Même au même. Paris, mardi soir, 1} janvier
5. Bergier, La Bauae et Alleaume au même, 12 avril if So, P. C.
en
distrait, mais sachant convenablement son latin. On en jugera par le texte même d'une de ses compositions que nous citons en note \
Or voiei dans quelles circonstances fut composé ce devoir, et comment le P. du Rosel le jugeait, dans une lettre à Condé (8 novembre 1679), qui nous prouve une fois de plus à quels minutieux détails s'intéressait ce grand homme, et de quel œil attentif aux moindres incidents il suivait l'éducation et l'instruction de son petit-fîls, élève de troisième :
Monseigneur, si Mons' le duc de Bourbon eût été hier un peu plus diligent à ^ûre son thesme de composition pour les places, nous aurions de meilleures nouvelles à en mander à V. Altesse. Mais comme il n'eut pas le temps de le décrire ' ny de l'achever, et que d'ailleurs l'exemplaire qu'il en a fait est si brouillé qu'à peine peut-on le déchifrer, il fallut quitter la classe à cinq heures où l'on n'y voioit plus pour écrire. V. A. S. verra par ce que je lui envoyé qu'outre la longueur à composer, il y a dans le thesme deux ou trois de ces fautes grossières qui ne sont que d'inapplication et des restes de nos langueurs dernières dont nous avons eu bien de la peine à revenir. Je crois que nous en serons bien tost remis, car on craint tout pour la classe^ et la confusion de n'avoir point de place d'un thesme qu'on n'a pu achever sera un nouvel engagement à penser plus soigneusement à son devoir. Monf le duc de Bourbon craint fort la réponse de V, Alt,^ à ce que je viens de luy dire quefaiiois écrire à Chantilly,
Ce document scolaire est unique de son espèce; aucun autre devoir du duc de Bourbon n'étant parvenu jusqu'à nous. Encore cette page est-elle transcrite par une autre main. Les plus riches dossiers offrent de ces lacunes.
Ce thème était du 7 novembre (1679). A la fin de janvier (1680) le P. Alleaume se réjouissait de n'avoir plus trouvé dans les suivants € ce grand nombre de fautes qui y étoit autrefois ^ >. Ce jour-là il n'y en a qu'une. Or, il paraît bien avéré que l'élève composait ses devoirs seuls. Le P. de La Baune ne l'aidait ni de près, ni de loin \ On ne lui faisait non plus aucune faveur pour les places. « Je l'ay veu, écrit l'honnête P. Bergier, et j'en suis convaincu '. » Ce sont pourtant des thèmes de ;rand seigneur ; quand Louis de Bourbon est trop souffrant pour les îcrire, il les dicte à ses précepteurs, qui mettent fidèlement ses solécismes
I. Je me suis souvent étonne comment des gens d'esprit et for^ scavans, tels qu*il en a paru plusieurs dans l'antiquité, ont été assés bons pour croire toutes les rêveries des poètes touchant les dieux et la religion. Car pour ne rien dire de leur Juppiter et de Mercure et des autres dieux, dont ils contoient les choses du monde les plus extravagantes, qui est-ce qui n'a envie de rire en entendant parler de Rhadamante et de la barque de Caron ? Cicéron à la vérité s'en mocque dans le second livre des Tusculanes^ mais combien d'autres grands hommes en étoient-iU effrayés. Ce qui me fait dire qu'un homme qui ne connoit pas le vray Dieu est dans un étrange aveuglement.
Sœpe miratus sum, quomodo viri ingenio doctrinaque praediti, quales in antiquitate plures visi sint, ita stulti fuerunt, ut quidquid poët«e de diis et religione finxerunt, crediderunt. Nam ut de Jove, Mercurioque et caeteris diis nihil dicam, de quibus ineptissima narrabant, cui, quod... On ne peut lire cet endroit ny le déchifrer (sic). La fin est : Dicitur risum non excitant... at quoc alii homines illustri perteriti erant...
a. C'est-à-dire : recopier,