‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 139 sur 181 · Gazeiff^ 1676, p · texte numérisé non relu

Gazeiff^ 1676, p

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E collège de Clermont ressemblait peu à cette époque aux internats modernes. Les pensionnaires, qui dépassaient en 1673 le chiffre de trois cents ', n'étaient pas groupés par divisions, mais par classes. Chaque classe formait une ou deux chambres communes, surveillées par un Jésuite. Un grand nrfhibre d'écoliers logeaient et travaillaient en chambre privée, surtout les frères et les parents. Vivaient aussi à l'intérieur de l'établissement les préfets ou surveillants particuliers qui appartenaient à la Compagnie ; c'étaient généralement de jeunes religieux se livrant en même temps à leurs études de théologie, un scolasticat faisant partie du collège. Les enfants de qualité amenaient avec eux de préférence leur précepteur ou leur gouverneur, et même leur page ou leur valet de chambre. Pour trois cent dix pensionnaires, nous voyons figurer, sur une liste authentique de noms, cent cinquante-quatre personnes de service ou domestiques, soit : une par deux élèves.

Tout ce monde vivait entassé dans les quatre étages des bâtiments composant la < grande cour des classes >, ou cour d'honneur carrée, qui achève de tomber sous la pioche de la démolition. Les trots pavillons, dont deux encore debout et le troisième, celui de la rue Saint- Jacques, abattu, comptaient deux étages de plus. Outre les chambres communes et particulières, on avait encore trouvé place pour la grande et la petite congrégation, ainsi que pour le quartier spécial des théologiens '.

Les classes occupaient le rez-de-chaussée.

Le plus grand esprit de famille devait régner en ce milieu resserré où

I. Recueil Rytieytèle. Pièce 109 bit. Catalogui cortvic/ontm eolUgii Claromantani, S./., menst fanuaria, anno 1673.

1. Jbid. Mémeirii det chambret dit pemipHnairet du colUge dt Cltrmonl.

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précepteurs et écoliers, religieux et étrangers, vivaient presque oâte à côte, les salles les plus diverses étant contiguës, et les préfets ayant pour mission, moins de surveiller les pensionnaires que de les < aider dans leurs études ' >. Le règlement, en s'imposant à l'observation de tous, achevait la fusion de ces éléments distincts, et laissait subsister dans l'harmonieuse unité de Tordre extérieur une variété intérieure de personnel et d'organisation que le r^me contemporain ne connaît plus.

Les externes, en nombre double des pensionnaires, demeuraient dans leurs familles, ou louaient. un appartement pour eux et leurs gens, gouverneurs, précepteurs et valets.

Le duc de Bourbon occupait un hôtel entier : le Petit- Luxembourg. Situé non loin du collège de Clermont, et à peine séparé, par la rue de Vaugirard, de l'hôtel de Condé, qui appartenait à M. le Prince, mais était habité le plus souvent par le duc et la duchesse d'Enghien, le Petit- Luxembourg offrait à l'enfant l'avantage de la proximité de ses parents^ tout en le tenant à distance des distractions perpétuelles» inséfoiabfes de leur vie mondaine et de leur train.

Ce palais en miniature ne comptait pas alors cinquante d'existence. Bâti, en 1629, par Marie de Médicis, et cédé pv cardinal de Richelieu à un titre resté obscur, il joignait du c&(£ de le Grand- Luxembourg, habité par Mademoiselle, et vers Touest le monastère des Filles du Calvaire, autre fondation de la magnifique et pieuse reine '. Après Richelieu, il passa à sa nièce, la célèbre bienfaitrice des œuvres de charité et des missions, Marie de Wignerod, duchesse d'Aiguillon, morte en cet hôtel le 17 avril 1675 \ Déjà le 2 mai de Tannée précédente (1674), ^"^ transaction intervenue entre le duc de Richelieu et le duc d'Enghien revendiquant les droits de sa mère, Claire- Clémence de Maillé, avait assuré à ce dernier la prise éventuelle de possession, moyennant la somme de cent mille livres \ Elle eut lieu le 5 janvier 1676, et Gourville, l'intendant de la maison de Condé, s'occupa bientôt de disposer le Petit- Luxembourg pour ses nouveaux hôtes. < L'on commencera dès aujourd'huy, écrit-il le 30 octobre 1676, à (le) meubler, et je croy qu'il sera prest demain ; ainsy Mgr le duc de Bourbon pourra revenir après cela quand il luy plaira ; mais affin que je sois asseuré que rien ne manquera, j'iray visiter la maison demain... ' >

Le duc de Bourbon s'y installa au mieux. Il n'en sortit guère que deux fois dans toute la durée de ses études, en juin 1679, puis d'octobre

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