Gourville à Condé. Paris, 30 octobre 1676. P. C
olr9^ j^'^vici' 1680, où il laissa temporairemeat la place à sa tante, la duchesse de Hanovre '. Il logea alors avec sa suite dans l'hôtel
Ancien collège de Clkrmont jusqu'en 16S2.
(D'après* nne photographie de Pierre Petit avant la démolition actuelle.}
ii'Entragues, rue de Tournon, loué pour la circonstance '.
1. LadcuxiiimescELjrde la duchesse d'Enghien, BitiMiae-HeniieHe-Philippe, née le 15 juillet 1651, inAiiée le 25 septembre 166S k Jean-FnfUfiic de Brunswick, duc de Hanovre. Elle mourut en Fnuicc le 12 août 1730.
2. La duchesse d'Enghien, bien que demeurant à l'Iiôtel de Condé, ne s'interdisait pas lout séjour au PclitLuiembourg. Le î6 juin t679, elU y reijut l'ambassadrice d'Espagne. Le duc de fiourbi»! y rentra le lendemain. Du Rosd à Condé. Par», 36 juin 1679 : Alleaumc et Bcfgier
|iiaémc, 37 juin; Uergieri Coudé, S janvier i58o ; Du Rose! au même, s? janvier. P. C.
Sa maison était constituée. Outre les deux précepteurs jésuites attachés à sa personne depuis 1675, et qui de longtemps ne devaient se séparer de lui, le personnel affecté à son service est ainsi composé, et, disons-le tout d'abord, rémunéré. Après les PP. Alleaume et du Rosel, recevant invariablement, sauf gratification exceptionnelle, chacun trois cents livres par an, soit vingt-cinq livres par mois, il y a deux laïques faisant fonctions de gouverneurs, chacun aux gages supérieurs de quinze cents livres : ce sont MM. Deschamps et Le Bouchet. Après eux figure un maître à danser, le sieur Chicaneau, à raison de cinq cents livres, et un sieur Lecomte, maître écrivain, à quatre cents ; enfin, un contrôleur, nommé Davon, à trois cent trente, et divers officiers subalternes, tous à cent cinquante livres, savoir : les deux valets de chambre Lapierre et Prieur, le pannetier et fruitier Damien Cabardos, et Técuyer de cuisine Gaillard. Au total : onze gagistes. Ce personnel changera peu, soit comme nombre, soie comme composition, jusqu'aux vacances de 1684 '.
Du Petit- Luxembourg, le duc de Bourbon se rendait deux fois le jour, par des rues quelquefois impraticables, au collège de Clermont \ Là, il avait sa chambre, meublée à ses frais comme celle des autres pensionnaires et pour laquelle on n'avait pas reculé devant la dépense, non plus que pour sa € chaise » en classe \ Ces frais, réunis à d autres, s'élevèrent à deux cent seize louis d'or, soit deux mille trois cent soixante-seize livres ^. Somme considérable et qui répond aux habitudes de faste que les grandes familles, à l'imitation de la cour, avaient introduites en leurs hôtels comme en leurs châteaux. Certaines années on faisait pour trois, quatre et cinq cents livres d'ouvrages de marbre, de peintures et dorures, dans les appartements du duc de Bourbon au Petit- Luxembourg K Là il était chez lui, mais au collège de Clermont, il y avait un recteur qui, en
1. Dans les Comptes lU P année 1676 (pour Tannée 1675), les plus anciens que Ton conserve aax Archives de Condé, le duc de Bourbon a encore une € berceuse >, Magdeleine Girost, et, pour femme de Chambre, une demoiselle de Sainte* Marie. Fol. 252, n** 1004 et 1009. — Comptes des années 1676 i6y7^passitn, — Pour la gratification, voir les Comptes de 1678, fol. 224, n^ 803, 225, n* 804.
2. Alleaume à Condé. Paris, 27 février, P. C, t. LXXII, f. 53; M. Allairc, en son volumineux ouvrage La Bruyère dam la maison de Condé^ t. I, p. 88, a commis l'erreur capitale de faire du duc de Bourbon un < élève interne > du collège de Clermont, qui serait devenu externe seulement en 1681 {ibid.^ p. 95) ; nous croyons qu'il le fut toujours.
3. Le P. Talon appelle en plaisantant cette < chaise > ou chaire € un petit trône >. Talon à Condé, 27 avril 1680. On sait quelle importance la question du siège avait au .dix-septième siècle à la cour, au parlement et à l'église. Le jour où Bourdaloue prononça à Saint- Louis de la maison professe l'Eloge funèbre de Henri II de Bourbon-Condé (10 décembre 1683), Bossuet, suivi de plusieurs évêques, quitta le chœur pour monter aux tribunes, plutôt que de siéger sur des € chaises à dos > devant les princes du sang assis dans des i fauteuils > ; Condé lui-même s'était interposé en vain. Pour les soutenances de thèses,ces conflits n'étaient pas moins fréquents. Nous avons raconté celui de la thèse Lamoignon au collège de Clermont (15 juin 1663) en présence du duc d'Enghien. Au collège d'Harcourt, les mêmes difficultés se renouvelèrent quand le commandeur Le Tellier, fils du ministre Lodvois, soutint ses thèses sur toute la philosophie, le 29 juillet 1684, en présence du duc de Bourbon. Archives de la maison de Condé, Livres de cérémonial. Mss, — Des chaires sont réservées encore aujourd'hui, en certaines universités d'Angleterre, aux écoliers de haute naissance.