‹ Trois femmesChapitre 13 sur 53 · LE NID · texte numérisé non relu

LE NID

îiloiiis on licul de place , plus on est à couvert : une feuille suffit au nid de roiscau-mouche.

(Bernardin de Saint-Pierre.)

Lielo nido, csca dolcc, aura corlcse.

(GCARDINI.)

De ce buisson de fleurs approchons-nous ensemble : Vois-tu ce nid posé sur la branche qui tremble ? Pour le couvrir vois -tu les rameaux se ployer? Les petits sont cachés dans leur couche de mousse , Ils sont tous endormis!... Oh ! viens, ta voix est douce. Ne crains pas de les effrayer.

De ses ailes encor la mère les recouvre ; Son œil appesanti se referme et s'entrouvre ,

Et son amour longtemps lutte avec le sommeil ; Elle s'endort enfin... Vois comme elle repose! Elle n'a rien , pourtant, qu'un nid sous une rose Et sa part de notre soleil !

Vois, il n'est point de vide en son étroit asile : A peine s'il contient sa famille tranquille ; Mais là le jour est pur et le sommeil est doux , C'est assez!... Elle n'est ici que passagère , Chacun de ses petits peut réchauffer son frère , Et son aile les couvre tous !

Et nous pourtant, mortels, nous, passagers comme elle, Nous fondons des palais quand la mort nous appelle, Le présent est flétri par nos vœux d'avenir, Nous demandons plus d'air, plus de jours, plus d'espace. Des champs, un toit plus grand! Ah! faut-il tant de place Pour aimer un jour... et mourir?

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