Réforme politique
Des deux moitiés de l'espèce humaine, il n'en est qu'une, jusqu' à nos jours, qui ait exercé une action directe dans les affaires de ce monde. A l'intérieur, comme à l'extérieur, c'est la voix de l'homme qui seule s'est fait entendre, sauf de rares exceptions.
^ L'humanité s'en est-elle si bien trouvée ?
Voyez plutôt où nous en sommes au début du XX® siècle de l'ère chrétienne ! — Populations paisibles violées et massacrées ; droits des peuples foulés aux pieds ; mépris de la justice et de la liberté . . . C'est le règne du plus fort ou du plus habile ! C'est le culte du veau d'or !
Quant à la civilisation et au progrès, sous le couvert desquels ont été commises tant d'iniquités sous nos yeux, — hélas ! ces mots si grands qui ne devraient évoquer que de nobles idées . . . c'est à peine si l'on peut aujourd'hui les entendre prononcer sans rougir de honte ou de colère! (1901).
Voilà pour l'extérieur. — A l'intérieur^ de nos sociétés policées, d'autres vices non moins redoutables se manifestent avec une intensité croissante : débauche, alcoolisme, vénalité de tant de politiciens et de journalistes ...
Les causes d'un état de choses si peu glorieux sont assurément fort complexes. Mais, entre autres causes, ne doit-on pas faire entrer en ligne de compte l'eftâcement trop absolu de l'élément *' maternel et féminin " ?
Jusqu'ici, la femme n'a pu donner sa pleine mesure. Sa condition sociale et légale une fois relevée, n'est- il pas à présumer qu'une coopération effective de sa part pourra être de nature bienfaisante et pacificatrice ?
Une civilisation rénovée — et c'est avec un sentiment bien différent de tout à l'heure que je prononce maintenant ce mot de civilisation, c'est avec une espérance au fond du cœur, — une civilisation fondée sur le double élément constitutif de l'espèce humaine, l'homme et la femme, . . . pourquoi le Japon n'auraît-il pas cette ambition ?
Quelques mots encore et j'ai fini.
Il est une prétendue philosophie, suivant laquelle les choses de ce monde se dérouleraient fatalement sans que nous y puissions rien. — Erreur funeste ! Nous y pouvons quelque chose et nous devons y mettre la main. Agir pour la réalisation du bien ; en travaillant sur nous-mêmes d'abord, autour de nous, pour le prochain et pour l'humanité. Tel est notre devoir et c'est aussi le meilleur moyen de donner un but supérieur à notre activité.
A Tœuvre donc ! et que revive Tesprit de chevalerie : pour la femme et son bon droit.
A défaut des deux épées, n'avons-nous pas la plume et la parole ? '* Pour la femme et son bon droit ! " La devise est assez belle, la tâche est assez noble pour tenter rhéroïsme de la jeunesse et son désintéressement.
Travailler en vue du bien public, pour une œuvre de liberté, de justice — et de haute goésie ! Y a-t-il privilège plus élevé? y a-t-il plus grand honneur?
DROIT xMATRIMONIAL COMPARE.