‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 147 sur 181 · Du Rosel au même, 22 juin 1679. P. C · texte numérisé non relu

Du Rosel au même, 22 juin 1679. P. C

doute ces fautes sont aussi rares que grossières ; mais le vingt-deux on compose pour les places et c'est quo praclarus ^5 pour quo prœclarior, et encore suadere au lieu à^ persuadendum. Il y a même un te aduler que Técolier croyait une faute ; son précepteur le détrompe et lui apprend que cela € se peut dire, et se trouve même plus d'une fois dans Cicéron, dont il est fort aise '. > Le duc de Bourbon faisant du Cicéron sans le savoir, certes la rencontre est glorieuse ! Qu'en pensa Condé ? Nous l'ignorons. La plus déplorable lacune de nos correspondances est l'absence de ses lettres aux précepteurs de son petit-fils. Nous savons seulement que le duc d'Enghien, mis au courant, en marqua son contentement et ses espérances. Parfois grands-parents et parents ne s'intéressent-ils pas aux récompenses publiques autant que les enfants et petits-enfants "i

A plus forte raison Condé et Enghien voulurent-ils avoir connaissance de la composition décisive de juillet. M. le Duc venait de partir pour son gouvernement de Bourgogne et travaillait du matin au soir : réceptions au parlement, visite à Auxonne, etc., en somme plus d'affaires que quatre légats •. Le P. Bergier, inséparable de sa personne dans ses déplacements, reçut à sa place le thème envoyé par les deux € petits Pères >, — ainsi nommait-on familièrement, et dans la maison de Condé et au collège de Clermont, les Pères Alleaume et du Rosel ; — Bergier pensa avec M. le Prince, dont le jugement nous est ici connu, que le commencement semblait « très bon >. « Si la fin, soupire-t-il, étoit de mesme, Mgr le duc de Bourbon auroît eu le premier prix sans difficulté. A son ordinaire il a manqué dans les endrois les plus faciles '. » Cela n'empêche pas le bon Père de montrer le demi chef-d'œuvre à l'élite de la société bourguignonne réunie à Dijon pour les Etats de la province, et aux jésuites du collège des Godrans. Ceux-ci assurent que leurs écoliers de seconde et de rhétorique pourraient faire plus correct, — et encore ? — mais qu'ils ne mettraient pas « un francoys si difficile en un latin si délicat ». Beaucoup de gens se déclarent « épouvantés > et ne croient pas que le duc de Bourbon ait pu « si bien composer >. Intendant et officiers du Parlement affirment d'un commun accord qu'il a mérité un prix, qu'il doit en avoir un.

Quel dommage que € tous ces Messieurs de Dijon > qui opinent sans savoir la force de la classe, ne soient pas entrés à Paris dans le jury du collège de Clermont ! Le 1 7 août on représentait la tragédie de Cyrus ^ à laquelle le duc de Bourbon n'assista point, étant parti d'avance pour Chantilly avec son grand-père. C'est qu'il n'y avait eu € rien à espérer pour lui 5 ». Il n'en fut pas quitte pour cela avec les thèses qui le

Page 1