‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 159 sur 181 · La Baune et Alleaume à Condé, 12 avril 1680. P. C · texte numérisé non relu

La Baune et Alleaume à Condé, 12 avril 1680. P. C

8. Lrixane, suivie du ballet intitulé : La France victorieuse sous Louis le Grand.

9. Gazette^ 1680, p. 472. A rapprocher de cet entrefilet, le Carmen exfemfiorale Seren, principi duci Borbonio^ dum prcemium cartninis in colle^io Claromontano, S, /., conseçuUur^ qui doit être reporté dans la Bibliothèque des écrivains .S". /., article Paris, du n» 19, à la suite du n<> 127. On en trouve un exemplaire dans le recueil mYc, 903, cité plus haut et particulièrement riche en pièces inconnues aux bibliographes sur les Condé à cette époque.

des prix étant réservée aux rhétorîciens, et les philosophes ne s'occupant que de leurs thèses. Le P. de La Baune rompît avec la tradition et s'en tira par une simple séance littéraire offerte au duc de Bourbon, spectateur et non acteur. Au drame classique tiré souvent de Thistoire ancienne, il substitua une série de petites pièces dialoguées, en prose latine, coupée de vers. Le sujet était fourni, non par l'antiquité, mais par un événement des plus récents : l'apparition de la fameuse comète du 26 décembre 1680, la plus grande qu'on eût encore vue. De tout temps les écoliers du collège de Clermont s'étaient volontiers inspirés de ce phénomène céleste ' ; voulaient- ils laisser la parole cette fois aux savants et aux philosophes ? Cassini profitait de l'occasion et proposait son système sur le retour périodique des mystérieux météores ; Bayle publiait ses Pensées diverses sur la comité de 1680, dans le but de détruire les préjugés d'un peuple ignorant qui regardait ces « espèces de planètes ' » comme un augure et un pronostic de malheur. La Baune, pour adapter le sujet à sa classe et en extraire un Ludus poeticus ^ avait imaginé la métamorphose d'un poète en astrologue. Les personnages, qui portaient les noms de Cliogenes, Uranius, Mythophilus et Philocharis, appartenaient à l'élite de la seconde ^ Dans l'intermède des scènes, ils apostrophèrent successivement Jupiter, la Nuit et la Comète, pressée d'abord par leurs supplications de ne point leur cacher son visage inexorable, accablée ensuite de leurs imprécations, dont elle se vengea par son Apologie.

Louis de Bourbon, enthousiaste de vers latins et toujours un peu enfant, goûta ces diverses compositions et sourit aux railleries du dieu Momus.

Il était cependant en âge, avec ses treize ans et demi, d'entrer dans le sérieux de la vie scolaire, et surtout de la vie chrétienne. Bien que solennellement baptisé Tannée précédente (16 janvier 1680), sa première communion n'était pas faite. Elle eut lieu en la fête de la Pentecôte, le 25 mai 1681, dans la paroisse des Condé, à Saint- Sulpice. Le matin, il alla se confesser tout proche, au Père recteur du noviciat des Jésuites, puis il se rendit à l'église. Il y retourna encore l'après-midi, accompagné de sa'mère Mme la Duchesse, pour assister aux vêpres. Il avait fait la grande action, au dire du P. Alleaume, < avec beaucoup d'attention et fort sérieusement ^ >

Les derniers mois de l'année furent tout aux succès et aux fêtes. Il y

1. Condé et le duc d'Enghien avaient assisté le 10 janvier 1665 à une séance de mathématiques donnée au collège de Clermont par le P. d'Haroiiys sur la comète de 1664 et 1665, qui fut encore le sujet d'une thèse et d'un ballet à la fin de cette dernière année. Cf. Sommervogel, art. Paris^ n* 70i 79ï 80, et articles Billy et Harroiiys (tV). Voir aussi la AfuMi historique^ 17 janvier 1665, et surtout la GageUe^ p. 67, qui nous montre Condé et Enghien faisant parattre, en présence des savants Roberval, Phelippeau le Hollandais et Grandamy, une € force de génie > que Ton ne pouvait assez admirer.

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