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LE SOLEIL D'AUTOMNE

Le destin enlève les joies de la tio , comme l'automne dessèche les (leurs des bosquets. Il n'y a rien de grand dans nos jours que la vertu.

(Aug. La Fontaine.)

Le soleil de l'automne , ici , par intervalle ,

Vient caresser mon front d'un rayon tendre et pâle

A travers le bois jaunissant ; Cesl la dernière fois que je le vois, peut-être!... Oh ! comme sa chaleur avec douceur pénètre

Dans le cœur lassé d'un mourant !

Ne verrai-je donc point, comme sa douce flamme , Quelques éclairs d espoir pénétrer dans mon âme/ Je n'ai pas eu ma part des rayons du printeuips ! Ah ! dans mon existence aride et monotone J.e soleil du bonheur, comme un rayon d'automne , Brillera-t-il du moins sur mes derniers instants?

Sans plaisirs ici-bas nul n'arrixeà la tombe! L'enfant a ses jouets, la vierge a sa colombe,

Le pâtre ses danses du soir; La mère de ses fils a les jeunes caresses , Le poëte sa lyre et le roi ses richesses...

Moi seul , ne dois-je rien avoir?...

Rien ! je n'ai rien ici !... que ce rayon d'automne , Ce soupir du vallon effeuillant sa couronne,

Le bruit sourd du flot mugissant; Et ce vent emportant le feuillage qui tombe. Et sifflant sui^^on front comme sur une tombe!...

Voilà les trésors d'un mourant.

Oh ! qu'une vie est longue à qui marche sans guide , A celui qui , sans but, sur ce fleuve rapide Ne rencontre partout que les flots et les cieux, El qui , cherchant en vain pour sa barque fragile Une île de repos et de bonheur tranquille , Du rivage jamais ne voit briller les feux !

Que de fois , à labri sous cette voûte obscure , Lorsque imitant des flots Fharmonieux murmure,

La brise errait dans les rameaux , Étendant jusqu'au ciel les bornes de ma vie , J'ai rêvé dans mon cœur des gloires sans envie,

De l'amour avec du repos !

Mais avec les débris de cet épais feuillage

Le temps vint emporter ces songes d'un autre âge ,

Et , comme ce soleil qui luit sur le vallon ,

Éclairant des rameaux les feuilles dispersées.

Sur les restes épars d'espérances passées

La vertu répand seule un pâle et doux rayon.

liO RÊVES POÉTIQUES.

De tant d'illusions elle seule me reste ! Elle seule me dit qu'un avenir céleste

Après la mort s'ouvre au malheur, Que, quand mon cœur souffrit, Dieu comptait ses souffrances, Et pour chaque soupir, dans ses justes balances ,

Ajoutait un poids de bonheur.

Elle seule, donnant quelque charme à ma vie.

Des autres me fait voir le bonheur sans envie

Et bénir l'Éternel pour leurs instants joyeux.'

— 0 Dieu! qu'un soleil pur sur leurs champs étincelle!...

Je n'aurai point ma part de la moisson nouvelle ,

Maisfsous ton ciel du moins d'autres seront heureux !

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