I. Lenet, Mànairts, p
a. Splrnâtur de Montrond,^. 317 t\passim.
3. Comparaison d'Alexandre, de César et de M. le Prince (le Erand Condé), Œuvres de La Fûtttaùu, ià.. H. Régnier, t. Vlll, p. 315.
PHILOSOPHIS KT DROIT. 53
attiré dans la capitale du Beriy de nombreux écoliers, même de Belgique et d'Allemagne, tant que la guerre de Trente ans n'avait pas fermé les chemins '. Dans sa biographie du P. de Champs, Souciet lui fait honneur de la vive piété qui lui avait inspiré, au milieu de ses doctes travaux, la composition de Notes philologiques, approuvées par Urbain VIII, sur la passion de y ésus- Christ \ L'auteur s'y propose d'éclairer, par l'histoire des institutions et le texte des lois romaines, le récit comparé des quatre évangélistes en grec et en latin, et il fait preuve de connaissances précises et de bonne critique. Mérille était ami de la Compagnie, affinis nosterK Au revers du portrait : confiance exagérée en son mérite et vanité puérile. La présomption démesurée de ses forces le mit aux prises avec le jurisconsulte François Osy d'Orléans, et le fit déchoir de sa renommée ^ Sa vanité lui dicta, dans son autobiographie, une pompeuse définition de soi. Bourdaloue, qui a fait autant d'honneur à Bourges que Mérille, laissa à la postérité le soin de le surnommer le € prédicateur des rois et le roi des prédicateurs > ; Mérille la prévint en se proclamant lui-même : Prince des docteurs et docteur du Prince ^ Sa nomination auprès de M. le Duc fut l'occasion de ce joli mot.
Raynal ^ s'est quelque peu mépris, après Lenet ^ sur l'étendue des attributions de Mérille, réduites en réalité à l'enseignement des premiers éléments du droit ^ et exercées sous la haute surveillance du P. Pelletier, toujours directeur des études du duc d'Enghien. Cette subordination fut une source de conflits.
Installé au château de Montrond, Mérille se montra peu empressé à donner ses leçons au royal étudiant. Il avoue lui-même que, depuis bientôt quarante ans, il n'avait pas revu les éléments du droit. Cependant que n'eût-il pas fait pour son incomparable élève^? Mais l'heure octroyée à sa
1. La source la plus abondante pour l'histoire de Mérille est un travail moitié latin, moitié allemand, paru dans le GutuUinf^iana, Halle, 1716, in-8, p. 216-257, et intitulé : Von Emundo Merillio unddessen Schrifften.
2. Nous en avons vu les deux éditions les plus anciennes : Emvndi Merillii ivrisconsvlti constHarii re/^iSj Antecessoris in Academia Biturigum Primicerii, Noiœ phiîologicœ in Passionem Christi, Parisiis, Qvesnel, 1632, et Helmestadt, 1657. In-8. L'ouvrage est dédié à Charles d'Aubépine, marquis de Châteauneuf, chancelier sous Louis XIII et de nouveau pendant la Fronde, dont le château s'élève encore aujourd'hui non loin des ruines de Montrond.