AU MÊME
Octobre 1652.
Toutes les fois que Votre Altesse Sérénissime m'honore de ses lettres, j'admire eo son âge si tendre un esprit viril et vraiment chrétien. C'est d'un homme sage et d'un véritable fils de l'Eglise d'aimer la Ville éternelle et d'estimer ce qui émane d'elle.
J'envoie à V. A. S. les petits présents qu'elle a sollicités de ma pauvreté, à savoir une parcelle de la vraie croix, des reliques des saints, deux indulgences de Saint Charles Borromée et autant de cinq autres saints, qu'elle pourra appliquer ou donner à son gré.
Puisse-t-elle dans le don reconnaître l'affection du donateur !
Comme V. A. S. m'a laissé libre de remettre ou de ne pas remettre sa lettre au Souverain Pontife, j'ai jugé préférable de la retenff. Il vaut mieux lui réserver le Saint-Père pour les grandes choses alors que nous pouvons la satisfaire dans les moindres. Quant aux indulgences de Saint Charles et des cinq autres saints, elle peut en jouir en sécurité. En effet, bien que le Souverain Pontife n'en accorde plus de cette sorte, il n'a point révoqué les concessions existantes.
Gâté par ces premières douceurs spirituelles, le petit Duc, qui venait d entrer en sa dixième année, parut digne de recevoir des faveurs plus insignes. Sa lettre de nouvel an au T. R. P. Goswin Nickel lui valut un diplôme de participation aux prières de toute la Compagnie, et des félicitations pour la dignité dVmperator que, à l'exemple de Condé son père, il avait conquise dans sa classe.