Catalogues de 1685, 17 17 et
3. AUeaume à Condé, Paris, 22 août 1682. Bergier au même, 25 août. P. C.
4. Oraison funèbre de Très-Haut et Très-Puissant Prince Louis de Bourbon^ Prince de Cond/^ premier Prince du sanç, prononcée dans l église du collège de la Compagnie deJésuSy à Bourges^ par le R. Père Isaac Martineau, S J. Paris, Cramoisy, 1687, in-4.— Le passage su vant rappelait aux auditeurs sa mémoire demeurée impérissable : < Vous vous en souvenez. Messieurs, vous qui vîtes autrefois briller les premiers rayons de cet Astre qui depuis... Hé, pourriez bien ne vous en souvenir pas dans une maison où le Prince son père nous honora de son éducation.. . > Or. fun.j p. 29.
héros et joui librement de ses entretiens dans sa i chère solitude '. >
Nous possédons la harangue de rentrée qui suivit cet heureux séjour '. Elle rappelle par le titre seulement la déclamation du P. de La Baune à l'ouverture de la rhétorique. Autant Tun avait, été prolixe et emphatique, autant Martineau se montra simple dans ce quanquam d'école. Simple, mais non banal. Il prend la défense des études philosophiques contre certains détracteurs qui prétendent interdire aux jeunes gens de haute naissance tout commerce avec une science inutile pour eux et peu digne du nom de libérale.
N'y aurait-il pas là un trait à l'adresse des Messieurs de Port-Royal qui avaient prétendu apprendre à un jeune seigneur, le duc de Chevreuse, tout ce qu'il y a d'utile dans la logique en quatre ou cinq jours ' } Condé et Enghien, quels exemples à leur opposer!
Le duc de Bourbon promettait-il de marcher de près sur ces traces } Martineau l'espère de ses qualités : esprit vif, conduite sage et supérieure à ses quatorze ans ; caractère doux ; politesse exquise. Tel est le portrait du nouveau logicien tracé publiquement par son maître *. Si encouragement il y a, l'encouragement n'était pas déplacé au début d'une pareille classe. Philosophie en latin et philosophie scolastique, avec ses méthodes austères, sa terminologie spéciale, ses arguments en forme, un vrai < phantosme à effrayer les gens ». Les sciences physiques elles-mêmes, exposées d'une manière toute spéculative et sans aucun luxe d'expérimentation, ne promettaient rien de récréatif. Qu'en penseraient professeurs et élèves aujourd'hui ?
Le duc de Bourbon se mit bravement à l'œuvre. Lui-même s'empressa, dès le 19 octobre, de mettre au courant de ses débuts en philosophie M. le Prince, alors en convalescence. Cette lettre étant la seule que nous possédions pour toute la période des études, nous la citons tout entière. Le style du jeune logicien est encore d'un enfant : « J'ai eu l'honneur de vous escrire. Monsieur, pendant votre maladie ; mais je vous escris avec beaucoup plus de plaisir, parce que vous vous portez mieux. Je souhaiterois estre auprès de vous pour vous le marquer moymesme.
» Les pères sont assez contents de moy. J'ay argumenté plusieurs fois en classe et le Père Martineau a dit que j'avois bien argumenté. Je vous supplie très humblement de croire que je feroy tout mon possible pour mériter vostre amitié ^ » Quelques jours après, un des précepteurs confirme le témoignage de l'écolier : « Nous n'avons pas sujet de nous
1. < Cest, Messieurs, ce que j'ay admiré moy-même cent fois ; car enfin, puisque j'ay eu l'honneur de le voir assez souvent, je ne dois pas le dissimuler..., dans des conversations dont ses manières aisées bannissaient tout ce qu'il pouvroit y avoir de gênant, etc. > Ibid.y p. 25.
2. Serenissimo Ptincipi Ludovico^ duci Borbonio^ philosopkia studia auspicanii. Ms,
3. La Logique de Port- Royal. Avertissement de la i** édition.
4. € Elucet vis ingenii singularis, prodit se prudentia ista, setate major, viget animus honestse laudis incitatus stimulis, dignitati lenitas morum, affabilitasque sermonis suavissima conjuncta est. >