‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 75 sur 181 · Goulas, Mémoires, t. ÏII, p · texte numérisé non relu

Goulas, Mémoires, t. ÏII, p

6. Françoise-Madeleine d'Orléans, dxitAfoiie^noiselle de Valois, née àSaint-Germain-en-Laye, le 13 octobre 1648, baptisée avec s^lsçrux Afade^noiselle d'Orléans^ \t 21 juin 165 1, fut mariée par procuration, au Louvre, le 4 mars 1663, à Charles-Emmanuel II de Savoie. Elle mourut à Turin, âgée de 15 ans, en 1664. Cf. V Histoire de la maison royale, par le P. Anselme.

Le grand Condé* 9

s*occupait guère, sans doute, de Son existence. Bourdelot était auprès de lui à Montrond, qui mettait la vîe réelle au point vrai et traitait presque en bébé le prétendant à la main de Françoise d'Orléans.

Ce n'est pas qu'il fût destiné à rester auprès de Son Altesse en qualité de précepteur. Condé voulait que son fils fût élevé par les mêmes maîtres que ceux de son enfance, et le premier Jésuite auquel il songea, fut cet Etienne de Champs, son meilleur camarade à Sainte- Marie de Bourges. « Le sieur d'Auteuil-Combaud, gouverneur du duc d'Enghien, écrit Dubuisson-Aubenay, à la date du 15 mai, est venu de Montrond, pour régler sa maison, vers M. le Prince de Condé, son père, en cette ville, et s'en va à Auteuil, près Beauvais, sa maison, pour ses affaires domestiques, afin de repasser à Paris à la fin du mois et s'en retourner à Montrond. où ce pendant le sieur Bourdelot est comme médecin avec trois cents livres d'appointement, faisant aussi la charge de précepteur ; mais on a choisi un père Des Champs, jésuite, pour l'aller faire désormais \ >

En attendant l'arrivée du Père, qui paraît s'être fait désirer plusieurs semaines, Bourdelot restait chargé d'apprendre à M. le Duc ses rudiments. Il lui laissait entre les mains cette grammaire latine de Despautère que la rancune de Molière a rendue odieuse dans la Comtesse d'Escarbagnas.

Monseigneur,

La santé de Monseigneur le Duc n'a jamais esté en si bonne estât qu'elle est, Dieu mercy. C'est une fraischeur et une gayetté incroyables, il dort parfaitement bien, il a appétit et est engraissé et bien fourny de chairs. Il est si porté à Testude, qu'il aprend par avance les leçons que Ton luy donne ; dès qu'il est éveillé il demande le Despauûre. Son naturel est tout à fait revenu. A la vérité c'est le plus beau naturel du monde et je ne souhaitte autre choze que V. A*, l'eust veu une fois.

C'est

Monseigneur de V. A*

le très humble, très obéissant et très fidèle serviteur

Bourdelot '.

A Mouron, ce 19 may 1651.

Despautère, avec ses règles abstruses sur les genres, et les Lettres de Cicéron, traduites, analysées et récitées, ne formaient pas Tunique objet des études de Henry-Jules. Son programme paraît avoir été plus largement conçu que celui de son père un quart de siècle plus tôt, à Sainte- Marie de Bourges. Le grand Condé avait attendu la sortie du collège pour apprendre une langue vivante : l'italien ; dès maintenant son son fils est à \allemand. Il semble en outre que cette nouvelle éducation

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