La plus ancienne inscription connue en langue vulgaire
et l'on se servait exclusivement de caractères runiques pour les inscriptions, surtout quand le texte de celles-ci était rédigé en langue vulgaire, et qu'elles étaient gravées sur des objets portatifs. Le moyen-haut-allemand donne, au contraire, une solution à peu près satisfaisante : HER y équivaut à haut y saint, MINNE peut se traduire par souvenir (Alta memoria ^ ou Sanctum monumentum) .
Cette lecture permet de proposer, pour rendre compté des circonstances où l'inscription a pu être gravée, une hypothèse suffisamment ra^isonnable.
Pendant le sac de Gonstantinople, où tant de reliquaires ont été brisés, pour être fondus ou dépouillés de leurs pierreries et de léuts intaillës^, quelque Allemand pieux — probablement laïc, car un clerc eût écrit en latin — aura recueilli la relique nue, tout fraîchement expulsée de son reliquaire, et, en attendant qu'il pût lui donner un nouvel asile, y aura inscrit cette mention respectueuse, pour empêcher que la Vraie Croix ne pût être confondue, peut-être par lui-même, avec; un vulgaire morceau de bois.
et en onciales est de 1575. Tombe de Glaes Ghristiernsson Horn dans la cathédrale d'Upsal (Perinskjœld, Mon, Uplandica, Stockholm, 1719, in-fol., II, p. 100).
1. Voir Benecke et MùUor, Mittelhochd. Wœrterbuch, 1^^ 661 ; II, 177 : si les deux mots n'étaient point séparés par un point, on aurait pu encore y voir un substantif composé, équivalent à Belli memoria^ de Her = Heer = hélium.
2. V. mon Mém. s, les dép. relig. de G. P. {Mém. des Antiq, dô Fr., XXXVI, 25).
4â tâOfs irocAiPTioim
rétrospective de cette ville sous le n^ 453, est du XVI* siècle, et contient, dans un cylindre de verre à axe vertical, un os entouré de fils d'or. Le pied, qui est triangulaire, est orné d'une base plate, trilobée, formée de trois segments : autour de ees segments court l'inscription suivante :
fHEîmiCVS.CESAR.TIBI.RBX.BYZANCIVS,ILLI (fleuron) ARTICVLVM . PAYLI . PRESVL . DEDIT . HVNC • HERMANNE
Cette inscription, qui a été publiée dans le Catalogue de V Exposition ^ , étant gravée à plat, n'avait pu venir sur la photographie du reliquaire : j'en dois heureusement un estampage à l'obligeance de M. Funcke, de Munster. Je le reproduis ici, pi. IX. Le caractère des lettres dénote bieo le xvi* siède; mais elle a dû, à cette époque, être copiée sur le reliquaire primitif, qui fut remplacé alors par le reliquaire actuel; la forme des deux vers et leur orthographe permettaient déjà de le supposer. J'en ai trouvé une preuve encore plus complète : il existe une direnique latine des évèques de MUnster, rédigée en 4379 par Florent de Wevdinkhovm, 36* évéqoe de cette ville ^: cette chronique est divisée en autant de chapitres qu'elle compte d'évèques, et
i. Ausieîlung westpkaL AlterthUmer (Mûneter, 1879, hi-S»), p. 40.
2. Florentias de Wevelinkhoven, Chronica episcoporum Monasteriensum, publiée dans Ficker, Die munster» Chron, d, Mittelalters (Munster, 1851, in-8o), pp. 1-92.
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diaque idbapitre se termine par un distiqi^e. Un continuateur a remanié l'oeuvre de Florent et Ta menée jusqu'en 4 434 ^ : parmi les additions dont il a enrichi l'original qu'il suivait, se trouve, à la suite du chapitre et du distique consacrés au S4* évéque, Hermann II de Katzenelnbogen, un second distique qui est, à quelques variantes près, celui de notre reliquaire.
< Articulum Pauli presuli dédit hic HerimannOj € Henricus César y tu rexl byzancius illi^! »
Bien que le continuateur de Florent de Weve^ linkhoven ne donne aucun conunentaire à ces deux vers, il est bien probable qu'il les a pris plus ou moins exactement sur le reliquaire primitif, aujourd'hui perdu, et que, si le copiste du xvi^ siècle s'est permis quelques changements à la rédaction du distique, il n'en a point modifié le sens général.
Or ce sens est très clair : Henricus^ Byzancius Cesar^ est l'empereur Henri, successeur de Baur douin P% qui, ^près avoir gouverné seize mois conune régent, fut couronné le 20 août 1S!06.