Ibid.,io
4. Lenet à Condé. Montrond, i""^ mars 1651. Ibtd.^ fol. 175. La lettre des jurats de Bordeaux à M"*" la Princesse se trouve dans les Mss de Lenet, t. IV, Lettres et traités^ 165 1, fol. 108.
A TRAVERS LA FRONDK.
II y en avait de ces mêmes frondeurs Bordelais pour Enghîen : < Monseigneur le Duc se porte à merveille, écrit Lenet à Condé. Il est tout glorieux de l'amitié de Bourdeaux dont il a reçeu ce soir quantité de lettres qu'il a leu luy-mesme et a dit vouloir faire response à tous ses bons amis qui metesmoignent l'estre si fort de vous son bon papa '. > L'enfant n'y voyait pas plus loin.
Mais des protestations épistolaires eussent paru trop platoniques. A Paris, les princes délivrés étaient l'objet de toutes les prévenances et de toutes les ovations ; réception à la cour et au parlement ; soupers, bals et comédies un peu partout ; < visite de toute la terre en leur hôtel de Condé \ >
La province imita la capitale, et ce ne fut pas une petite fête dans la grande et bonne ville de Bourges. L'allégresse, moins renfermée dans les palais, descendit dans la rue et, plus expansive, fut aussi peut-être plus sincère. Les Berruyers n'avaient rien perdu depuis vingt-cinq ans de leur goût pour la parade et la liesse. La seule différence entre autrefois et maintenant était à l'avantage de la génération présente, plus attachée encore que la première à la maison de Condé. La série des glorieuses batailles qui avaient amené la paix de Westphalie n'était-elle pas l'œuvre du petit Duc que tout le Berry avait connu élève à Sainte-Marie de Bourges ? Combien de fois poêles et historiens du pays l'avaient redit dans leurs dithyrambes en prose ou en vers ' !
Si le nouveau Duc n'était pas personnellement célèbre, ne portait-il pas déjà ce « beau nom d'Anguyen * > sous lequel s'était illustré son père ? C'est à ce titre que son entrée dans la capitale do Berry en mars 1651, suivant à peu d'intervalle la rentrée de Condé à Paris, présente un spécial intérêt. Et puis il n'était pas seul ; sa mère le conduisait, et ces ovations décernées à un enfant et aune femme prenaient un caractère plus