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Réponse à M. Edouard Dupont, parlant au nom d'une deputation d'étudiants , remerciant M. de Lamartine d'avoir concervé les couleurs naiicnsles et déclarant qu'en lui les qualités du poète n'excluent pas celles de l'homme d'Etat.
l*ermettez que je vous embrasse , et que j'embrasse en vous cette noble jeunesse !
Quant à cette épithète de poëte que mes ennemis peut-être ont lancée pour me nuire, je Taccepte, messieurs, et si la Providence voulait que quelques rayons de gloire vinssent illuminer les dernières années de ma vie, je serais encore heureux de me reconnaître coupable du crime de poésie!
Eii ! que faisons-nous donc, messieurs, que fait aujourd'hui notre pays, si ce n'est la plus sublime de toutes les poésies !
--^>-*4 7 Mars. ^*-<%^
Réponse à l» deputation de la Booiété répujDlioain© centrale. réclamant la suppression de toutes los lois qui peuvent entraver la droit d'wsociation . la liberté de la presse, la déchéance de toute la magistraturs qui siégeait au 24 février et l'ôloignemant de l'époque des élections.
Messieurs, les résolutions du Gouvernement provisoire en ce qui concerne la première de vos récla-
mations ont devancé la démarche que vous faites ce moment. Nous avons, hier, à riinaniuiité, (rt'ac ces lois de septembre dans lesquelles étaient écrites les restrictions au droit d'association, et les restric tions si odieuses à la liberté de la presse.
Lorsqu'une révolution est faite au nom de la pensée humaine, c'est-à-dire au nom de ce qu'il y a de plus saint et de plus noble, le premier devoir de cette révolution, nous le reconnaissons avec vous, c'est d'affranchir les organes matériels de la pensée. Aussi le Gouvernement provisoire prépare-t-il pour l'Assemblée nationale, après avoir effacé de nos codes les lois de septembre, la législation la plus large pour assurer la liberté la plus complète de la pensée sous toutes ses formes.
Quant au droit d'association, il y a là quelque chose qui ne peut échapper à votre intelligence ; il n'en est pas du droit d'association comme de l'expression de la pensée. Il y a dans le droit d'association quelque chose qui touche à l'îiction, et l'action doit être réglée. La légishuiou future sera large et n'aj parlera au droit d'association que les restrictions nécessaires pour l'ordre public; cela sutlira sans doute à tous les bons citoyens, qui ne doivent pas vouloir faire prévaloir leur volonté individuelle sur les droits de la nation.
Vous demandez au fiouvernement provisoire de revenir sur une décision qu'il a prise dans im intérêt qui ne saurait vous échapper. Je ne discuterai pas la question avec vous, car ce serait une dialogue sans
résultat : mes collègues et moi nous avons considéré que notre premier devoir, après ce que nous avions fait pour sauver la liberté, était de restituer, aussitôt que possible, à la nation elle-même les pouvoirs que nous avions saisis pour le salut commun, et de ne pas prolong<^r une minute de plus l'espèce de dictature que nous avions assumée sous l'empire des circonstances.
Réponse u. une depuiation des sourds-muels. exprimant leur adhésion a la Republique et reclamanl le changeir.ent, dudireoie ur de leur établiBsenncnt.
Nous regrettons de n'avoir pas une langue pour faire comprendre sans intermédiaire les sentiments du Gouvernement provisoire pour la classe si intéressante de la population et de rimmanité que vous représentez. Ce jour est consacré à recevoir des félicitations et des adhésions; il n'est heureusement pas consacré encore à recevoir des accusations.
Quand il s'agira d'examiner, avec l'attention que l'aduànistration vous doit, les griefs que vous portez devant le Gouvernement, vous pouvez î^tre sûrs que l'administration compétente y apportera elle même tous les soins, toute la sollicitude et toute l'impartialité (|ui sont dans son devoir. En attendant, bornezvous à dire à vos infortunés amis que la République aura, sur leurs malheurs, sur leur détresse, sur leur
destinée tout entière, comme êtres souffrants et comme citoyens, toute la vigilance et tout le soin qu'elle leur doit, et que non-seulement elles empressera de leur conférer les droits qu'ils sont susceptibles d'exercer, mais qu'elle voudrait pouvoir leur restituer les sens que la nature leur a si cruellement refusés.
Je vous prie d'être l'interprète de ces sentiments auprès de ceux qui ne peuvent m'entendre.
Réponse à une députation des habitants de Calais.
Si la République avait le moindre doute sur sa force, elle serait rassurée par les adhésions successives et de jour en jour plus multipliées que lui apportent tous les citoyens de leur propre voix, de leur propre cœur, et par leur enthousiasme pour les nouvelles institutions que nous avons eu le bonheur de proclamer.
Aucun département n'était et ne devait être plus promptement au centre du mouvement républicain que celui que vous représentez. Vous appartenez à cette sublime région des déparlements du Nord où," lors de notre première révolution, le sentiment de la nationalité a coïncidé, dans tous les cœurs avec le sentiment de la liberté. Vous avez été, h cette époque, les glorieux enfants du pays. L'histoire n'a pas oublié l'ardeur de votre patriotisme, et nous sonmies sûrs d'avance que vous répondriez à l'appel que nous
aurions à vous faire dans les conditions nouvelles où se trouve la République qui vient de naître.
Nous avons l'espérance que nous n'aurons pas à vous demander des sacrifices pareils à ceux que vous demanda la guerre de 1792. Le nom seul delà République, l'enthousiasme avec lequel elle est acceptée, la raison publique qui la re{?arde comme la dernière institution possible de la sociabilité, seront sa première armée aux yeux de l'étranger. S'il en était autrement, si des puissances insensées, qui ne comprendraient pas que notre force est dans notre droit, et qu'une idée qui a couvé dans la tête des générations qui ont surgi depuis 1792, est désormais une idée invincible ; que cette idée ferait naître plus de soldats qu'en 1792; car, en 1792, il y avait deux esprits dans la nation : il n'y en a plus qu'un aujourd'hui ; si ces {>uissances osaient attenter à la nationalité française, aux droits delà République, à ses institutions proclamées d'enthousiasme par toute la population, vous leur montreriez sur la frontière ce que vous venez nous montrer aujourd'hui, que vous êtes les dignes descendants d'Eustache de Saint-Pierre.
RéponEe k la demande faite, au nom de la Société d'Agriculture et des Arts de Calais, du bronze nécessaire pour la statue d'Eustache de Saint-Pierre, confiée au ciseau de M.David (d'Angers).
JUe Gouvernement provisoire accueille avec intérêt
Ja demande que vous lui faites au nom de la Société d'agriculture et des arts de Calais. Le nom de M.David (d'Angers) est une garantie pour nous; car il n'est pas seulement un grand arti^tc, il est aussi un grand citoyen. Il lui appartenait de reproduire les traits du héros dont vous êtes si légilimement fiers. Vous pouvez être certains que le Gouvernement provisoire recommandera votre demande au ministre compétent.
Réponse aune députation des ouvriers en naGre, prés ntant une pétition conirela corcurrer.oe que font aux ouvriers les entrepreneurs du travail des prisonnisrs.
Messieurs, la question du travail dos prisons et de la concurrence fatale, odieuse, que le travail des prisons fait au travail des ouvriers libres m'a déjà pré- (jccupé ; j'ai déjà fait plusieurs articles et plusieurs discours sur ce sujet. Mes collègues et moi , nous sommes disposés à faire hc'iter la solution de cette grave question.
Réponse & unfi députation d s élèves de l'école militaire de Sainl-Cyr, venant entieienir le Gouvernemeni provisoire d'affaires de service.
Messieurs, je suis heureux d'avoir à vous exprimer les sentiments du Gouvernement provisoire. Jamais
nous ne vous témoignerons assez toute la reconnaissance et l'admiralion que nous a inspirées votre belle conduite pendant nos glorieuses journées. Nous vous devons une reconnaissance impérissable. Nous avons décidé que nous irions en corps faire une démarche nationale dans votre école pour vous remercier, ot nous vous laisserons un monument visible des sentiments que vous nous avez inspirés. En attendant, nous fi-rons tout ce qui pourra vous être agréable pour traduire la sollicitude du Gouvernement provisoire à votre égard.
eponse à une députation de h sommiseion municipale de Saint-Omer, venant faire acte d'adh-sion eu Gouvernement proviBoire.
Si la ville de Saint-Omer, que vous représentez si dignement et si patrioliquement, vous a chargés d'apporter honneur et gloire au peuple de Paris, la ville de Paris, qui a montré cet héroïsme dont vous recueillez aujourd'hui les fruits, peut renvoyer avec le même enthousiasme et la même justice ces cris de gloire et d'honneur au département que vous représentez.
La ville de Paris, qui était la capitale de la France, sent aujourd'hui qu'elle est quelque chose de plus, au concours de toutes ces numicipalilés, de toutes ces gardes nationales qui s'empressent de tous les points
du territoire pour lui serrer la main et pour jurer avec elle une liberté élernelle. Elle sent qu'elle est, nonseulement la capitale du pays, la capitale des villes de France, mais qu'elle a été véritablement, dans cette circonstance, la capitale de ses idées, la capitale de ses sentiments, de son enthousiasme et de ses libertés.
Nous vous remercions du concours que vous venez oflTrir avec tant de dévouement au Gouvernement provisoire ; nous vous remercions d'avoir respecté hier et les jours précédents les travaux surabondants auxquels nous étions livrés, et qui nous ont empêchés de vous recevoir. Les paroles que vient de prononcer votre honorable organe répondent complètement aux pensées qui ont surgi du milieu de nous dans le grand mouvement de progrès qui éclate aujourd'hui sous le nom de Républicjue française.
Nous avons traversé deux époques où ce nom a été proclamé : dans la première de ces deux époques, il y avait des difficultés, il y avait des périls, dont heureusement la Providence promet de nous affranchir aujourd'hui. La République n'était pas unanime comme elle l'est à l'instant où nous nous serrons la main de tous les points de la France, dans ce foyer du patriotisme fiançais; il y avait des résistances à l'intérieur, des dangers imminents à l'extérieur. La moitié de ces dangers a déjà disparu par la raison do la France , et je puis affirmer, ou du moins vous promettre avec une rspéranct^ presque égale à la certitude , comme niinistre des affaires étrangères, que l'autre moitié de ces dangers aura bientôt disparu.
Vous avez dit tout à l'heure un mot qui a été jusqu'à nos cœurs; vous nous avez bien compris en nous louant d'avoir exprimé le sentiment de la France par l'acte qui abolit la peine de mort en matière politique. Par conséquent, plus de menaces, de proscriptions, de terreur pour la République nouvelle, pure, innocente, glorieuse, tranquille, rationnelle, que nous voulons fonder pour noire pays.
Nous vous remercions de nouveau de l'adhésion que vous venez de nous exprimer , et vous prions de reporter nos remercûnents îiu pays que vous représentez.
—1—^ 11 Mars. |«--§—
Réponse à une députaiion de Faini-Laureni-lez-Maoon, venant faire actP. d'adhésion à la République.
Messieurs, je vous remercie, au nom du Gouvernement provisoire de la République, des sentiments que vous lui apportez de si loin. Je les reçois comme un gnge solide, permanent, de l'atfection réfléchie du pays pour la liberté que vous nous avez aidés à conquérir, et que vous avez conquise avec vos sentiments avant que le peuple de Paris l'ait conquise par les armes.
Permettez-moi aussi de vous remercier en particulier de rhonneur que vous voulez bien me faire en
qualité de compatriote , car, si j'ai eu quelque force dans cette circonstance, c'est dans le sein du pays, c'est dans vos conversations de tous les jours, c'est dans les rapports fraternels avec vous que je l'ai puisée, alimentée, nourrie, et que je suis arrivé à ce point de bonheur d'en faire rejaillir, non pas une misérable gloire personnelle, mais une liberté grande, solide, sur toutes les parties du territoire français. La manière dont vous comprenez la Républiiiue nouvelle est la manière dont nous la comprenons nous-mêmes, et dont nous nous efforcerons, à travers toutes les difficultés, de la faire comprendre, accepter et chérir au dedans comme au dehors.
Veuillez leporter à vos concitoyens l'expression de nossenliments.
Réponee aux délégués du club du Marais exprimant leurs crainies & l'occasion des bruits répandjs que le gouvernement fdisait venir 20,000 hommes de iroup^s à Piris.
Nous conmienvons pur vous remercier, au nom du (iouvernement provisoire de la République, de la con. liance que vous voulez bien témoigner à ses membres, par la démarche que vous faites en ce moment.
Nous ne sommes pas, nous ne serons jamais de ces ujauvuis gouviMiicmonts (|ui craignent la voix du peuple et les avrrtisscments des citoyens; nous serons toujoiu's un (îouvernenient (|ui désire, (pii provoque
— 81) — la surveillance des ciloyens, dans les associations de tout genre, comme la vôtre, par exemple. Nous nous fôlicilons de ravertissenient que vous venez de nous donner, et nous vous en remercions.
Dans la circonstance actuelle , nous sommes heureux de pouvoir vous dire que vous avez été trompés, que le public a été trompé sur les intentions et sur les actes du Gouvernement provisoire. Le Gouvernement provisoire n'a appelé aucune troupe à Paris ; nous avons au contraire, dès le premier jour, donné des ordres, et nous n'avons révoqué aucun de ces ordres, pour que le ministre de la guerre fit retirer de la capitale toutes les troupes qui avaient eu le malheur de se trouver en lutte avec le peuple, poussées qu'elles avaient été par un gouvernement insen^é. En effet, après les scènes douloureuses qui ont eu lieu, il fallait du temps pour que la réconciliation pût avoir lieu entre l'esprit militaire et l'esprit civil. Vous êtes des hommes trop sensés pour ne pas le comj. rendre. Nous n'avons rien changé à ces dispositions; seulement nous nous sommes dit : L'heure de la n'conci- I dation er.tre le peuple et l'armée doit sonner ; il faut, qu'elle sonne le plus tôt possible, sans exciter les inquiétudes des citoyens et sans énerver la discipline, si nécessaire à une armée.
Dansées sentiments, nous n'avi ns pas appelé, nous n'avons pas dû appeler de troupes à Paris. Loin de provoquer !a réunion d'un camp de 20,000 honmies, nous avons donné les casernes et les forts à la garde nationale iiiobilc sortie des rangs du peuple pour y
rentrer au premier signal, ou pour marcher vers la frontière à la défense du pays, si son indépendance était menacée. Ce que nous avons voulu, c'est que lentement, peu à peu, sans inquiétude pour les citoyens, on pût ramener à Paris un petit nombre de soldats non compromis dans la lutte avec le peuple de Paris, afin de les faire fraterniser avec la gai'de nationale, et pour partager avec elle le fardeau de la garde de la capitale.
Mais ce n'est pas 20,000 hommes qu'on fera venir à Paris, ce sera 4- ou 5,000 hommes, qui pourront peut-être, d'ici un mois, venir aider la garde nationale. Vous comprenez qu'il n'y a pas là le moindre danger en présence de 200,000 citoyens réunis en armes dans la capitale de la liberté.
En effet, dans un pays où, comme on vous l'a dit dès le premier moment, chacun est son propre défenseur et son propre magistrat, la présence de quelques troupes ne peut jeter aucune inquiétude dans l'esprit (le la population.
Nos sentiments, nous pouvons les exprimer ici en famille; et comme ministre des affaires étrangères, je puis le dire, nous n'avons pas à craindre pour la paix de 1 Europe. Nous n'avons pas créé une république comme les républiques antiques, qui avaient pour principe la guerre et la conquête; qui, ne pensant qu'à occuper des territoires, ne s'occupaient pas du droit. Notre principe à nous est différent, et vous ne nous avez acceptés que parce (jue vous' avez recoiuui que nous avions proclamé la liberté, l'égalité, la fra-
ternité, iioii-seulenient entre les hoiaines d'un même peuple, mais entre tous les peuples.
Mais, malgré ces sentiments, il y a toujours pour une république qui surgit en France, il y a toujours à l'aspect d'une force possible une certaine émotion en Europe, une certaine inquiétude dans les cours étrangères, la possibilité de contestation. Nous avons obéi à un sentiment de bons citoyens en pensant à la réorganisation de l'armée, non pas pour la porter au foyer de nos libertés, à Paris, mais pour nous tranquilliser sur le dehors. Cela est indispensable.
Quant aux sentiments que vous ne partagez pas , mais que quelques rumeurs publiques auraient tendu à faire partager à la population sur l'appel prétendu de 20,000 hommes, non, messieurs, il serait indigne de tout gouveinement de liberté, de tout gouvernement sérieux, de se défier du peuple de Paris, et de préparer contre lui ces armes perfides avec lesquelles deux fois, on l'a, non pas attaqué, mais joué, et qu'il a brisées dans le sentiment de sa liberté.
Mais il serait bien plus coupable à nous, qui avons été témoins, non-seulement de prodiges d'héroïsme, do courage individuel, mais encore d'humanité, de modération, d'esprit d'ordre, qui ont caractérisé cet admirable mouvement de la population de Paris, nous serions mille fois traîtres à nos sentiments, après avoir été pour ainsi dire acclamés représenlanis de notre pays, si nous pouvions nous délier d'une nation que nous avons vue ^i grande, et qui, si grande qu'elle a été le jour du combat, a été plus grande encore, par-
Ifc»
mettez-moi de le dire, après la vicloire, par les senllmt-nts de modération, d'ordre et de calme qu'elle a manifestés.
Retournez vers la partie de la population dont vous êtes les organes, et assurez lui que le Gouvernement a été calomnié par les rumeurs dont on s'est fait l'écho auprès de vous, et que nous avons dans le peuple franc lis la confiance qu'il a inspirée non-seulement à ceux qui ont été témoins de sa victoire, mais qu'il inspire désormais au monde tout entier.
Réponse à une députation d'Anglais residanlà Paris, venani manifester leur admiration pour la mod^^raiion du peuple, la conduite sublime de la garde naiionale et la prudence du Gouvernement provifoire.
Le Gouvernement provisoire de la République est profondément touché de la démarche si honorable pour la France que vous venez faire en ce moment.
Il est glorieux pour la France, et, permettez-moi de le dire, il est glorieux aussi pour la nation .anglaise que vous représentez en ce moment. d'apportcT ce témoignage spontané d'admiration pour la conduite du peuple, pour sa force et sa modération.
Le spectacle dont vous avez été les témoins porte lui-même témoignage des vertus que l'usnge de cinquante ans de liberté a données h l'Angleterre.
Si nous n'avions pas, vous et nous, un long usage
de cette liberlô. si l;i jx nséo dans touti s ses formes ne s était pas multipliée chez les deux p( uples, et, pour ainsi dire, nationalisée malgré nos frontières ; si le p(U|)le n'avait pss été tiré, par l'énergie même de la liberté qu'il avait conquise en 1789, de cette oppression de rintelligence, la pire de toutes les oppressions ; s'il ne s'était pas émancipé dans la lumière, en même temps qu'il s'émancipait dans le droit, il n'aurait pas, soyez-en sûrs, montré au soleil et au monde le speclacle magnifique auquel vous avez assisté.
Permettez-moi de consacrer ce témoignage comme une des gloires de la révolution française; permetteznous de conserver votre adresse dans les archives de la République, pour qu'elle soit montrée au peuple si jamais nous étions assez traîtres, assez indignes de notre destinée pour mériter une nouvelle révolution. S'il avait des libertés à défendre ou à reconquérir, cette adresse lui dirait : Voilà comment ont clé vos pères; voilà comment ils ont été intrépides dans le combat ; voilà comment ils ont été patients, modérés, humains après la victoire.
Elle lui rappellerait cette patience, plus héroïque encore que son courage, dont il donne l'exemple. Il montre en effet au monde que la conquête de sa liberté n'a pas été personnelle ; il montre au monde que ce n'est pas une impatience, un bouillonnement vulgaire qui l'ont fait courir aux armes; qu'il savait pour quelle glorieuse et immortelle conquête il versait son sang sur nos pavés ; qu'il savait que le fruit d'une pareille conquête ne se récolte pas le lendemain de
la victoire; qu'il fallait donnor aux magistrats sortis de son sein, aux hommes qu'il avait investis, par acclamation, d'un grand pouvoir, qu'il fallait leur accorder le loisir, la patience, et donner à sa représenlation publique, que vous verrez assemblée dans peu de jours, le temps de formuler pour lui les institutions que nous avons eu seulement la gloire de proclamer.
Je disais tout à l'heure à l'un de vos honorables compatriotes qui vous a précédés ici, que je lui parlais comme ministre des affaires étrangères, mais que c'était désormais un litre inutile pour maintenir l'harmonie entre les deux peuples, attendu que le véritable ministre des affaires étrangères, entre la France et l'Angleterre, c'est l'esprit invincible des deux nations qui les unit dans le sentiment religieux de la fraternité.
Réponse à une députation de gardes du commerce réclamant ftU sujet du décret qui suspend la contrainte par corps.
Je suis peu compétent, comme ministre des affaires étrangères, pour répondre à la question que vous venez de poser; cependant je (irois que la preniière législation est la législation du sens oomnum. Le fiouvernement provisoire, averti par les longues réclamations que l'opiniori publique, que l'humanité tout entière faisait entendre contre la contrainte par
corps, a pris hardiment, courageusement, l'initiative de la suppression, non pas des offices de gardes du commerce, mais de la contrainte par corps ; il n'a pas cru devoir et n'a voulu faire en cela rien de contraire aux droits d'une propriété d'office; il n'a pas pensé qu'en imitant les législations antiques, qui avaient regardé comme une profanation de l'homme la contrainte par corps pour motif de dette, il dût par cela même ruiner les hommes qui, dans une législation diftérente, avaient été les exécuteurs légaux et honorables de l'ancienne législation. U n'a pas voulu, en faisant justice à quelques-uns, faire injustice à d'autres.
Nous ne savons à quelle époque précise l'Assemblée pourra s'occuper de cette question ; toutefois les décrets que le Gouvernement provisoire a portés seront certainement les premiers que le (iouvernement provisoire, ou celui qui lui succédera, présentera aux délibérations de l'Assemblée nationale. L'incertitude dans laquelle vous paraissez être ne pourra donc pas se prolonger au delà de six semaines, deux mois au plus. L'Assemblée nationale surtout, si elle consulte les sentiments du Ciouvernenjent provisoire, fera certainement droit à des réclamations parfaitement fondées, du moins d'après ce que j'ai pu comprendre. Je connais assez la France, je connais assez les sentiments de mes collègues du Gouvernement provisoire, je connais assez, par le pressentiment, la justice, la générosité, la grandeur de l'assemblée que la France va évoquer de son sein, poiu* être convaincu qu'elle