‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 123 sur 181 · JJiitoire dt Bruxelles, par II ce · texte numérisé non relu

JJiitoire dt Bruxelles, par II ce

t VVauIeis, 1845, 1. Il, p. 79.

demeure îcy, nous ferons tout ce qu'il nous sera possible pour empescher qu'elle ne s'y ennuie \ >

Saint-Estienne, gai compagnon et fin gourmet, ne dut pas engendrer mélancolie autour du petit Prince, < Je me contente, écrit-il quatre jours après, de faire ma cour règlement à Monseigneur vostre fils, et de manger les potages de M. le président Viole *, avec mille autres ragoûts qui sont les plus fins et les plus délicats du monde \ >

Ces badinages n'empêchaient pas la frayeur de persister parmi les habitants. Elle dura même après la retraite de Turenne, tant l'impression en avait été profonde \ Une fois les troupes dans leurs quartiers d*hiver, on se rasséréna enfin et la ville reprit sa physionomie ordinaire.

Janvier (1659) revit Leurs Altesses de Condé et d'Enghien assister à la messe de la Saint- Antoine, célébrée par le Nonce, puis au < superbe et magnifique festin > donné par Caracena, prieur de la confrérie des € cavalliers principaux \ >

La danse succédant en ces occasions au repas, M. le Prince songea-t-il à cet art pour son fils ? Toutes ses préoccupations ne parurent plus viser qu'à en faire à son image un élégant danseur et aussi un parfait écuyer. Dans ses dépêches à l'ancien précepteur de Henry- Jules à Bordeaux, le comte d'Auteuil, il revient sans cesse sur ce chapitre. Avant tout, il s'agissait de faire venir de France des maîtres excellents.

Vous direz de ma part à Monsieur de Longueville que mon fîlz estant creû et assez fort pour monter à cheval, j'ay désiré d'avoir auprès de luy M. de Mémont à qui on a desjà parlé et il est disposé à venir, dont je suis fort ayse : ne doublant pas que ce ne soit un avantage de l'avoir auprès de mon fils. Personne ne peut parvenir ici sans passeport du Roy, ou la permission de la Cour, de la forme qu'on jugera à propos de la donner, pour luy, ses valetz et un maistre à danser que je l'ay aussi prié de mener avec luy ^

C'est pour Pâques (13 avril) que M. le Prince prétend que M. de Mémont soit à Bruxelles. Avec quelle impatience il l'attend et quelles recommandations réitérées de faire tenir au futur maître d'équitation passeport en règle et argent ! Auteuil s'efforçait de tout préparer à temps, mais M. de Mémont ne se montrait pas aussi pressé. Condé ne compte déjà plus sur lui que € quelques jours après Pasques, puisqu'il ne peut pas plustost ; mais il est nécessaire que il y soit pour le moins en ce temps-là, car on partira bien tost après pour la campaîgne (l'armée) et je veux auparavant veoir mon filz reiglé pour ses exercices, et mettre,

1. Papiers de Condé, Saint-Estienne à M. le Prince. Biuxelles, 9 septembre 1658. Saint- Estienne est ce gentilhomme qui avait livré à Condé Linchamp et Château- Regnault pour 10,000 écus ; il fut toujours un peu négociateur d'affaires véreuses. Histoires des princes de Condé^ par Mgr le duc d'Aumale, t. V, p. 277.

2. Le correspondant de Condé, lors de sa détention au donjon de Vincennes ; un des meilleurs conseillers et serviteurs de sa maison ; il avait suivi le prince en exil. (Voir plus haut sa notice.)

3. Papiers de Condé, Saint-Estienne à M. le Prince. Bruxelles, 18 septembre 1658.

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