‹ Trois légendes franciscaines de l'an 1629 [microforme]Chapitre 13 sur 14 · TROIS LÉGENDES FRANCISCAINES PRE · texte numérisé non relu

TROIS LÉGENDES FRANCISCAINES PRE

la jeune fille en silence. Interdit d’avoir pour ainsi dire touché au surnaturel, gêné d’avoir été le témoin aveugle de cette merveille, il se disait en lui-même : “M’est avis, MOn vieux Foucher, que si tu avais voulu, tu ÿ aurais vu clair toi aussi ; un petit bout de prière, pas plus long que ça, rien de pareil pour éclaircir la vue, tout le monde sait ça... Sac-à-papier! moi qui la pensais folle hier soir — tu baisses, mon pauvre Foucher — et c’était une espèce de vision, quelque chose comme un miracle, tout le bagage des saintes quoi! Tout de même, il n’y a pas à dire, c’est bigrement gênant toute cette histoire-là, et je serais d’avis qu’il devrait y avoir des bornes à la sainteté.”

Marguerite, qui marchait la première, avait gravi la pente la plus accessible du rocher, et d’un Commun accord ils décidèrent de bâtir la chapelle sur le roc même. Le lendemain Foucher se mettait à l’oeuvre en abattant les arbres qui devaient en faire la charpente, Marguerite et Minohya enlevaient les branches coupées et ne quittaient le Chantier que pour cueillir les fruits et les racines qui constituaient le menu de leurs repas,

Dès le 20 juillet, fête de sainte Marguerite, Foucher posait la Première pierre qui était tout simpiemeut une longue pièce de bois posée sur de &Tos Cailloux. Tous les jours, depnis le matin jusque tard dans la relevée, le Capitaine travaillait ferme, ne trouvant de repos à son dur travail que dans un autre moins rude. Il fit tant et ei bien qu’à la fin du mois suivant il couronnait eon OUVrage par un minuscule Campanile surmonté d’une croix. Avanr de descendre du toit de l’oratoire, il se tourna vers le Cap Tourmente et, d’un ton moqueur, comme si Jes huguenots, partis depuis longtemps, eussent pu l’entendre: “Je vous invite, MM. Jes huguenots, lieutenants de l’armée infernale, à venir abattre ce pauvre petit clocher tout neuf. Mais je vous avertis charitablement — Car je suis catholique-romain, ne vous déplaise — et je vous avertis loyalement — car je suis Français, — de Duméroter vos os de chiens avant de faire voile vers nos Parages. Si je n’ai Pas vu les étoiles, moi, l’autre nuit, vous autres, qui êtes plus bêtes que nature, vous vous contenterez bien de voir des chandelles, même en

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