Uttera principum, A. O
AVANT LE COLI-tGE. 231
L'enfant dont la venue au monde avait coïncidé avec la rentrée de Taïeul dans sa glorieuse carrière, ne sera pas Théritier de son nom illustré une fois de plus par les armes. Louis de Bourbon ne vécut que trois ans. Il mourut en 1670.
Mais Tannée même de la réduction de la Franche-Comté, le 1 1 octobre 1668, un second petit- fils était né à M. le Prince, suivant de près le premier. Ce cadet de la maison de Condé fut accueilli avec les mêmes honneurs que son frère aîné. Leurs Majestés expédièrent à Paris un gentilhomme ordinaire de la maison du roi pour faire de leur part € les complimens au Prince de Condé et à la Duchesse d'Engiiyen ; le Duc son Epous, qui estoit lors à Chambort, ayant aussi reçeu ceux de toute la Cour, » quî s'y trouvait pour les chasses d'automne \ De retour en sa capitale, Louis XIV fit comme Tannée précédente visite à la Duchesse (11 novembre').
L'enfant avait reçu, avant la solennité du baptême remise à plus tard, le nom de Louis. Il était le troisième de sa race à le porter. Son titre, après la mort de son frère aîné, fut le titre ducal de Bourbon, Enghien restant à son père et Condé à son grand-père.
Dans le présent récit de Téducation de Louis III de Bourbon, nous éviterons d'intervenir au milieu de Texposé des faits et laisserons volontiers la parole à ses maîtres, trop heureux de surprendre, au jour le jour, ces fidèles témoins dans Tîntimité de leurs rapports épistolaires avec M. le Prince. Le fil à relier ces documents sera de préférence Tordre chronologique. Les dates à coordonner sont si nombreuses que Tembarras, pour ne point s'y perdre, était d'établir avec certitude les points de repère. En nous aidant d'obligeantes communications, ainsi qu'en rapprochant les unes des autres des pièces d'origine diverse et de nature indépendante, nous osons espérer ne pas avoir commis trop de confusion. Après \t Journal à\x médecin Héroard sur le dauphin Louis XI II, nous ne pensons pas qu'aucune part ailleurs il existe une source analogue d'informations aussi abondante au dix-septième siècle.
Durant les premières années, les nouvelles demeurent rares et insignifiantes.
Aux vacances de 1671, le duc de Bourbon va avoir trois ans. Le P. Bergier écrit de Chantilly à Condé, absent, qu'il « se fait tous les jours pour le corps et pour l'esprit ^ >. En mai 1674, il a cinq ans. Condé est à l'armée de Flandre, commençant contre le prince d'Orange la campagne couronnée par la victoire deSenef^ Le duc d'Enghien va rejoindre son père, en compagnie du Père Bergier, qui le suit dans tous ses voyages, même à la guerre. Avant de se rendre à Soissons et à Laon, ils s'arrêtent quelques jours à Chantilly. De là Bergier écrit à