‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 124 sur 181 · Papiers de Condé^ série P, t. XX, iol · texte numérisé non relu

Papiers de Condé^ série P, t. XX, iol

212 HKVlRrr-JXJLXS DE BOURBON.

avant partir, toutes choses en train pour son éducation et la manière dont je désire qu'il vive.... Pour ce qui est du maistre à danser, il faut absolument en trouver un qui soit bon et qui ne manque pas de venir avec M. de Mémont, car si ntonfilz rCapprendpas à danser à l'âge où il est, il ne le sçaura jamais. Je vous recommande cela sur toutes choses. M. de Mémont meinera les chevaux qu'il jugera à propos \ >

Ni pour les maîtres, ni pour l'écurie, Condé ne regardait à Targent Il envoie mille pistoles '. C'est le prix de trois chevaux, dont < un petit cheval pour courir la bague. > M. de Mémont doit les acheter sans inquiétude ; tout lui sera ponctuellement rendu. Si c'est sa femme qui le retient, qu'elle vienne avec lui. 4L Mad« de Mesmont ne doibt pas se mettre en peine pour des meubles, on donnera icy ordre à tout.. Pour le maistre à danser, vous pouvez l'asseurer qu'il aura comme il demande un employ dans la maison. Son Altesse (Condé) ne se souvient pas de celui qui est nommé dans votre lettre ^ Elle prie M. de Mesmont et vous aussi que celuy qu'il mènera soit une personne capable, car vous sçavez bien que les premières impressions qu'on prend à la danse demeurent toujours. »

Cependant Pâques va arriver ; l'on est au 5 avril et ni le maître d'équitation M. de Mémont, ni le maître à danser Farot n'ont l'air de répondre à des instances si généreuses et si engageantes. Avril avance. 4[ Que M. de Mémont ne manque pas de partir, comme il a promis, le premier du mois prochain. Je vous le recommande, escrivez moy par où il désire passer, affin que je luy envoyé ses passeports. N'oubliez pas le maistre à danser ^ »

Il est vrai que les mille pistoles n'ont toujours pas été versées et que M. de Mémont préfère sans doute le comptant aux promesses ; puis la guerre est sur le point de se terminer ; depuis février on est entré à Paris dans la voie des négociations. Pîmentel discute avec Mazarin les cessions de territoire auxquelles se résignera l'Espagne. Que Mémont vienne quand même, écrit Condé ; « si la paix se fait, nous le ramènerons 5. ^ Et il envoie les passeports. Cependant M. le Prince ne sait oïl arrêter avec certitude ses espérances, et, tantôt confiant dans la pacification générale, tantôt se reprenant à de chimériques projets de guerre, il répète huit jours après : « Si la paix se fait ; nous le ramènerons et les mille pistoles ne seront pas perdues. La campaigne aproche et je veux absolument le veoir establi de par deçà et toutes choses en train avant que je parte. Pour cela, il n'y a plus de temps à perdre et je vous en prie de le faire partir *. »

Au moment où tout semblait ainsi arrangé, Condé éprouva la plus

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