LE MAL DU PAYS
Garder ton souTenir ! ... Oh ! tant que la ■vie fera palpiter mon cœur, il n'oubliera pas la patrie délaissée.
(Thomas MooRE, Mélodies.)
Vous dont le sort ne peut changer, Plaignez votre jeune compagne ; Pour suivre un époux étranger Elle a fui sa douce Bretagne !
Pleurez sur moi , mes bons amis , Car je n'irai plus au pays.
(*) Cette romance se chante sur un air breton , et fait partie d'un recueil de romances, ballades et airs bretons, que l'autour est dans l'intention de publier.
En vain mon époux , jeune et bon , Partage et console ma peine Toujours mon œil à l'horizon Cherche ma montagne lointaine , Et, d'un regard triste, je suis E'oiseau qui s'envole au pays.
Allez-vous encor, chaque soir, Ouïr, au foyer de l'aïeule , Ces histoires du vieux manoir, Qui font rêver quand on est seule?
Hélas 1 nul , aux lieux où je suis , Ne sait les contes du pays.
Oh ! que ne puis-je entendre encor, Quand l'ombre vient sur les vallées Le son triste et lointain d'un cor Sortant des forêts isolées, Et les pâtres au sein des nuits Chantant les vieux airs du pays !
Qui me rendra ce long sentier Où court une brise embaumée , A ma fenêtre son laurier, Son hirondelle accoutumée , Et ces barques glissant sans bruits Sur le beau fleuve du pays '!