‹ Trois femmesChapitre 25 sur 53 · L'ANGLAISE AU BAL · texte numérisé non relu

L'ANGLAISE AU BAL

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Son Ame respirait sur sos traits gracieux. De l'ébènc boucld les nœuds capricieux Voltigeaient sur son front aussi blanc que l'ivoire, Et ses yeiix bleus brillaient s.us sa paupière noire, f Lefèvue.)

0 loi qui viens de fuir, qui sur une autre terre Reçus cette beauté sous nos cieux étrangère , Ces traits attendrissants, cette molle pâleur,. Je ne te verrai plus, fille pure et charmante! Un autre t'aiinera, tu seras son amante!...

Ah ! que n'es-tu du moins ma sœur ?

Que j'aimais à te voir au milieu de la fête , Relevant sur ton front une boucle défaite, Découvrir d'une main ton front doux et rôveur; A te voir, rougissant d'un regard téméraire Et redoublant les plis de la gaze légère , De ton cou voiler la blancheur.

Les autres à ces jeux livraient toute leur âme ; Mais toi , tes yeux empreints d'une timide flamme Semblaient chercher quelqu'un ! ... Ils sont tombés«ur moi . Tes sœurs vinrent alors l'entraîner avec elles!... Peut-être dans leurs rangs d'autres étaient plus belles. Mais mon œil ne suivit que toi.

Il te suivit!... Pourquoi dans la danse folâtre Ce jeune homme osait-il toucher ta main d'albâtre? Je l'écoutais (ie loin et j'observais ses pas. Pourquoi te parlait-il cette langue étrangère Dont les accents connus à ton cœur semblaient plaire, Et que moi je n'entendais pas?

RÊVES POÉTIQUES. li"

Pourquoi, quand , sur ta main par le refus fermée , 11 a jeté de loin cette orange embaumée, N'as-tu pas rejeté ses dons avec mépris? Si tu ne l'aimais pas, devais-tu lui sourire? Vierge ! ah ! tu ne sais pas ce qu'un présent veut dire Ni ce que valent tes souris !

Mais tu ne m'entends pas! tu me fuis , jeune femme. Hélas! tu ne sais point ce que ressent mon âme, Ton œil de mon regard n'a point compris le feu. Nos deux cœurs pour s'unir étaient formés peut-être!. Et tu dois me quitter pourtant sans me connaître , Me quitter sans me dire adieu.

Delà salle à grand bruit la foule sort, s'écoule!... Tu passes près de moi , comme auprès de la foule ; Ton cœur ne t'a rien dit quand je te regardai ; Tu n'as point remarqué cotte larme brûlante , Ni ce timide aveu que d'une voix tremblante Auprès de toi je hasardai.

us RÊVES POÉTIQUES.

Quand tu passais , ton voile, où le zéphyr se joue , Par la brise emporté vint effleurer ma joue, Je frémis... mais ta main le ramena vers toi... Tu partis, et, muet, dans cette nuit obscure, J'entends encore au loin ta bouche qui murmure « Adieu ! » Mais ce n'est pas pour moi !

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