A ELLE
Ousllc amcrlumc cxlrènic Résiste au doux souris d'une Ticrge qu'on aime? ( André Chémer. )
Oh! viens auprès de moi, jeune ange d'innocence, Viens, que ton bien-aimé te contemple en silence
Comme on contemple le bonheur ; Laisse dans mes deux mains tomber ta main charmante ; Détache de ton sein cette rose mourante ,
Elle séchera sur mon cœur.
16t RÊVES POÉTIQUES.
0 Dieu! si je pouvais dire combien je t aime!...
Je faime comme un homme aime son bien suprême ,
Comme un ange aime les vertus, Comme un timide enfant aime sa jeune mère , Comme on aime le ciel, la vie et la lumière... non , je t'aime encor bien plus !
Dans ce monde sans toi je commençai ma route :
31es jours chargés d'ennuis s'écoulaient goutte à goutte ,
Comme un breuvage empoisonné; Aux femmes vainement demandant la tendresse , Leurs mains me présentaient la coupe de Tivresse ,
Et moi je fuyais indigné.
Alors je te connus! ma souffrance sauvage Accusait et le ciel et ton sexe volage ;
Tu les défendis tour à tour ; Et tu me laissas lire en cette âme céleste, Où sous le voile saint d'une candeur modeste
Tu cachais un trésor d'amour.
Mais moi , te répondant par un amer sourire , Je comparais la femme à i'éclio qui soupire
Au gré des vents capricieux; Triste , lu m'écoutais : de ta bouche muette Un soupir s'échappa... je soulevai la tête,
Et je vis des pleurs dans tes yeux!
Ah ! je sentis soudain comme un rayon de flarnme Tes pleurs et ton regard pénétrer dans mon âme ;
Tout mon cœur s'élança vers toi !
Lorsqu'on vanta la femme et sa bonté touchante , Le sarcasme expira sur ma bouche tremblante,
Car je te voyais près de moi.
L'espoir vint ranimer mes jours prêts à s'éteindre : Il m'eût été si doux de t'entendre me plaindre !
Je t'ouvris tout mon cœur aussi; Et, l'offrant un bouquet chaque soir aux veillées, Toujours parmi ces fleurs riantes et mêlées
Je cachais un pâle souci.
Un jour (ce jour remplit ma mémoire charmée). Je l'avais apporté l'offrande accoutumée ,
Ta main brisa la triste fleur ; Me jetant ses débris avec un long sourire, Plein de joie et d'amour, ton œil semblait me dire
« Que l'espoir entre dans ton cœur ! w
Ah ! depuis ce moment ton image chérie
Me suivit comme un ange au sentier de la vie,
Le malheur devint impuissant; Les obstacles en vain parsèment ma carrière , Au destin, souriant de sa vaine barrière,
Je dis : « Elle est là qui m'attend 1 »