Ibid,^ fol
1650? Tout ce qu'il en faudrait conclure, c est que la lettre suivante, du 27 mars de la même année, a été revue et corrigée, mais non considérablement modifiée. Elle est adressée au duc de Bouillon, un des chefs les plus entreprenants de la Fronde, celui-là même qui, après larrestation des princes, enleva Madame et son fils de leur retraite mal sûre de Montrond pour les emmener au château de Turenne et leur frayer une route, répée à la main, jusqu'à Bordeaux.
(Montrond, 27 Mars 1650)
Monsieur mon Cousin
J'ay appris avec plaisir, que vostre eschange est asseuré et fait ; vous voulés bien que je m'en conjouisse avec vous comme prenant grande part en tous les iotérestz de mon général, puisqu'il en a ptis en ceux de nostre maison et qu'il m'a reciieilly en mon particulier dans ma persécution, ce que je n'oublieray jamais, ny les obligations que j'ay à mes chers cousins, vos enfans, que j'ay me, et estime de tout mon cœur. Je suis
Monsieur mon cousin
Vostre très humble cousin et serviteur
Le Duc d'ANGUiEN.
Vous me pcrmettrés, Monsieur, que je rende mes devoirs à Madame de Boiiillon '.
En 1652 il commence, par une lettre assez banale, une correspondance qui sera souvent plus littéraire dans son objet et sa forme, avec un belesprit de la cour de Conti. Le poète Carpentier de Marigny fit d abord partie du groupe d'écrivains tels que Guilleragues et François Sarasin, qui étaient les délices de la petite cour de Bordeaux. Brouillé avec Sarasin, il passa au prince de Condé et revint à Paris (13 juin 1652)'. Le duc d*Enghien fut obligé par ce lettré, doublé d'un honnête homme et officieux, qui s empressa de lui rendre service dès son arrivée dans la capitale. Il lui envoya en retour ce billet :
Monsieur. Je vous remercie du soin que vous avez eu des commissions dont je vous avois chargé, et de la lettre que vous avés pris la peine de m'escrire. Je vous prie de me continuer vos bons offices partout, où je scay que vous me les avez desjà rendus, et de vous assurer que je les reconnoitray tous jours par les marques de mon affection aux occasions où je pourray vous tesmoigner que je suis
Monsieur
Vostre très affectionné à vous seivir
Henry Louis de Bourbon .
i>e Bordeaux, le 7^ juillet 1652.
W^Tixy-Louis, voilà le nom frondeur substitué au W^xwy-Jules du