PROLOGUE
peuple Souriquois, dont nos chroniqueurs font tant d’éloges, le premier que connurent Jacques Cartier et ses intrépides compagnons, a toujours été, — n’oublions pas de le dire, — l’ami fidèle des Français, des Acadiens et des Canadiens ; ce qui ajoute pour nous un intérêt de plus à tout ce qui a rapport à cette belle et intelligente race.
Les Micmacs habitaient le littoral de la mer, du Golfe Saint-Laurent et de la Baie de Fundy (autrefois Baie Française).
Les Maléchites occupaient l’intérieur de la partie continentale de l’Acadie. De leur pays, ils se rendaient par les rivières Trois-Pistoles, Bistigouche, Miramichi et Saint- Jean, vers leurs frères des eaux salées, établis sur les bords du Saint-Laurent, dans la Caspésie, la Baie-des-Chaleurs, les Iles du Golfe et la péninsule actuellement nommée la Nouvelle-Écosse.
Aujourd’hui les restes de ces deux tribus sont épars dans ces vastes régions, jadis leur domaine. Les deux principaux centres de réunion pour eux sont, maintenant, le village de Ristigouche pour les Micmacs,
et la Réserve des Sauvages, en arrière des paroisses de T Ile Verte et de Kakouna, pour les Maléchites.
Le nom de Micmac, aujourd’hui commun à tous les sauvages du littoral acadien, ne dut dans l’origine appartenir qu’aux Souriquois habitant la partie Ouest de la Baiedes-Chaleurs et la rive du Saint-Laurent comprise de nos jours dans le comté de Rimouski (1). Ce mot paraît être la transformation du mot Micouâk, composé de deux racines algonquines : Micoua qui veut dire couchant, crépuscule, et de ak ou nâk, terminaison variable équivalant aux mots terre, pays, demeure.
Micouâk ou Micoua-nâk signifierait donc terre du couchant ; — appliquée à une peuplade, selon les habitudes de langage des sauvages, cette locution pourrait se traduire par la phrase suivante : nos frères du
(1) Champlain, parlant des Sauvages de la Baiedes-Chaleurs, dit qu’ils se rendaient par le moyen de rivières et de portages à un endroit nommé Mantane. C’esf encore ce que font quelquefois les Micmacs. En remontant la Ristigouche au départ, puis la Métapédiac et le grand lac du même nom, on s’engage dans une rivière appelée la Petite Materne d’où, par le moyen d’un portage, on tombe dans la grande rivière, Matane, dans le comté de Rimouski.