‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 145 sur 181 · Alleaume à Condé, 4 novembre 1678. P. C · texte numérisé non relu

Alleaume à Condé, 4 novembre 1678. P. C

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Bourdelot, — le plus fieffé charlatan de l'entourage, — maïs croyant avec Molière que C presque tous les hommes meurent de leurs remèdes» et non pas de leurs maladies ' >. Ses craintes avaient leur légitime fondement. Les médecins de l'hôtel de Condé étaient les parfaits originaux des types non point créés, ni même adaptés, représentés seulement au vif par le grand comique, fidèle observateur des mœurs de son temps. Postea seignare, ensuit ta purgare, leurs ordonnances se ramènent à ces deux formules. Bourdelot, tout directeur qu'il est de son Académie, se montre dans notre correspondance aussi ignare que ses savants confrères. Pour ses nobles clientes du Marais, l'habile homme avait substitué à la rhubarbe et au séné les melons et la glace. € Tout le monde me vient dire, écrivait Mme de Sévigné (24 juillet 1674), que cela me tuera '. >

Louis de Bourbon, sans en mourir* ne guérissait jamais pour longtemps. Les chutes succédaient aux rechutes. Une autre fois le P. Alleaume déclare n'avoir i plus à craindre que la fièvre quarte ^ >, et le P. du Rosel ajoute avec confiance que < M. Bourdelot est content du train que prend la maladie ^>. Echappé des mains du dangereux docteur, le duc de Bourbon retournait en effet au collège après une semaine, pas affaibli, n'ayant mal qu'à la mine, un peu moins pleine à cause de la diète ^. Il ne peut avoir maintenant sommeil plus tranquille ni meilleur appétit ; pourtant ces € petites maladies qui viennent à la traverse, gémit l'autre précepteur, ne nous avancent pas. Les idées s'effacent, et il faut du temps pour se remettre ; nous ferons tous notre possible pour réparer les pertes que ces incommodités nous font faire ^ » L'infortuné duc y perdait, en effet, le plus clair de son temps. ^ Toutes ces petites maladies, écrit le P. Bergier, nous nuisent beaucoup, et pour le corps et pour l'esprit '. > L'écolier n'eût pas été malade , qu'on l'eût accablé des mêmes remèdes préventifs infligés, par exemple, à Mlle d'Enghien, sa sœur. Un chapitre ne serait pas de trop pour exposer cet abus. Nous devions le signaler, en passant, à raison de sa place dans la vie privée à cette époque et de sa funeste influence sur plus d'une éducation princière.

Mais en quoi consistaient au juste ces études, coupées de si fâcheux intermèdes et quels exercices formaient le programme de cette classe de quatrième } Au premier rang se place le thème. Se former le goût au contact de la langue latine est le but poursuivi de bonne heure et vers lequel convergent la plupart des moyens mis en œuvre. Avant la rentrée au collège le convalescent a fait € quelques thesmes de la classe ' > ; mais

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