EAUX
1814 par des dispositions mieux adaptées à notre état social, et, comme l'a si bien dit le rapporteur de votre dixième commission administrative, nous avons voulu modifier et restreindre les prescriptions de la loi ancienne, et inexécutées, afin d'en faire prévaloir le principe et revivre l'application ».
Ce que nous demandons aujourd'hui, ce n'est pas la résurrection de la loi de 1814, ce n'est même pas l'acceptation du projet de M. de Montalembert, c'est une loi qui tiendra compte de toutes les conditions sociales et économiques de notre temps.
Enfin, la loi de 1814 n'était pas préparée par un mouvement de l'opinion publique. Or, je l'ai démontré, ce mouvement existe et grandit tous les jours.
J'ai achevé, contre la violation de la loi du dimanche, cette nouvelle démonstration. Je supplie les ouvriers et les employés de commerce de ne pas se décourager, de donner, dans les limites du possible, leurs concours à ceux qui veulent éclairer et émouvoir, en leur faveur, les patrons, les négociants et l'opinion publique; je les supplie de faire entendre leurs énergiques protestations. Courage, espoir, persévérance ! nous sommes unis pour une grande et juste cause et nous vaincrons ! Je supplie ceux que j'ai combattus d'écouter la voix d'un français et d'un évèque qui accomplit ainsi un douloureux mais rigoureux devoir. Je rends hommage à tout ce qui a été fait par de très nombreux patrons dans la région que j'habite et dans la France entière pour procurer à leurs ouvriers des habitations
saines et à bon marché, pour les secourir dans la maladie et l'infirmité, et préparer par des pensions de retraite la sécurité de leurs vieux jours. Je félicite, je remercie avec une reconnaissance profonde ces patrons de tout ce qu'ils ont accompli de grand, de bon et d'utile. Je remercie, dans les mêmes sentiments, les négociants qui traitent avec bonté leurs employés et qui désirent vivement (et ils sont très nombreux, je le sais), le repos du dimanche pour eux-mêmes et pour tous.
Mais je supplie les uns et les autres de travailler avec une sincérité complète, avec une énergie qui surmonte tous les obstacles, à la réalisation d'une réforme, d'une transformation sans laquelle toutes les autres resteront inefficaces et impuissantes. Il s'agit de la religion, de la charité et de la justice, des droits de multitudes immenses et des intérêts des patrons et des négociants ; il s'agit de la sécurité, de la force et de la grandeur de notre pays.
CDAP1TBE II