‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 91 sur 181 · Relations véritables^ 1653, p · texte numérisé non relu

Relations véritables^ 1653, p

l'éducation des princes, trouva un prétexte de quelques négociations pour renvoyer en France '. > Ce trait de caractère signalé incidemment par Lenet dans le duc d'Enghien, mais déjà expressément par Bourdelot, dès 165 1, est fort à remarquer, car il était en lui héréditaire. C'est de son père qu'il le tenait. Le génie intuitif du grand Condé ne s'exerçait pas seulement sur le champ de bataille, où d'un regard rapide et sûr il saisissait le faible de l'ennemi ; il (se plaisait, dit Desmaizeaux, à chercher le ridicule des hommes », ce qui constituait d'après Saint- Evremond son propre ridicule '. Il n'aurait donc pas eu besoin des plaisanteries de son fils pour reconnaître les travers ou les petits côtés du digne comte d'Auteuil Mais chez Condé, le constant attachement à ses domestiques compensait ce discernement trop perspicace de leurs défauts. Grâce aux négociations confiées par lui au gouverneur disgracié, le fil qui rattachait encore Auteuil à sa maison ne fut pas rompu et nous verrons les rapports se renouer.

Pourtant Madame la Princesse aurait eu le droit d'être envieuse de son fils ; elle restait seule à Valenciennes. La cage était dorée, mais c'était toujours la cage. Au mois d'octobre elle y avait été rejointe par Madame de Marchin, qui naguère débarquait avec elle et sera la compagne de sa vie errante. En novembre on donna de nouvelles fêtes.

La Princesse de Condé, lit-on dans les Relations du 3, est toujours en cette ville où Ton tient que le Duc d'Anguien la doit bientôt revenir trouver. Cependant la noblesse de par deçà prend toutes sortes de soins pour la divertir, le Baron de Cernet entr'autres lui aiant hier au soir fait un festin des plus magnifiques qui fut suivi de la comédie et de bal, de quoi cette grande Princesse et les Dames de sa suite furent fort satisfaites ^

Le retour de M. le Duc à Valenciennes, dont il parait ici avoir été sitôt question, n eut pas lieu ; encore moins cette chimère du petit Prince gouverneur d une place de guerre pouvait-elle se réaliser. A la fin de décembre (1653), '^ P^re et le fils quittaient Rocroi pour Namur. Condé dut y arriver la veille de Noël ^ et y prit avec une partie de ses troupes ses quartiers d'hiver 5. Enghien s y fixa. Madame la Princesse fut seule à ne point bouger.

Le personnel qui forme la nouvelle maison de M. le Duc semble bien restreint. M. de Saint-Simon, que nous avons connu secrétaire à Bordeaux, paraît avoir remplacé le comte d'Auteuil comme gouverneur ; sont restés avec lui Técuyer La Fontaine et le Père Jean-François de la Falluère. Encore ce dernier est-il momentanément seul ; il attend pour

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