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5. MisMre de Bruxelles^ par Henné et Wauters, 1845, t* I^i P* Si . 4. Relations véritables et Gazette de France^ 5 mars 1659.
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Cara/c^:!», vxioewsrjr d-s: D<w Juan \ îm arak ofiert, en prcscat. hiat l/^^jx chî^;^ frt un mignîfiq-JÇ cairoMe à rîtrcs. de fabricaiicn bfiixeDoîse, t^l q<>t Pari* n'<:n avait encore vu *.
4r 5y>n Aluttvi: dt Condé partît dld. lît-oo dans les Relafims t^riiabUs, ^,n%\uiiïï à f f heures <3u matin avec Madame la Princesse son épouse, et Mon'>ieijr h Duc d'Anguien son fils, et toutes leurs suites, aiant été a/yy>mpagné, au bruit du canon des remparts, par son Exe le Marquis Ak Caracena ^t tous les seigneurs principaux de la Cour, jusques hors de la ville, Sadîte A- alla coucher ce jour-la à Nivelle d'où Ella poursuivi «on chemin par Maubeuge et Vervins vers la Champagne \ >
Av#:c le duc d'Enghien se trouvaient ses deux précepteurs, les Pères de la l'alluère et Bergîer \
f.e 3 janvier 1660, Condé et son fils étaient à Soissons ; ils ne vo jlurent r^:cevoîr aucun des honneurs qui leur avaient été préparés. Le 5, î!» rencontraient à Coulommîers toute la famille de Longueville venue de la capitale au-devant d'eux. Madame la Princesse, séparée de son mari, mai» inséparable de M"« de Bourbon, l'enfant de l'exil ', avait voyagé à une journée d'intervalle, suivie de quarante carrosses. \a\ départ de Coulommîers fut le signal d'une nouvelle dispersion. Le 10, le prince de Condé .se mit en route pour aller en Cour; la princesse, fK)ur «e rendre à Trie. Le duc d'Enghien était déjà à Augerville, dans le château du président Perrault. Puis, vers la fin de février, l'enfant se nurouva avec son père dans le beau domaine de Saint- Maur, aux portes de ce Paris où il était né, seize ans passés, et qui était pour lui deux fois lîi patrie.
La rentrée de Condé dans la capitale eut lieu peu de jours après (25 février). Il fut < receu de tous les ordres avec beaucoup de joye, qui s'^Ht trouvée encor grandement accreue par le récit qu'il a fait des bontez nue Leurs Majcstez lui ont tesmoignées en son voyage de la Cour, et (leH marques qu'il y a recelles de l'amitié de Son Emînence *. >
A Kome, oîi depuis tant d'années les Papes avaient fait d'inutiles
I. Sur Curiirena, v. la lUopraphU nationale de Belgique^ t. III, col. 297. j. llîstohfth lirHxtiieSy loc. cit. La date du départ y est mise par erreur au 28 au lieu du 30 diVrinhie.
y Mationt Vt'ntabUx^ '\ janvier 1660.
4. < Proferti erunt (sg dér. 165Q) ex Helgio ad provinciam Franciae. > Catalogues,
5. Cette petite meur du duc d'Kn^^hien, qui ne semblait née à Malines (1657) que pour y être annorii^e h la malheureuse foi tune de sa mère» devait à peine connattre la France et elle n'y entra Ku^l^ ({urpoury mourir, f I.e 28 septembre, lit-on dans la Gazette du 2 octobre 1660, mourut Xk \\\\\^\ Mrtdenuùselle de Uouibon, Fille unique du Prince de Condé, âgée seulement de 4 ans : et le lendemain »on coiivi fut porté au Couvent des Carmélites du Faux-bourg S. Jacques, et inhum«< aupièxde relui de la Pi incesse de Condé, sa Grand'Mère, en présence du Prince de iVnti, de«dui'hr!«Nf<i de Longueville et de Nemours, et d'autres Princesses et Dames qui se liou\^iei>t .\ KtWt \\\\\\^ lunebre : où TAichevesque de Bourges 6tla cérémonie. Lejourmesme rt Itc^ ikuivAns t\nite la Cour alla consoler le Prince et la Princesse de Condé : le Roy, les Reynes «^t Mon>irui leur AY4ns fait, aussi, l'honneur de leur aller tesmoigner la part qu'ils prenoyent ca \Ttte peite. > Fin piifmatuiée et touchante, mais douce en comparaison des longs malhetirs qui AttrndAirnt na mère I
(V (*\i.v/Ar, 4$ tVivner locx^. Voir, pour l'itinéraire de la rentrée en France^ les mnoéros pi^'«tlem«.
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efforts pour ramener la paix entre les princes chrétiens, l'allégresse fut
plus profonde et plus sincère encore. La Compagnie de Jésus, fidèle à
Condé et à son fils en leurs jours de malheur, prit la part la plus vive au
retour de leur bonne fortune. Tandis que ses vieux professeurs de
Bourges lui écrivaient, le P. Ragueneau, du fond du Canada, pour lui i^ ^ ^^
demander un régiment ; le P. Boucher, de Rome, où il venait d'être ^'>^
envoyé en qualité d'assistant de France : le P. général Gottîfredi, se '^
faisant l'interprète de son Ordre, adressait à M. le Prince une lettre de
félicitations pour resserrer avec lui cette chaîne de mutuelle reconnais- \
sance et d'affection réciproque qui, depuis Henri II de Bourbon-Condé,
avait uni les religieux éducateurs aux Princes leurs élèves.
Elève des Jésuites, M. le Duc l'était encore, mais le lien était bieA| frêle et tout personnel. Attachés en titre à sa personne, les Pères Bergîer et de La Falluère, bien que demeurant au collège de Clermont, — le futur Louis-le-Grand, — lui rendirent encore pendant une année des services dont nous ne saurions bien préciser la nature '.
Une seule lettre du P. Bergier nous montre M. le Duc dans la célSIiH^ maison d'éducation qui, un jour, comptera son fils parmi ses écoliers les plus distingués. Elle est datée de deux ans plus tard. Le jeune Prince y figure comme assistant à une soutenance qui fit grand tapage à l'époque. C'étaient les thèses sur toute la philosophie de Chrétien-François de Lamoignon, fils atné du premier président Guillaume. Cette lettre appartient encore à l'histoire de l'éducation du duc d'Enghien par les qualités de politesse et de modestie, de savoir et de bon ton qu'elle révèle dans X^XiÇA^n philosophe d'Anvers. Son action se réduit, il est vrai, à une action de présence, et ce n'est plus le grand Condé son père, impatient de se jeter dans la mêlée pour poser des objections à Jacques- Bénigne Bossuet, défendant sa tentative de Navarre.
A Paris, ce 15 juin 1663.
Je crois que Vostre A. S. apprit en partant pour Chantilly que Mons^^ de Lamoîgnon, fils aisné de Monsieur le premier président, devoit soutenir en ce collège des thèses de philosophie et de mathématique hier et aujourd'huy. La compagnie qui y a esté aussy grande qu'elle pouvoit estre surtout de gens de la robbe, a donné mil louanges au répondant et certainement avec sujet, car enfin il a parfaitement bien répondu. Il doit pourtant tout ' le succès de sa dispute à S. A. S. Monseig** le Duc. Mons*^ le premier président, et tous les assistants le disent hautement, et V. A. S. elle même en tombera d'accord quand je luy auray dit de quelle manière la dispute se passa. Elle commença hier sur les trois heures. Je ne sçay en quelle humeur étoit Monsieur de Lamoignon, mais sa façon de répondre un peu froide ne donnoit pas sujet aux auditeurs de se récrier sur les réponces. Cette humeur luy dura jusques à quatre heures qu'arriva Monseigneur le Dur. La joie qu'il eut de voir ses disputes honorées de la présence d'un si grand prince et si capable de juger de sa capacité luy donna du cœur, et fît qu'aiant jusques alors paru comme un honneste escholier, il répondit ensuitte comme un maistre. On avoit commencé un argument quand Monseig^ le
I. € Ad 1660-61 sunt uterque in collegio Parisiensi cum Illustr"^ duce d'Enguien. > Catalogues,
Duc entra. Mons^ de Lamoignon reprit rargument et en fit une petite récapitulation de fort bonne grâce. Il répondit à toutes les difficultés qu'on luy proposa par après avec une présence d'esprit et une vivacité admirable. Toute la compagnie s'aperçut d'un changement si notable et disoit : Ce répondant est tout autre depuis que Mons' le Duc est entré. Mons** le premier président ravi du succès de la dispute de son fils ne pouvoit se lasser de répéter après qu'elle fut finie, en présence de plusieurs personnes : € Je ne saurois assé» reconnêtre l'obligation que j'ay à Mons*^ le Duc et pour l'honneur qu'il a bien voulu me faire d'entendre mon fils plus d'une heure, et j>our l'esprit qu'il lui a inspiré, par ta présence. Sans luy mon fils n'eût fait que médiocrement, et c'est à luy uniquement qu'il est redevable de toute la gloire qu'il remporta de cette action. Il ajoutoit que Monseîg' le Duc lui avoit dit les choses du monde les plus obligeantes pendant la dispute et en sortant J'entendis celles que Monseig** le Duc dit au premier président qui le conduisoit à son carrosse, mais en vérité elles avoient quelque chose de bien doux, de bien obligeant et de bien spirituel. En même temps que j'entendois prononcer de si belles choses et de si belle manière à Monseigneur le Duc, j'entendois des présidens au mortier, des cons^ au parlement et autres personnes de considération qui disoient : Il faut avouer que Mons*^ le Duc fait de bonne grâce ce qu'il faut faire et dit bien ce qu'il faut dire. En effet» Monseigneur, il fit tout ce qu'il falhit et le fit du plus bel air du monde ; fa été le sentiment universel de tous ceux qui y ont été prèsens '. >
Ici se place le récit d'un incident tumultueux soulevé par le comte de Saînt-Pol. Ce jeune seigneur, d'humeur un peu folle, fils de feu le duc de Longueville * et cousin de M. le Duc, s'était constitué premier occupant du fauteuil d*honneur réservé à celui-ci, avec € le tableau du Roy, sous un dais, vis-à-vis du répondant >. De là toute une querelle de préséance. Offusqués de ce prétendu passe-droit, le président de Lamoignon et le chancelier d'Etat crurent devoir intervenir. La scène était donnée en plein milieu des présidents à mortier et des conseillers au parlement, sous les regards de ^ quantité de dames > qui garnissaient le jubé du haut, à côté de MM. Le Tellier et Colbert, — un vrai banc ministériel !
Le lendemain, 15 juin, ce fut le tour des thèses de mathématiques \
La dispute d'aujourd'huy, continue le P. Bergier, n'a pas moins bien réussi que celle d'hier qui ne fut que de philosophie. La compagnie n'a pas été tout à fait si grande. Monseig" le Duc avoit fait espérer qu'il y assisteroit, mais il n'y est point venu ; il âut que quelque affaire qui lui soit survenue l'en ait empesché.
Bien lui en prit, ainsi qu'au comte de Saint- Pol, lequel avait également < jugé à propos de n'y point venir et de s'aller promener >.
Ce fut la séance la plus dangereuse. Entêté dans son gallicanisme parlementaire comme les régents du collège dans le système de Ptoléméet le premier président trouvait bon que son fils combattît le système de Copernic, mais point qu'il lattaquât au nom de l'Inquisition romaine»
1. Bergier à M. le Prince, Paris, 15 juin 1663. Papiers de Condé^ Série P, t. 29, fol. 133.