Lenet, Mémoire s ^ p
3. Lettres des 18 et 24 octobre, Papiers de Condé^ série M, t. VI, fol. 314 et 332.
4. Histoire des Princes de Condé^ par Mgr le duc d'Aumale, t. III, p. 562. M . U Duc à M. le Prince. Btourges, 15 novembre 1635 (en latin).
demeurait le P. Pelletier, et le docteur Mérille y venait donner ses répétitions.
Je n'oserais affirmer que le P. Gouthière fit encore partie de la maison. Sa santé ne s'était pas rétablie ; la vie allait se retirant, et il en avait le sentiment. Sa sérénité ne l'abandonna point. Détaché de toutes les satisfactions humaines, jusqu'à faire le sacrifice complet des affections légitimes de sa famille, Gouthière n'envisagea plus que deux étapes : le troisième an de probalion et la mort. Il était de Chaumont. En vain, au fond delà Champagne, son vieux père et sa vieille mère voulurent le revoir encore une fois et demandèrent à M. le Prince de leur envoyer quelque temps leur fils. Le religieux, confus, s'était adressé à son tour au père de son élève pour obtenir de ne pas entreprendie un voyage < entièrement inutile '. >
Les pressentiments du P. Gouthière ne le trompèrent pas. Ses mois étaient comptés. Il s'éteignit le 14 janvier 1634. En lui M. le Duc perdît un éducateur qui était la conscience même, vivant dans la maison des grands comme dans sa cellule de religieux '.
Un autre Jésuite dont le duc d'Enghien dut regretter l'absence, était son ex-régent de philosophie, le P. Claude Boucher. Il avait quitté Bourges vers la mi-septembre < pour aller lire ' la théologie à Paris i ; mais avant son départ, le professeur nommé du collège de Clermont était allé présenter ses adieux à M. le Duc, encore en vacances à Montrond. Le P. Pelletier le cite à cette époque comme visiteur avec l'évêque de Laon, Philibert de Brichanteau '.
Le recteur de Sainte-Marie, qui n'avait plus l'honneur de compter Louis de Bourbon parmi ses écoliers, mais qui demeurait le supérieur des Jésuites de Jacques-Cceur, était le P. Louis Le Mairat. L'année précédente {1634), il avait succédé au P. Louis Lallemand et offrait un frappant contraste avec son prédécesseur. Celui-ci avait été l'homme de la vie intérieure et l'âme invisible de sa communauté. Celui-là fut l'homme du gouvernement extérieur et de la parole publique. Aimé de M. le Duc. à qui il avait toujours témoigné de l'affection ', il allait terminer, grâce à lui. une affaire depuis longtemps pendante. La part prise par le duc d'Enghien à l'avancement de ces négociations n'a pas encore été mise en sa pleine lumière. Le président Rolland a même faussement attribué à M. le Prince l'acte de présence de son fils,
I. Gouthière à M. le Prince. MonlroTid, 7 sepiembre 1635. PapUn de Coudé, sirie M, t. VI, fol. 161.
ï. Le Cursus -vifa du P. Gouthitre est des plus simples. Né le ii février 1607, entré au noviciat de Paris le 8 octobre 1623, il repassa la rhétoritiue étant novice de seconde année et lit trois ans de philosophie : logique, physique, métaphysique. Sa régence se borna à une classe de cinquième à Amiens (1638- 1679). Après quatre années de théologie à Bourges ([639-1633), il fut, comme nous l'avons dit plus haut, adjoint au P. Pelletier en qualité de socius.