Cicatrisation de l’éraillure
Examen de la tuheur après l’arlatkon. — La tumeur présente la forme déjà indiquée; elle est bosselée dans sa partie adhérente comme dans sa porioo cutanée; son poids est de 1,320 grammes; elle offre 16 centimètres environ de diamètre ; sa circonférence est de 50 centimètres.
Incisée longitudinalement, elle se montre parfaitement enkystée; l'enveloppe est fibreuse, très-résistante et adhère au grand pectoral qui ne parait point malade; sa couleur est d’un blauc jaunâtre; elle est traversée par des tract us blancs fibreux ; elle est presque hexagonale à angles arrondis ; les trois bosselures externes, les seules visibles après l’extirpation, s’allongent ainsi que les internes >crs un centre commun. Les bosselures externes sont le siège d’un travail de destruction ; elles sont très-vascularisées et la moyenne est criblée d’cpanchements sanguins sur un fond blanc rosé. Le travail de désorganisation s’étend jusqu’à la partie centrale.
De toutes les paities de la tumeur on extrait par la pression un suc lactescent.
La partie du se'n, isolée du produit morbide par la membrane d’enveloppe déjà indiquée, est atrophiée mais sans altération apparente.
Les ganglions axillaires sont hypertrophiés, vascularisés, mais ils n’ont point l’aspect cancéreux , il ne s'en écoule point de suc lactescent par la pression.
M. Laboulbène reconnaît, par l’examen microscopique, que le suc exprimé de la tumeur non ramollie est riche en globules dits cancéreux sphériques ou un peu elliptiques de 0,0e! à 0,0.25 de millimètre de diamètre, renfeunant un noyau ayant l’aspect graisseux, à bords tiès-nets, pourvu lui-mème d'un ou deux nucléoles volumineux. Les globules sont parsemés de granulations moléculaires.
Il trouve des noyaux isolés et dépourvus de leur enveloppe globulaire dans la portion ramollie. Ces noyaux cancéreux sont mélangés à quelques rares globules déjà signalés et à des globules rouges du sang. Ces derniers sont presque tous crénelés sur leurs bords. Le reste du champ du microscope est rempli de granulations ayant l’aspect graisseux, variables dans leur diamètre. On voit enfin des fibres cellulaiies de 0,002 environ Je diamètre, composant sans nul doute la trame fibreuse de la tumeur.
L’examen de cette pièce à l’œil nu et au microscope démontre donc jusqu’à l’évidence l’existence d’une production cancéreuse encéphaloïde du sein, déjà désorganisée en quelques endroits.
11 n’est pas besoin de faire longuement ressortir tout l’intérêt de celte observation. Nous avons, à diverses reprises et tout récemment encore (mai 1859), revu la femme Toffîer, qui a une bonne santé et chez laquelle il n’y a eu aucune récidive. Les ganglions axillaires qui, ainsi que nous l’avons dit, ont été enlevés parce qu’ils étaient hyper- , tropbiés, ne renfermaient point de cellules à grands noyaux. Aucune des parlies périphériques de la cicatrice, revenues à l’état normal après l’opération, n’est devenue sensible depuis l’époque à laquelle
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çeüe malade a quitté riufirmerie générale. Les régions axillaires, sus et sous-claviculaires n’ont pareillement jamais été engorgées.
L’inhalation du chloroforme a été surveillée avec un soin extrême par MM. les docteurs Gillette et Trélat. L’introduction si délicate de l’agent anesthésique dans les organes respiratoires d’une femme aussi âgée et surtout aussi affaiblie n’était point sans dangers. On a signalé à juste litre la résistance très-différente qu’offrent les malades avant d’arriver à un degré complet d’insensibilité. M. Manec avait pris pour habitude, à la Salpêtrière, de soulever le bras de la malade; et quand elle le laissait retomber inerte, dans un état de relâchement musculaire, qu’elle s’agitât ou non dans d’autres parties du corps, qu’elle parlât ou même poussât des cris, il opérait sans hésiter. Après l’opération, les malades disaient constamment n’avoir pas éprouvé de douleur. M. Manec n’a jamais eu d’accidents en agissant de la sorte.
La suppuration grumeleuse, qui a été observée pendant quelque temps chez la femme Toflier, n’est pas rare chez les vieillards ; elle offre des caillots fibrineux ayant un aspect caséiforme.
On a pu remarquer l’éraillure que la cicatrice a éprouvée. Ces éraill Lires se présentent assez souvent. Les vieilles opérées ont des intermittences de guérison cicatricielle complète et de suppuration séreuse peu abondante, après une opération chirurgicale suivie de succès. Il n’y a pas eu de végétations sur la cicatrice, ni aucune production nouvelle de tissu, dans ces conditions très-propres à favoriser une récidive.