lui interdisant de prêter aucun secours aux Espagnols. Durant ces négociations, aucun des Allemands ni des étrangers présents ne souhaitait la fin d'une saison passée en partie double : affaires et plaisirs. A Anvers, M. le Duc voyait s'approcher la fin de sa deuxième année de philosophie, o\i physique, et au mois de mai, il toucha à la dernière épreuve : le de Universa philosophia.

Toutes ces solennités littéraires ont le tort de se ressembler, en sorte que leur récit tourne vite au cliché. Pour esquiver le péril, les Lettres annuelles se contentent de rapporter que M. le Duc passa ce second examen avec la même pompe et le même succès que celui de l'année précédente, son Sérénissime père étant encore présent '. Sanderus au contraire, n'ayant point raconté le premier, entre dans les détails pour le deuxième. On voit dans sa description le Prince âgé de bientôt quinze ans, mais d'yn talent et d'une maturité de jugement au dessus de la jeunesse, qui seul soutient avec un rare bonheur et une complète satisfaction des thèses sur l'ensemble de la philosophie. Condé est là, au milieu de la plus grande partie de la cour et de ses principaux seigneurs ; la satisfaction se traduit en applaudissements. Le prélat de Saint- Michel

Îr met fin, et, pour couronnement de la séance, il émet le vœu que dans a poussière, non des académies mais des batailles, le Sérénissime Prince, son père, défende avec un égal succès les places de la Belgique. Condé applaudit à ces paroles dont il accepte l'augure, et répond que c'est bien là son espérance, que là aussi tendront ses efforts ^

Marîgny, à la diète \ prît les choses moins au sérieux. Dans l'inter-

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