I. Sic y povLX Auteuii
128 HENRT-JULKS DE BOURBON.
et autres oiseaux funestes, comètes et autres signes et effets de la guerre, sortit pour la première entrée le Démon du désordre ; lequel ayant fait paroistre pour la seconde un Tambour et un Trompette ; la troisième, fut des soldats pillans et rançonnans leurs hostes : la quatrième fut Toutrage fait à une païsanne par les mesmes soldats et goujats : à la cinquième, parut un Héros qui les écarta tous à coups ait froide : et ayant ensuite produit le bon temps, qui fît l'entrée sixième, l'obscurité se trouva métamorphosée en un beau jour, et des tables couvertes de bouteilles, de jambons et d'autres mets plus délicieux^ instnimens de musique, danses, jeux et autres sortes de divertissements, qui furent représentez par les entrées suivantes en Tune desquelles parut un Ingénieur faisant un beau feu d'artifice : en suite de quoi le peuple se resjouissant en public, le Démon se voyant vaincu par la force, eut recours à ses ruses, mais estant découvert il fut chassé et banni pour jamais, laissant le bon temps triompher : qui fut la conclusion de cette bouffonnerie.
Le jour suivant (jeudi, 9 mars), les fêtes reprirent de plus belle. < La Princesse et le Duc d'Anguyen ayans disné en public eurent le soir le divertissement d'un feu d'artifice allumé sur le boulevard qui est vis-à-vis du Palais de rArchévesque >, mais, ce qui n'était point prévu, une fusée alla s'attacher à la couverture d'une église voisine et y mit le feu. Cet incendie fut d'ailleurs trouvé de bon augure. On s'en rendit maître et le bal ne fut pas empêché. Pour qui savait la politique générale, c'était danser sur un volcan. La princesse avait-elle le pressentiment d'une nouvelle guerre civile ? Elle partit aussitôt pour aller 'rejoindre M. le Prince à Paris « avec grand desplésir et non sans larmes >. En route, elle tomba malade à La Motte \
Deux jours après (samedi, 11 mars), le duc d'Enghien reprit le chemin de Montrond. il pleuvait. Un faiseur d'impromptus tira de ce contretemps 4; des vers fort gentils > et rima cette idée banale « que comme l'air avoit été serain, et le Ciel monstre une face amiable pendant le séjour du duc, il sembloit pleurer son départ et son absence de cette ville de Bourges. »
Seul, séparé de sa mère et laissé au soin des gens de sa maison, il ne tarda pas à être souffrant et chagrin. Les études en pâtirent. Mais le médecin Bourdelot trouva remède au mal et les études remontèrent.
A Mouron.
Monseigneur
La santé de Monseigneur le Duc est tout a fait confirmée ; il comance à manger à son ordinaire. La force lui revient et la gaytté, s'estant fort diverty depuis quatre ou cinq jours.
Quand il est gay, il en apprend sans comparaison mieux ; cela lui donne de rintelligence et de la mémoire .... ^
L'heureuse influence du printemps et de l'air de mai, si doux à respirer au milieu de l'immense vasque de verdure d'où émerge le château, achevèrent en peu de temps le rétablissement.
On n'avait pas attendu cette amélioration dans, sa santé pour fiancer