‹ Trois pièces galantes [par] NozièreChapitre 46 sur 59 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Les Mêmes - LE FAUNE ÉLÉGANT, puis LA NYMPHE et LE FAUNE RUDE.

Le Faune élégant va, sans hésiter, vers la Comédienne. Pendant cette scène Aphrodite se retire au fond du théâtre. Elle contemple l'action et n'y prend point part.

l'éléqant

Une douce musique m'appela vers ta beauté. Est-ce toi, chère inconnue, qu'un destin favorable unit à ma jeunesse? Depuis des mois, je te poursuis sans t'avoir vue! Je cours dans les taillis, dans les bois, à la chasse de mon rêve. Es-tu la forme vague qui toujours fuyait devant moi? Est-il vrai que je te saisisse?

LA COMÉDIENNE

Je t'espérais!

l'éléqant

Oui, c'est toi ! Je voulais tes yeux rieurs, menteurs aussi,

tes lèvres joyeuses et gourmandes, ton nez qui frémit et qui

respire ardemment toutes les ivresses, ta chair douce, saine, lumineuse.

LA COMÉDIENNE

Je t'espérais. O mon petit amant, tu me suivras vers ma demeure. Elle est entourée d'arbres anciens qui descendent majestueusement jusqu'au rivage. Quand tu seras fatigué d'être dans la maison, tu bondiras dans les fourrés ou tu rêveras à l'ombre des pins, étendu sur la mousse. Je ne fenfermerai pas dans ma chambre comme dans une cage. Tu seras libre dans mes bras. Mon amour ne te sera pas une prison.

L'étiOANT

Viens!

LA COMÉDIENNE

Oui, serre-moi contre ton corps de bête et donne-mol tes yeux où brille la pensée.

L'éLéOANT

Tu es bien?

LA COMÉDIENNE

Je suis si bien qu'il me semble que je t'adore.

Ils s^ éloignent enlacés. Au moment où ils vont sortir entrent, enlacés, le Faune rude et la Nymphe.

Le RUDB

Il ne faut point partir sans nous.

LA NYMPHE

Nous vous faisons cortège.

LE RUDE

Elle a senti que je l'atmais

LA NYMPHE

Oui, là-bas, sur l'herbe douce.

LE RUDE

Mes sentiments furent si violents que des perles de sa

tunique se sont détachées.

LA NYMPHE

Elles ont glissé dans l'herbe douce. Mais je ne les regrette pas.

LA COMÉDIENNE

Venez !

Les deux couples sortent.

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