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baptême ! Mais le Duc lui-même s'y trompait encore, ou bien il faut admettre que, suivant ses divers correspondants, il était ou pour la Fronde ou pour le roi. Un petit billet, d'ailleurs insignifiant, adressé à Lenet,est signé Henry- y ule \ Dans les lettres officielles, nous lavons déjà vu, ce n*était ni Louis ni Jules^ mais Enghien. C'est ainsi que la signature familière est remplacée par le titre ducal dans la dernière lettre datée de Bordeaux, recommandation adressée à celui des généraux du roi qui contraindra sous peu de mois la ville à capituler, Gaston de Foix de La Valette, duc de Candale.
Bordeaux, le 21 mai 1653.
Monsieur,
Vostre civilité est si grande, et la réputation que vous en acquérez si publique, que je ne doute point que vous n'accordiez obligeamment la courtoisie que je vous demande ; et d'autant plus encore, que c'est icy la première prière que je vous ay faicte.
Ce sera en faveur de M*^ l'abbé de Gouyon, revenant d'Ausch et désirant s'en retourner par icy, à Paris, qui appartient à Mons^ le comte d'Auteuil mon gouverneur.
Je vous supplie, Monsieur, de le traicter favorablement dans son passage ; de luy vouloir accorder tous les passeports nécessaires pour cela, et s'il a même besoin de quelqu'un de vos gardes, trompettes, ou d'autres assistances de votre part, pour venir plus seurement, de ne luy pas desnier, pour l'amour de moy, qui ay cette personne en singulière recommandation.
Dans toutes occasions, je vous tesmoigneray, en revanche que je suis avec beaucoup d*estime,
Monsieur
Vostre très humble serviteur
Le Duc d'ANGUiEN.
A Monsieur
Monsieur le duc de Candalle, Pair de France, colonel de l'infanterie Françoise, gouverneur pour le Roy, en Bourgogne et Auvergne, et général de ses armées. A Agen*.
Candale pouvait se montrer gracieux et courtois ; il allait être le maître de Bordeaux. En cet été de 1653, ^^ cause de Condé était perdue. Sa femme et son fils devaient songer à fuir ou à se rendre. L'infortunée Princesse fondait en larmes à la pensée de se voir réduite à s'en aller par mer avec Enghien retrouver son mari hors de France. Cosnac a raconté cette « lugubre conversation » où Ton arrêta le dernier parti à prendre^ Conti possédait moins d'énergie qu une femme. Il proposa à Madame et à M. le Duc une évasion nocturne, par les fenêtres de larchevêché donnant dans les fossés de la ville. De là on gagnerait Tarmée d'Espagne cantonnée à l'embouchure de la Garonne. Au moment d'agir, il eut la
1. Mss. de Lenet^ t. XXV, n*» 317. Billet sans date, signé : Henry Jule de Bourbon^ d'une main encore enfantine, et commençant par ces mots : < Je meurs de peur que vous... >
2. Collection Gaignière, lettres originales, t. LX, n" 65. Bibl. nat., f. fr. 20479, fol. 65. A cette lettre sont annexées des lettres du prince de Conti et du comte d'Auteuil sur le même sujet.