‹ Trois femmesChapitre 41 sur 53 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

— Baleau à vapeui de l'Erdie —

Sous nos pieds mugissait un sourd volcan de flammes, Et la barque voguait sans voiles et sans rames ; Au loin sur un ciel bleu les astres se levaient , Avec la nuit venaient les longues causeries, Et, répondant plus bas aux douces flatteries , Les femmes pensives rêvaient.

Un suave abandon , une liberté tendre,

Ces songes que le soir dans les cœurs fait descendre ,

A cette heure donnaient de magiques attraits;

Sur mon bras caressant sa tète était penchée ,

El son écharpe bleue, à demi détachée,

Jouait entre mes doists distraits.

Et moi je contemplais cette rive prochaine , ,

Dont les tableaux, changcants»comme la vie humaine. Apparaissaient riants ou tristes tour à tour. Et je pensais, hélas ! combien sur notre terre Une journée est courte, une joie éphémère , Et comment finit un beau jour !

Celui qui s'achevait, qu'il avait eu de charmes!... Aveux redits tout bas , querelles , douces larmes , 11 avait épuisé pour moi tous les bonheurs! Mais de ce jour alors je savourais le reste! Qu'allait-il me rester de ce passé céleste?

Rien qu'un regret et quelques fieurs!

Quelques fleurs, un regret!... hélas ! voilà la vie! A ses longs souvenirs elle passe asservie, Et la vie a pourtant quelque charme secret, Et nous rainions encor dans nos vieilles années, Quand lainour n est plus rien, quand les fleurs sont fanées Ne restàt-il que le regret I

Page 1