‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 49 sur 181 · Le même au même. Dijon, 6 juillet 1636. /^/V/., loccit · texte numérisé non relu

Le même au même. Dijon, 6 juillet 1636. /^/V/., loccit

3. Pelletier au même. Dijon, 7 août 1636. Papiers de Condé^ t. IX, fol. 288.

4. Lettre inédite, s. l. n. d. Ibid.y t. XI, fol. 208. Nous croyons la place de cette lettre indiquée ici par l'identité d'objet avec celle du P. Pelletier.

STAGE KN BOURGOGNE. 75

Cette compassion éprouvée par M. le Duc à la pensée des douleurs paternelles était si vive que le P. Pelletier, toujours prêt à vanter le bon cœur de son élève, ne le croyait pas susceptible d'une affection filiale aussi prononcée. Une des manifestations les plus coutumières à Louis de Bourbon de ses sentiments d'enfant bien né, était de faire porter à son père de petits cadeaux. Un jour il lui adresse « deux pastés d'un faon de biches que des lévriers ont courru par rencontre *. > Un autre jour, il vient de recevoir d'une ville de Bourgogne affectionnée à M. le Prince un autre présent de bouche et le lui expédie avec ce billet gracieux :

Monsieur mon Père,

J'aurois une grande satisfaction si j'étois en estât de pouvoir souslager vos peines, au moins le fai-je de volonté. Monsieur Pirot d'Âvalon m'a fait présent de truffes fort belles que j'ay creu vous devoir estre envoyées. Je vous supplie les avoir pour agréables, puisqu'elles TOUS sont offertes par celuy qui veut estre toute sa vie

Monsieur

Vostre très humble et

très obéissant fîls et serviteur

Louis de Bourbon '.

Le conseiller Pirot -avait-il accompagné ses friandises d'une lettre d'invitation ? Ces truffes du pays rappelèrent-elles à M. le Prince qu'il y avait à une vingtaine de lieues de Dijon site salubre, chasses superbes, population dévouée ? Isolée et comme perdue dans les collines du Morvan, la petite cité d'Avallon offrait ces précieuses ressources. Depuis 1632, année de sa réception solennelle, M. le Prince y jouissait d'un modeste hôtel, restauré à son usage et propriété d'une noble veuve bizarrement qualifiée Mademoiselle la Grand-maire ^ C'est là qu'il n'hésita pas à envoyer son fils, aux vacances de septembre, tandis que lui-même défendait péniblement la Bourgogne contre l'invasion des Impériaux.

€ Gaigner les cœurs, > telle est la recommandation qu'emportait M. le Duc et qu'il promit de garder inviolablement : « Je ne sçaurois dire, écrivait-il, avec quelle joie Mademoiselle la Grande- Maire m'a reçue en sa maison et les bons traittemens qu'elle me fait ; je m'estu-

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