Maison de détention
— Mon Dieu ! comment le congédier?. .
Je ne pourrai jamais.
— Voulez-vous que je m'en charge ?
— Ah ! monsieur , quelle reconnaissance ! . . .
Tom prit une cravache et passa au comptoir, le grand brun y était toujours.
— Voici une lettre que vous avez égarée, monsieur, lui dit Tom, et que madame Williams vous renvoie...
Jinkins regarda la lettre et pâlit.
— Monsieur, s'écria-t-il, je veux savoir comment cette lettre...
Tom agita sa cravache.
— Madame Willians pense aussi que vos assiduités ici pourraient la compromettre et vous prie de ne plus revenir.
— Que signifie?...
La cravache alla plus vite...
— Et elle m'a prié de recevoir pour elle vos adieux.
— C'en est trop! s'écria Jinkins; je veux la voir...
Il fit un pas vers la chambre où se trouvait la veuve; mais l'agitation de la cravache devint telle qu'il s'arrêta tout court.
Tom alla lui-même à la porte de sortie qu'il ouvrit; et, saluant profondément le grand brun, il lui souhaita un heureux voyage jusqu'à la Marchalsea.
Il rentra chez la veuve et lui dit :
— Il est parti.
— Ah ! monsieur, s'écria la tendre madame Williams, tout est fini pour moi; mon cœur est désormais fermé à l'amour !
Le commis-voyageur ne répondit rien ; mais, un mois après, on voyait assis au comptoir du Taureau noir un gros homme en habit vert, en culotte de nankin, en bottes à retroussis, et la veuve Williams ne répondait plus qu'au nom de madame Tom Smart.