Lenet, Métnoires, p
2. Bourdelot à Condé. Montrond, 3 mai 165 1. Papiers de Condé^ série P, t. XI, foL 80.
le petit Duc ; fiançailles toutes politiques, qui devaient resserrer lalliance entre deux chefs de la Fronde, Condé et Gaston d'Orléans. Aussi, malgré la reine qui approuvait « le mariage de Mgr le duc d'Anguien avec la troisième fille du second lit de S. À. R. >, le parti de la cour regardait d'un mauvais œil cette union entre les deux maisons princières les plus proches du trône et surtout les plus puissantes : € L'on fait tout ce qu'on peut pour les diviser ou leur oster leurs principaux serviteurs, > écrit un correspondant au courant de ces intrigues '. Les choses avaient avancé quand même. € M. le Prince, raconte Dubuisson-Aubenay dans son Journal, a fait dresser le contrat de mariage de son fils, le duc d'Enghien, avec M^'® de Valois, deuxième fille de M. et M"^^ d'Orléans, lesquels il presse de le signer et faire signer par la Reine. Le sieur d'Auteuîl- Combaud, gouverneur de ce Prince, vient à Paris, apportant des lettres de sa part à M., M"^^ d'Orléans et à M^^ de Valois, sa maîtresse, pleines de compliments d'enfant. Le vrai sujet de sa venue à Paris est pour régler la maison de ce petit Prince '. > La très jeune fiancée n'était pas encore baptisée et ne le fut que deux mois après (mercredi 21 juin) 3. On alla jusqu'au contrat de mariage (samedi i^^ juillet), qui fut passé et signé en présence de Gaston d'Orléans et de Marguerite de Lorraine, sa femme, de Condé, de M^^^ de M"^® de Longueville et de toute la cour, au Palais-Royal \ Témoins illustres pour un projet d'union si fragile ! Mais la preuve que du côté de Gaston ce mariage avait été sérieusement envisagé, c'est qu'il en discuta fort les conditions. 4[ Il s'y trouvoit de la difficulté, mesme assez grande, dit Goulas, car Mgr vouloit que M. le Prince mariast son fils comme son principal héritier et luy donnast tout, et M. le Prince disoit cette clause trop dure, étant si préjudiciable à ses autres enfants, s'il en avoit ; il désiroit de pouvoir disposer de cinq cent mille écus en leur faveur. Ils convinrent enfin, et leur alliance fut résolue entre eux, mais peu agréée de la cour, qui voyoit avec grand'peine cette liaison 5. > Était-ce afin de grossir la dot du futur que le 22 mai on avait demandé pour lui à Rome l'abbaye de Cluny }
Les événements se chargèrent de rompre une union contractée, comme celle de Condé lui-même, sans l'assentiment possible des intéressés ^ Le plus étrange est que Louis de Bourbon, violenté jadis dans son choix par Henri II son père, ait imposé la même contrainte à son fils.
Celui-ci, malgré les compliments galants envoyés à sa maîtresse, ne