‹ Trois légendes de mon paysChapitre 5 sur 25 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

couchant. C’est, en toute probabilité, le nom que donnaient, aux Souriquois de l’Ouest Acadien, leurs frères de Miscou, de Miramichi, de l’ Ile Saint-Jean (Prince- Édouard) et du Cap-Breton, qui voyaient coucher le soleil dans la direction du territoire de la Ristigouche et de la Métapédiac.

Je ne sache pas qu’on ait jusqu’ici donné d’explication sur l’origine de ce nom de Micmac ; celle que je hasarde ici a paru plausible à des connaisseurs.

Le mot Maléchite me paraît être un dérivé du mot Almouchiche, composé du substantif Almouts ou Animouts, chien, et de la particule diminutive chiche ou chish : — pareille appellation, attribuée à une tribu amie, ne peut dire autre chose que : la nation aux petits chiens, qui a des petits chiens (1).

(1) Je crois devoir faire remarquer que, dans cette question d’étymologie, je n’entends nullement m’occuper de cette autre question historique, si obscure, qui a trait à la tribu que certaines chroniques ont désignée par le nom d’ Almouchiquois, mot auquel M. l’abbé Moreau, missionnaire des Abénaquis, donne exactement la même signification que je donne au mot Maléchite :

M. l’abbé Laflèclie, ancien missionnaire du diocèse

Mais pourquoi distinguer ainsi une tribu ; car toutes les tribus sauvages entretenaient des chiens, presque tous de petite taille ? Ah ! c’est que ces petits chiens, de race particulière, qu’on retrouve encore, mais en petit nombre chez les Maléchites et les Micmacs de Ristigouche, possèdent des qualités instinctives qui ne se rencontrent pas chez les autres races : — ils chassent le porc-épic avec un succès infaillible et libre d’accidents.

Or dans un pays où abondait le porc-épic, comme au pays dont il est question, ce n’était pas un petit mérite que celui qui distinguait ces gentils animaux. Les chasseurs savent quels dangers l’on court de perdre ses chiens, lorsque ceux-ci tombent sur la piste fraîche d’un porc-épic : — c’est au point que les admirables relations des

de Saint-Boniface, dans un fort intéressant article publié dans le N" du 27 Mai 1857 du Courrier du Canada, rattache l’origine du mot Maléchile à deux mots du dialecte Cris : Mayi qui veut dire difforme et S hit pied. — Il m’est impossible de croire que mes amis les Maléchites. si parfaits de formes, si magnifiquement développés, des plus beaux parmi les plus beaux sauvages, aient jamais pu recevoir le nom de Pieds difformes ; eux qui pourraient, surtout pour les mains et pour les pieds, servir de modèles aux artistes.

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